Chronique CD : Eleventh He Reaches London – Hollow be my Name

mars 29th, 201110:02 @

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Chronique CD : Eleventh He Reaches London – Hollow be my Name

Bien que perdu au fin fond de l’Océan Pacifique, l’Australie s’est également engouffré dans la veine « post » (post-hardcore, post-métal et post-rock). Une surprise pour un auditeur dont le regard se braque habituellement vers les Etats-unis ou l’Angleterre. Et le groupe Eleventh He Reaches London, avec son album Hollow be my Name, est une surprise qui fait un bien fou. Un son résolument puissant, des mélodies entêtantes qui empruntent à la folk et de la sincérité. De quoi faire surgir les noms si doux de Fugazi ou Pelican.

Eleventh He Reaches London est l’une de ces pépites que l’on trouve par hasard. Dans le torrent des groupes à disposition sur Internet, il existe heureusement de jolies nasses comme Soundweave. C’est la qu’on y trouve un album, Hollow be my Name. Par un groupe au nom à rallonge : Eleventh He Reaches London. Et nos yeux tombent sur quelques noms accolés au post : Refused, Nick Cave et les Pogues. Des noms que l’on a pas forcement l’habitude de voir ensemble. D’où l’envie irrésistible d’en savoir plus.

Formé en 2002, Eleventh He Reaches London s’est fait connaître dans la scène hardcore de Perth. Leur premier album, The Good Fight For Harmony, sort en décembre 2005 et se classe parmi les meilleures ventes locales. S’ensuivent des concerts avec entre autres groupes Converge, Isis ou Rise Against. Edité par Good Cop Bad Cop Records, Hollow be my Name, leur deuxième album, est sorti en mars dernier.

Votre serviteur pensait que le post-hardcore s’était arreté avec des groupes comme Fugazi ou Refused. Monumentale erreur (due sûrement au syndrome « C’était mieux avant ») !. Depuis des perles comme End Hits ou The Shape of Punk to Come, ce genre, qui revendiquait une liberté de composition, a continué de muter. Et, récemment, plus particulièrement grâce à des groupes orientés métal comme Isis, Pelican ou Sunn O))) qui ont poussé très loin leurs expérimentations.

Tellement loin qu’entre « post-rock », « post-métal » ou « post-hardcore », difficile dorénavant de cataloguer ces groupes actuels, tant leurs influences s’interpénetrent. Prenez l’exemple d’Eleventh He Reaches London : le son de guitare est puissant, le batteur n’hésite pas à placer de la double pédale, aucun doute, c’est du rock biberonné au hardcore et au metal. Mais l’on est très vite fasciné par l’architecture si complexe des morceaux, caractéristique de la vague rock progressif. C’est d’ailleurs ce qui provoque, aux dires des membres du groupe, une incompréhension d’une partie du public hardcore qui vient en concert voir… du hardcore, et qui n’est pas vraiment préparé à des envolées de 5 minutes ou plus.

Raaaaaah, cette montée ! :’)

Mais foin du sacro-saint morceau de 3 minutes, Eleventh He Reaches London prend le temps de tisser ses mélodies (le groupe est composé de trois guitaristes) et en cela il est dangereux. Vous commencez par vous détendre, avec Hollow me my Name, le premier titre. Et vous voila, sans vous rendre compte, au sommet d’une montagne russe. Contemplant un mur de son constitué de riffs plombés et bourdonnants. Lessivés, vous êtes cueillis par le très pop Britain and Structure. Rassurés ? Pas vraiment, car vous arrivez déja au troisième morceau et sa basse impressionnante qui n’est pas sans rappeler Tool. Et c’est le coup fatal : l’apparition d’un banjo et sa mélodie folk sur Son, You’re AlmostOrphan An. Vous voila partis jusqu’à la fin de l’album.

« Trop doux pour la scène hardcore, trop dur pour la scène indie ». Une très bonne formule de Matt Giles dans son article sur le site Messandnoise pour résumer Eleventh He Reaches London. Coincé entre les demandes contradictoires de ces deux scènes, il en fait fi et pose comme ligne directrice la cohérence de son univers. Entre ballades folk et riffs de guitare, le groupe prend le temps de nous peindre un paysage impressionniste. Dépourvus de tics poseurs, leur musique vous emmène dans une très longue balade, ponctuée de tempêtes et d’accalmies. Vers ce pays lointain qui a pour nom l’Australie.

Texte : Gwendal

Photo : Michael W Wilson

Liens :

Plus de site officiel à proprement parler mais vous pouvez retrouver le groupe sur LastFM

Myspace

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