Douceur et volupté du hardcore

avril 13th, 201112:00 @

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Douceur et volupté du hardcore

La rage a beau être une des bases du punk-hardcore, cela ne consiste pas (seulement) à taper comme un damné sur son instrument. On peut en effet garder la classe et ses neurones en état de marche. Après avoir fouillé dans mon abondante et bordélique discographie, voici donc quelques perles qui (je l’espère) se démarquent par leur subitilité.

Soyons un peu chauvin et commençons par un groupe français (nantais pour exact) : Right 4 Life. Formé en 1995, le groupe se place dans la lignée du hardcore new-yorkais (Madball, Cro Mags, Sick of it All) qui mêle rapidité du punk hardcore et lourdeur du métal. Tout le talent de Right 4 Life est d’enquiller des compositions très abouties sans perdre en puissance. Le groupe se démarque aussi grâce à son chanteur, Olivier. Rappelant par ses intonations Roger Miret d’Agnostic Front, son timbre de voix écorché apporte un je-ne-sais-quoi de subtilité qui fait lorgner le groupe vers l’emotional hardcore. Malheureusement dissous en 2007, vous pouvez cependant vous rattraper en courant acheter leurs albums, en particulier l’indispensable Off The Beaten Track (2004).

Edit : Vous devriez pouvoir vous le procurer sur le label Age of Venus, pour la modique somme de 13 euros. A lire également, une interview sur Metalorgie d’Erwan, ancien guitariste du groupe.

Alors bien sûr, certains d’entre vous ont encore un peu de mal avec la lourdeur si particulière du hardcore new-yorkais. Mais rassurez-vous, on peut faire plus léger sans perdre en qualité. Pour preuve le groupe américain Ignite. Originaire d’Orange County en Californie comme Suicidal Tendancies, Ignite s’inscrit dans la veine du hardcore mélodique, popularisée par NO FX, Bad Religion ou Pennywise. Prisée par les skateurs et autres surfeurs, la musique garde la rapidité du punk mais s’inspire également de la pop pour livrer des compositions accrocheuses. Ignite remplit toutes ces conditions mais le petit plus est sans conteste la voix de Zoltan Teglas. Pas de grunts, growls et autre cris mais un chant clair qui capte automatiquement l’attention.

Encore trop violent ? Vous êtes difficiles, mais soit, j’ai la solution : The Evens. Formé par le légendaire Ian Mc Kaye (Fugazi, Minor Threat, co-fondateur de Dischord Records) à la guitare et sa compagne Amy Farina à la batterie, le groupe est la démonstration parfaite que l’on peut rester punk sans en jouer forcement. Sur une base qui rappellera à certains White Stripes, The Evens est vraiment un groupe à part, fonctionnant avant tout sur la complicité. Complicité entre les deux membres du groupe bien entendu, mais également avec le public, les concerts se déroulant pour la plupart face à un public réduit. Les plus cyniques n’y verront qu’un mélange entre du « punk de chambre » et une messe mais en regardant cette vidéo de You Wont A Feel A Thing, on a vraiment l’impression de partager un moment inestimable.

Edit :

Ajoutons également une petite fierté brestoise dans cet article avec Boda, dont j’ai retrouvé, grâce à des amateurs hispanophones, une vidéo sur Youtube :

Dissous en 2001, il aura été l’un des groupes qui m’a initié au « emocore » et avec une telle qualité de musique, on a qu’une envie : continuer de creuser :)


Dessin – texte : Gwendal


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