Balade dans la galaxie Beastie Boys (1/4)

Edit : Je republie cet article suite à l’actualité la plus importante de l’année : la sortie du nouvel album des Beastie Boys, Hot Sauce Comittee. L’intro datée de 2010 est caduque mais le contenu de ce guide spécial Beastie Boys devrait vous être encore très utile. Merci de votre attention.

Septembre 2010. Ce mois aurait du être l’acmé de votre serviteur. Pensez donc, la sortie de Hot Sauce Comittee, le nouvel album du plus grand groupe du monde : les Beastie Boys. Mais patatras. Après une sortie déja décalée l’année dernière pour cause de Crabe qui s’invite dans la gorge d’Adam Yauch, alias MCA, voici qu’ils nous refont le coup. « Pas avant 2011 les amis ! » Oui, bon, ca passe pour cette fois… Mais le fan est en droit de se demander qui lui donnera sa dose vitale de samples et de beats imparables d’ici là ? Et bien amis, rassurez vous, j’ai la solution : une petite balade dans la galaxie Beastie Boys. Un univers gigantesque, aux astres multiples et empli d’univers parallèles. De quoi largement s’occuper d’ici à l’année prochaine. Décollage.

Les grands champs gravitationnels

Débutons notre périple cosmique par ceux qui ont modelé cette galaxie : les inspirateurs et les producteurs.

– Lee Scratch Perry

Le producteur incontournable dans l’histoire du reagge et du dub (Edit : et non pas de la dub :) ). Celui-ci fit une apparition remarquée sur Hello Nasty avec le morceau Dr Lee PhD. Une association débutée lors d’une première partie des Beastie assurée par Lee Perry, à l’occasion d’une tournée au Japon en 1996. Mais l’influence est plus ancienne et remonte à l’EP Cooky Puss en 1983, qui comportait les morceaux dub-reggae Beastie Revolution et Bonus Batter Edit : et l’on retrouve également un sample de Dub Revolution sur Ill Communication. Une référence évidente aux B-sides, ces reprises instrumentales créées par Lee Perry et qui donneront naissance au dub.

– Rick Rubin

« Le plus grand producteur de ces 20 dernières années » pour Corey Moss sur le site de MTV. Lister le nombre de groupes qui ont travaillé avec lui est une gageure (On citera rapidement Slayer, Metallica, LL Cool J et Public Enemy pour la forme). Mais son influence sur les Beastie est indéniable. C’est en effet rien moins que le producteur et le coauteur de Licensed to Ill en 1986.

Licensed to Ill. Premier album (LP) des Beastie Boys. Premier album de rap à entrer dans le classement Billboard 200. Vendu à plus de 9 millions d’exemplaires. Décollage immédiat vers la célébrité.

Si l’album nous balance des bombes hip-hop, le fan de metal qu’est Rick Rubin donne aux Beastie Boys l’occasion de nous délivrer Fight for Your Right to Party et No sleep till Brooklyn, avec le solo furieux de Kerry King, guitariste de Slayer. Deux morceaux de rap-metal qui n’ont pas pris une ride après plus de 20 ans.

Les Dust Brothers

En 1988, la rupture avec Dej Jam, le label créé par Rick Rubin 1, est consommée. En cause des problèmes de royalties mais également de tempérament. Car la lourdeur musicale du bonhomme déteint un peu sur son caractère. Et les Beastie, passés maitres en conneries diverses et variées, n’ont pas l’intention de devenir juste cons.

Direction donc Los Angeles où ils rencontrent les Dust Brothers. Pas forcement connus du grand public, ils ont pourtant lancé la carrière de Beck (L’album Odelay et son single Loser, c’est eux) et ont composé la BO de Fight Club.  Mais dans le coin de galaxie qui nous intéresse, ils sont à l’origine d’un des chefs-d’oeuvre des Beastie (et même pour le fan transi que je suis, le mot n’est pas usurpé) : Paul’s Boutique.

Les samples incalculables qui composent l’album étaient destinés à l’origine à leur usage personnel. Mais les Dust Brothers ont eut le bon goût de laisser les Beastie poser leur voix et leurs instruments dessus (Et problablement divers produits au passage…). Grand bien leur en a pris.


Video Beastie Boys – Shake Your Rump

La scène hardcore

Cela va finir par devenir une antienne sur ce blog mais il est toujours bon de rappeler que nos trois rappeurs de New York ont commencé par du punk-hardcore bien énervé. Comme nous l’avions vu ailleurs, les rastas furieux de Bad Brains, virés en 79 de Washington DC, y ont changé la face de la scène hardcore naissante.

Et celle du bassiste Adam Yauch, futur tiers des Beastie Boys, qui ira les voir jouer plus de 50 fois, comme il le confiait en 1994 dans le magazine Guitar World. Et outre les initiales communes du groupe en guise d’hommage, cette influence s’est manifestée à plusieurs reprises. Brouillés, les membres de Bad Brains se reformeront ainsi en 1995, à l’occasion d’une tournée des Beastie Boys 2. Et Yauch produira Build a Nation en 2007, leur dernier album en date. Edit : Rajoutons enfin l’utilisation par les Beastie de samples de The Big Take Over et Supertouch / Shift Itsur, respectivement, Pass The Micet The Maestro.
Deux autres groupes à citer également : Black Flag (vu ici ou ), autre grosse influence d’Adam Yauch, et Reagan Youth 3, groupe new yorkais ayant débuté en meme temps qu’eux.

