Douceur et volupté du hardcore : le retour

avril 1st, 20131:00 @

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Douceur et volupté du hardcore : le retour

Un bout de temps que l’on avait pas parlé musique sur ce blog. A vouloir parler du centipède, de Franquin ou de Joe Dante, voila que je me disperse. Pourtant j’y reviens toujours à cette satanée musique. J’ai besoin de mon shoot de decibels propre à me donner la force de gribouiller ou scribouiller. Or, comme avec la drogue, le meilleur moyen de se taper un sourire de félicité pareil aux victimes du Joker, c’est encore de mélanger les produits. Soit le rail de hardcore qui vous donnera la même rage que Tony Montana et le trip émotionnel qui vous mettra la sensibilité à vif. De Refused à Ataxia, en passant par Children, Alaskan ou Vision of Disorder, nouvelle petite revue des produits à l’efficacité maintes fois démontrée.

Le plus près de chez nous : Children

Honneur à notre brave patrie pour commencer cet article avec Children. Groupe de hardcore français dont le talent n’a d’égal que leur non-reconnaissance médiatique 1. Originaires de Tarbes, le groupe a débuté en 1997-1998, soutenu par le défunt label Overcome Records. Et, avec Impedimenta, en 1999, le groupe propose rien de moins qu’un des meilleurs albums de hardcore français 2. Children garde toute l’intensité du son hardcore mais casse le format habituel de trois minutes en offrant de superbes compositions. Dommage que le groupe se soit arrêté.

Si vous souhaitez en savoir plus, je vous conseille cette chronique de Jeremy sur Nightfall in Metal Earth ou cet article, en anglais, sur le blog Stuck in the Past. Et bien entendu, rendez-vous également sur leur site Myspace.

Le plus définitif : Refused


S’il fallait choisir un album pour démontrer aux incrédules que le hardcore ce n’est pas juste du bruit, The Shape of Punk to Come de Refused serait celui-ci. Electro, jazz et musique classique se mêlent avec maestria au hardcore puissant de Refused. Rien à jeter dans tout l’album.

Et le petit plus qui vous fait aimer définitivement Refused c’est, à l’instar de Fugazi mais en plus radical politiquement, l’intégrité qui a caractérisé leur parcours. Le groupe n’hésitant pas à se saborder en pleine gloire 3

Depuis leur séparation en 1998, les cinq membres continuent leur chemin musical. Parmi leurs projets, je vous recommande International Noise Conspiracy, avec un bon son garage, et AC4 mais n’hésitez pas à découvrir les autres groupes recensés sur ce fan site.

A propos de Shape of Punk to Come, deux chroniques : celle de Somath sur Ekletik et l’autre sur Gueusif online. Ainsi que cet article en anglais sur Pitchfork.

Direction sinon leur site officiel car, cela tombe bien, The Shape of Punk to Come vient de faire l’objet d’une nouvelle édition. Chanceux.

Le plus délicat : Ataxia

Pour ceux qui connaissent déja, il faut avouer qu’Ataxia n’est pas à proprement parler du hardcoremais du rock (voire de la pop?). Mais ceux qui connaissent déja ne doivent (malheureusement) pas être très nombreux. Et, outre un line up qui fait baver (John Frusciante des Red Hot Chili Peppers à la guitare, son acolyte pimenté Josh Klinghoffer à la batterie et Joe Lally, ex bassiste de Fugazi), Ataxia offre à ceux qui ont encore un peu de mal avec les décibels une parfaite porte d’entrée vers le coté torturé et délicat des autres groupes cités ici. Aussi ruez vous sur leurs deux albums : Automatic Writing I et II

Très peu de choses à lire sur le groupe (en dehors de la page de John Frusciante, il n’y a même pas de site officiel). Aussi lisez ce papier sur Xsilence et en particulier le commentaire très bien troussé de Supa Scoopa.

Le plus énervé : Vision of Disorder

Passons d’un extrême à l’autre avec ce très bon groupe des années 90 qu’est Vision of Disorder, connaissant son heure de gloire lors de la vague néo metal (Korn, Deftones, Limp Bizkit, etc). Je les ai perdus de vue suite à leur parenthèse de 2002 à 2006, mais le groupe est de nouveau actif et un album est prévu pour la fin 2011.

Dans le plus pur style “hardcore sévèrement burné” de New York (Agnostic Front, Biohazard), Vision of Disorder a l’art de vous décrasser les tympans et vous faire headbanger. Mais sous ses oripeaux de musique de durs à cuire, la voix de Tim Williams apporte ce supplément d’âme qui vous retourne dès la première écoute de l’album éponyme et empêche toute lassitude.

Le plus joliment plombé : Alaskan

Terminons avec l’un de mes claques musicales de 2010 : Alaskan. Un peu comme pour Ataxia, je m’éloigne du hardcore et je pénètre sur les terres du metal, et en particulier son récent rejeton : le sludge.


Noir, étouffant, plombé, éprouvant, flippant (avec des extraits très bien choisis de Session 9 de Brad Anderson qui ponctuent l’album). Mais également calme, reposant, purifiant. Alaskan vous remue, vous balance contre les murs, vous envoie dans la stratosphère. Un croisement entre la noirceur et l’oppression de Discharge et les envolées d’Explosion in the Sky. A se procurer d’urgence : l’album The Weak and the Wounded, disponible pour pas cher sur leur site.

A force d’écouter tous ces morceaux je suis pris d’une irrésistible pulsion créative et c’est donc sur cette perle noire qu’est Alaskan que je vous salue bien bas.

Texte et dessin : Gwendal

Pendant que vous y êtes, lisez aussi :

Notes:

  1. Mais les amateurs de rock béret-baguette en ont l’habitude
  2. Amha comme de bien entendu
  3. Pour mieux cerner Refused, lisez leur dernier communiqué de presse