Bong-Ra – Drumcorps : les chevelus du breakcore

octobre 12th, 20112:13 @

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Bong-Ra – Drumcorps : les chevelus du breakcore

Si les expérimentations électro-rock ne sont pas nouvelles  (le courant indus qui a débuté dans les années 80 par exemple) deux DJ, Bong-Ra et Drumcorps, se sont lancés dans une aventure originale : apporter la puissance, la lourdeur et la rage du hardcore et du métal dans la musique électronique en utilisant un de ses sous-genres : le breakcore. Décoiffant.

Jason Köhnen, alias Bong-Ra, est un musicien hollandais, originaire d’Utrecht. Ses premier pas dans la jungle commencent en 1996 mais il va très vite puiser dans d’autres styles (gabber, jazz, rave).

Après la sortie de trois disques sur Djax Records, la reconnaissance va venir en 2001 avec sa participation aux mythiques John Peel’s Session sur la BBC. Il participe également à la bande originale du film Bikini Bandits, hommage déjanté aux films de Russ Meyer.

Avec des DJ comme Parasite, Enduser ou Shitmat, Bong-Ra devient une des têtes de file de la scène breakcore. Un style inspiré du hardcore ou de la jungle qui permet, par son caractère destructuré, bancal, une assimilation de nombreux instruments et genres comme le rap, le reggae ou le rock.

Témoin de ce mélange continu, l’album Full Metal Racket où Bong-Ra n’hésite pas à puiser dans sa jeunesse, quand il jouait de la batterie et de la basse dans le groupe de doom-métal Celestial Season. Hyperactivité des samples et séquences hypnotiques, ironie et noirceur imbriquées, Bong-Ra nous invite à un free-party en enfer. Au plus profond de la terre, grâce à des sons empruntés à Bolt Thrower, Napalm Death, Carcass ou Slayer. Du grind, du death, du thrash. Ca va vite (voire très vite), c’est lourd et la batterie associée aux machines donne des résultats redoutables.

Alors, certes, il conviendra de signaler aux amateurs de valse que passer au breakcore et ses rythmiques diaboliques risque d’être un tantinet radical, mais la créativité dont fait preuve Bong-Ra mérite de loin ce petit effort.

Liens : Site personnel (très complet, avec de nombreux mixes téléchargeables et achat en ligne) et Myspace

Non, Rassurez vous, cette image n’a rien à voir avec un remake de L’attaque de la Terre par les hommes pieuvres, il s’agit seulement de Drumcorps en pleine représentation.

Né dans le Massachussets, Aaron Spectre (un de ses autres pseudos), après avoir joué dans des groupes de punk-hardcore à l’âge de 16 ans, découvre la jungle et la drum and bass lors de son arrivée à New York en 1999. Il se rend ensuite en 2003 à Berlin, où il débute la production de vinyles. Ces derniers remportent un grand succès et Aaron Spectre enchaîne les concerts.

En 2004, le concept de Drumcorps émerge. Pas de nouveau membre à l’horizon mais un projet parallèle, avec des morceaux beaucoup plus enervés et des prestations originales, combinant parties électro et riffs puissants joués en direct.

Torturée (avec l’utilisation du chant hurlé), rugueuse, la musique de Drumcorps emprunte beaucoup aux expérimentations du post-hardcore (Children, Shora, Ananda). Dissequés et recomposés par ce nouveau Dr Frankenstein, les morceaux originaux gagnent une nouvelle énergie, procurant le même direct à l’estomac que lors de leur première écoute.

Liens : Site personnel

Afin de se remettre de ses émotions, une composition de l’alter-ego de Drumcorps, Aaron Spectre. Un bon vieux riddim à la sauce breakcore :

Dessin, texte : Gwendal
Photos : S.alt (Bong-Ra) – Marco Reckmann (Drumcorps)

En bonus, pour les inconscients et ceux qui n’ont pas encore d’acouphènes, une reprise par Bong-Ra d’un classique du groupe de death metal anglais Bolt Thrower,Cenotaph :

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