Les étoiles filantes

Des passages souvent fugaces. Mais ils ont tous permis à la galaxie Beastie d’entrer en expansion.

Mike D des Beastie Boys et Madonna lors d’un concert au Madison Square Garden en 1985

Madonna

Ca fait un peu étrange de voir ce nom écrit par ici. Moi même je m’en étonne. Pourtant en 1985, le groupe enregistre le single She’s on it avec le tout jeune Rick Rubin. Un carton qui les amène sur la tournée Like a Virgin. Si l’on en garde peu de choses à part une photo (voir plus haut), la légende voudrait qu’un des Beastie y soit passé avec la Madonne dans un placard… Ah, la jeunesse.

Kim Gordon

Restons chez les filles avec la bassiste de Sonic Youth. Outre le fait que Mike D lui ait donné un coup de pouce pour lancer un magasin de vêtements (X large), celle-ci fera une apparition pour un morceau lors de la tournée Tibetan Freedom. De quoi faire lever le sourcil des fans de scène indé.

– Spike Jonze

Canonball des Breeders, Electrolite de REM, Da Funk de Daft Punk, c’est lui. Un sympathique CV. Et de la même manière que Rick Rubin, il va offrir parmi les meilleurs clips des Beastie. Sabotage en tête bien sûr, mais n’oublions pas Sure shot (Le morceau qui a fait découvrir le groupe à votre serviteur).


Beastie Boys – Sure Shot

– Fatboy Slim

1998. Sortie d’Hello Nasty. Une incroyable variété de styles musicaux s’y entremêlent. Reggae, ballade, easy listening, electro et hip hop. De quoi en décontenancer certains. C’est la même année que sort You’ve Come a Long Way Baby, l’album qui va lancer la carrière de Fatboy Slim auprès du grand public. Les deux entités se rencontrent et accouchent d’un remix de Body Movin, si apprécié par le trio qu’il remplacera l’original pour le clip vidéo 4
Beastie Boys – Body Movin (Fatboy Slim Remix)

– Q-Tip

On terminera cette section par une autre collaboration unique. Celle de Q Tip du groupe Tribe Called Quest sur le morceau Get it Together, en 1994. Outre la qualité évidente de la chanson, elle permet aux Beastie de rester, malgré leurs succès, profondement ancrés dans la culture hip hop.

C’est tout pour cette fois, faudrait pas friser l’indigestion non plus. A bientôt pour la suite de la balade !

Texte et dessin : Gwendal

A lire également :

La Galaxie Beastie 2/4

La Galaxie Beastie 3/4

La Galaxie Beastie 4/4


Pendant que vous y êtes, lisez aussi :

Notes:

  1. Le label fut créé en 1984 avec Russel Simon. A lire une interview de Bill Adler, qui travailla pour ce label, sur Brain Magazine
  2. Le chanteur HR a malheureusement eu l’idée de se refoutre sur la gueule avec ses potes, annulant ainsi leur concert et leur participation au reste de la tournée.
  3. Un article intéressant sur le groupe sur le blog New Wave Hooker
  4. Clip qui rend au passage un joli hommage au Danger : Diabolik ! de Mario Bava

13 Replies to “Balade dans la galaxie Beastie Boys (1/4)

  1. Leur univers va tellement loin qu’on peut suspecter le fringant Adam d’avoir fricoté avec une jeune bigoudene.
    Sur l’album Ill communication un petit interlude nous invite dans l’intimité du dit tombeur (Adam donc) en nous faisant entendre le message agacé d’une jeune fille:
    ‘Adam, tu n’es pas la, mais qu’est ce que tu fabriques ?
    C’est Stéphanie et Violaine.
    I hope you learn how to speak french because i said crazy bullshit about you’
    Nos experts linguistiques ont clairement identifié l’accent de la dite Violaine comme étant breton et très probablement du Finistère Sud.

    Si vous avez des indices pour préciser la localité, merci de me contacter par retour de com’.

  2. Après moultes recherches, je peux, cher Xis, répondre à votre interrogation légitime. Il s’agit apparemment d’une seule et même personne, « Stéphanie Violaine ».
    Pour l’anecdote, l’utilisation de cet extrait n’a pas plu à la demoiselle et il a été retiré de l’album Ill Communication distribué par Capitol Records sur le territoire américain.
    Avait-elle peur que l’on se moque, à tort, de son accent breton ? Nous ne le saurons malheureusement jamais je pense.
    En vous remerciant

  3. en tant que fan, tres bon article..mais par pitié..DU dub..pas de la dub !
    je decouvre ton blog et compte bien en faire le tour
    bless

  4. Jahbsynta : Merci pour ton commentaire ! Et bonne remarque, je me pose toujours la question masculin/féminin avec le mot dub, ca change d’un article à l’autre :| Pas facile de choisir du coup mais j’ai fait les modifications :)
    Un bon voyage sur Centrifugue à toi !

  5. Excellent guide qui m’avait captivé en tant que fan du groupe, tu m’avais fait découvrir des choses.
    Je ne manque pas d’y revenir de temps en temps …

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