Back to California : It’s bwitology time !

août 23rd, 20124:47 @

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Back to California : It’s bwitology time !

Chers amis, bonjour ! Comme promis, le compte-rendu du trip californien sera placé aujourd’hui sous le signe de la bwitologie. J’ai en effet eu la chance lors de ce voyage de croiser le chemin du professeur Graznok à San Francisco, alors qu’il revenait d’une expédition au Yucatan. Un peu contrit de ne pas avoir donné de nouvelles depuis plusieurs mois, il a accepté de traquer avec moi les spécimens californiens dignes de figurer dans sa discipline. Et voici donc le fruit de ces recherches, le tout illustré de magnifiques clichés de votre serviteur.

Débutons par l’incontournable lorsque l’on arrive à San Francisco : le lion de mer, aka l’otarie de Californie, aka Zalophus californianus pour ceux qui s’y connaissent.

Depuis 1989, une colonie d’otaries s’est installée au port de plaisance de San Francisco, au nord-est de la ville, et elle est devenue une véritable attraction. Vautrées sur leur ponton, faisant de temps à autres des concours de celle qui beuglera le plus fort, il y a de quoi rester des heures pour le bwitologue. Dommage que le Pier 39 soit également LE coin à touristes de San Francisco, ambiances foire du trône et fête de la mer réunies. Mieux vaut donc être un lève-tôt pour effectuer ses observations tranquillement.

On retrouve des colonies de lions de mer tout le long de la côte californienne, et en particulier plus au sud, à Monterey, ville où s’est tenue le Pop Festival de 1967, point de départ du Summer of Love.


Autant rester dans le thème avec ce White Rabbit psychédélique

Moins de monde qu’à San Francisco, meilleure vue, et la possibilité de noter trois attitudes du lion de mer : ne rien branler en se mettant en hauteur, sur la rambarde du ponton, ne rien branler en s’allongeant sur le ponton, à moitié immergé par le poids des bêtes, et ne rien branler en flottant sur le côté, une nageoire en l’air.

A noter enfin pour l’anecdote que le lion de mer est utilisé par la Navy, de même que le dauphin, pour des opérations militaires, notamment le repérage de mines, via le U.S. Navy Marine Mammal Program. Je ne sais pas en revanche s’ils ont essayé de monter une Gatling sur l’un d’entre eux, mais ca aurait sûrement de la gueule.

Mais Monterey ca reste surtout son superbe aquarium, qui foutrait la honte à Océanopolis. Des bêêêtes dans tous les sens et surtout ils ont déjà des loutres de mer, eux 1 !

Awww

Le professeur Graznok vous a déjà démontré avec brio pourquoi la loutre peut se targuer d’être l’un des animaux les plus cool de la création, aussi j’essaierai d’être bref. Mais bordel de nom de dieu, passer à Monterey m’aura permis de réaliser l’un de mes rêves les plus chers : voir une loutre en vrai !

Awwwww

Chooooonchoooooon !

Un bon quart d’heure à les regarder, à travers la vitre constellée d’éclaboussures d’eau, se chamailler gaiement, faire des tonneaux dans l’eau ou la planche : j’étais pas loin du bonheur et j’avais déjà rentabilisé mon voyage.

Non, vraiment, Monterey c’est cool, et on y croise même, à 2 mètres de soi, un cormoran de Brandt, une espèce qui peut plonger à plus de 10 mètres de profondeur afin de se nourrir de poissons. La classe.

Dans le petit port de Monterey, un cormoran de Brandt

Et on continue en allant de l’autre côté de la baie de San Francisco, sur les docks de Sausalito, avec ce héron bihoreau. Un piaf reconnaissable à ses deux longues plumes blanches que le mâle arbore en période de reproduction et qui a la particularité de rester totalement immobile.

Héron bihoreau à Sausalito

Direction ensuite le Golden Gate Park, à l’ouest de San Francisco. Un parc gigantesque qui va de Haight Street jusqu’à la côte et dans lequel on peut trouver un superbe musée d’histoire naturelle, mais également un terrain de baseball, un golf ou des drogués au crack le soir. Mais revenons à notre sujet avec, lors d’une visite au Japanese Tea Garden, cette rencontre avec un koï, une variété de carpe ornementale que l’on retrouve en Chine et au Japon.

Muh ?

Outre cette tronche qui mérite à elle seule sa classification bwitologique, ces carpes, selon une légende chinoise, auraient remonté le fleuve jaune puis se seraient envolées vers le ciel pour se transformer en dragons. Légende qui serait à l’origine des manches à air en forme de carpes koï que tiennent les garçons lors de la journée des enfants au Japon, au mois de mai. Cet animal étant censé les aider à devenir forts et courageux.

Un bison, du grillage : cherchez l’erreur.

Seule déception dans cette expédition au Golden Gate : moi qui pensait pouvoir admirer une horde de bisons courant dans de verts paturages, je n’ai eu droit qu’à un coup d’oeil sur l’un d’entre eux, confiné dans un enclos grillagé. Et cette image peu glorieuse du massacre de bisons à la fin du 19e siècle de me revenir malheureusement en tête :

On savait se marrer à l’époque.

Avant de quitter San Francisco, une petite photo d’oies sauvages, ou plus précisement de berdaches du Canada, en train de picorer gentiment du côté du Presidio, au nord ouest de la ville, où se trouvent à ce propos les studios d’ILM, célèbre pour les effets spéciaux de Star Wars.

Des oies plus occupées à bouffer qu’à poser pour la photo. Ingrates !

D’une taille assez imposante 2, ces oies sont connues pour leur vol en V, qui leur permet de s’économiser en profitant des turbulences créées par celle en tête. Et quand il s’agit d’un ULM, ca doit être sacrément efficace :

Et on termine comme il se doit avec un eden animalier : le parc naturel du Yosemite. Avec une bonne couche de neige en altitude, la Nature se réveillait à peine, aussi n’ai-je pas eu la chance de croiser un ours. Seuls deux d’entre eux avaient été aperçus jusqu’à présent par les gardes du parc. Mais remarquez, si j’en avais croisé un, j’aurai peut être pas fait le fier…

Heureusement, et comme il se doit, ma visite du parc a été saluée par maitre Coyote lui-même, bien content de croiser un camarade trickster d’outre atlantique. Tranquillement installé au bord de la route qui menait à Glacier Point, site qui permet de surplomber le parc. Et enfin arrivé au sommet, je pouvais souffler un peu, en admirant un chipmunk se roulant un stick, tandis qu’un corbeau, autre trickster du coin, se posait pas loin…

Serait-ce un signe ?

Et c’est sur cette interrogation mystique que se conclue cet épisode bwitologique. On se retrouve bientôt avec, au programme, un poème urbain, et une sélection wtf speciale Californie !

En vous remerciant, bonsoir.

Texte et photos : Gwen, avec les conseils avisés du professeur Graznok

Pendant que vous y êtes, lisez aussi :

Notes:

  1. Mais en 2013, je serai aux premières loges pour voir les loutres à Bress’
  2. Vous vous souvenez de cet avion qui avait amerri dans la baie d’Hudson ? Et bien l’un de ses réacteurs était tombé en panne après avoir englouti – et eu du mal à digérer – l’une d’entre elles