Bwitologie : le boeuf musqué

octobre 2nd, 201210:00 @

5


Bwitologie : le boeuf musqué

Une nouvelle rubrique s’inaugure aujourd’hui sur Centrifugue : la bwitologie. Face à vos yeux qui s’équarquillent devant ce néologisme, force est de vous fournir, avant de commencer ce premier épisode, une définition de ladite bwitologie.

Tout comme dans l’actualité, nos connaissances en zoologie se limitent trop souvent à des animaux d’un banal extrême comme le cheval ou le caniche. Fidèle à la ligne éditoriale de ce blog, il était donc temps de s’intéresser à la périphérie des animaux : les bêêêêtes.

Outre le fait qu’elles se déplacent toutes en faisant “bwit bwit” (d’où le nom bwitologie), ces bêêêêtes ont pour point commun l’étrangeté de leur comportement et leurs tronches joviales. Et parcequ’il fallait bien commencer quelque part, place au boeuf musqué !

Preuve de leur sympathie, ces boeufs musqués vous font une haie d’honneur

Plus connu par les gens sérieux sous le doux nom d’Ovibos moschatus, le boeuf musqué est aussi appelé Omingmak par les Inuits, c’est-à-dire “l’animal dont la fourrure est comme une barbe”. Ce qui est tout de suite plus classe.

Et très utile quand on a pour habitat la toundra arctique, soit une zone qui comprend le Groenland, l’Alaska et le Canada. Malgré une chasse importante au début du XXe siècle, l’homme a eu l’ingéniosité d’arrêter le massacre avant leur disparition, et leur population s’est désormais stabilisée aux alentours de 80.000 individus.

En dépit de son air placide et de sa toison abondante, similaire à un bison, et de son nom commun, le boeuf musqué n’appartient pas à la famille des bovidés mais à celle des caprins. Un premier étonnement qui explique une taille modeste (1,40 m au garrot et 300 kg pour les plus grands spécimens) alors que l’on s’attendait, à la vue des photos, à l’équivalent terrien des Banthas.

Vision d’enfance du boeuf musqué, envolée après avoir appris qu’il avait en fait la taille d’un poney.

Cette déception qui brisa mon petit coeur d’enfant émerveillé fut cependant vite oubliée en découvrant leurs surprenants duels durant la parade amoureuse. Comme vous avez pu le constater, le boeuf musqué dispose d’un superbe pare-choc avant, appelé également cornes.

Point de concours d’escrime alambiqué comme chez les cerfs et autres antilopes : ici on se rentre dedans plein pot et le premier qui attrape une migraine perd. Et malgré son gabarit modeste, quand un boeuf musqué se lance à 40 km/h, leur force de frappe atteint la tonne lors du contact. On admire :

Résumons. Air placide et amical, tenue vestimentaire négligée accompagnée de cheveux longs, qui virent souvent aux dreads, peu attiré par les fioritures et adepte de sensations extremes : oui, vous l’avez deviné, le boeuf musqué est le métalleux-coreux du règne animal.

Hommage est donc ainsi rendu à ce fier animal lors de chaque festival (autre version de la parade amoureuse chez l’homme) à l’occasion de la danse dite du Wall of Death, repertoriée dans le “guide officiel du mosh”. Moteur.

C’est tout pour aujourd’hui les enfants et rendez-vous bientôt pour une nouvelle leçon de bwitologie !

Dessin : Gwendal
Texte : Professeur Graznok

Liens
La fiche du boeuf musqué sur Wikipedia
Le site de Large Animal Research Station, de l’Institut de biologie arctique à Fairbanks, qui s’occupe de l’étude et de la protection des boeufs musqués.

Pendant que vous y êtes, lisez aussi :