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	<title>Centrifugue</title>
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	<description>Guides et chroniques de la périphérie</description>
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		<title>Mème pas mal : Comically Vintage</title>
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		<pubDate>Fri, 13 Jan 2012 16:39:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Gwen</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Dessiner tous les jours est un sacerdoce. Le corps soumis aux contraintes du travail sur ordinateur, la nécessité de trouver de la musique adéquate pour maintenir la motivation. Une horreur. Mais le pire reste encore de trouver quoi dessiner. Bien sûr j’ai celles qui me sortent de la tête quand je suis coincé dans une pièce avec des gens [ref]Le dessin, qui permet de fixer autre chose que les gens, est un très bon moyen d’éviter d'avoir à causer.[/ref], mais, comme ces occasions sont de plus en plus rares en ce moment, le stock s’épuise. Il faut alors y remédier par l’exploration des internets. A la recherche de l’image que je pourrai m’amuser à plagier restaurer pendant de longues heures au coin du feu. Et voici qu’après avoir fait le tour du chouette site Women Snakes and Stalkers ou récolté quelques dessins de Kirby, je suis tombé il y a peu sur Comically vintage. Et depuis je suis accro.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Dessiner tous les jours est un sacerdoce.</strong> Le corps soumis aux contraintes du travail sur ordinateur, la nécessité de trouver de la musique adéquate pour maintenir la motivation. Une horreur. <strong>Mais le pire reste encore de trouver quoi dessiner.</strong> Bien sûr <a href="http://www.flickr.com/photos/gwendalcentrifugue/sets/72157603644864926/" target="_blank">j’ai celles qui me sortent de la tête</a> quand je suis coincé dans une pièce avec des gens  <a class="simple-footnote" title="Le dessin, qui permet de fixer autre chose que les gens, est un très bon moyen d’éviter d&#8217;avoir à causer." id="return-note-3919-1" href="#note-3919-1"><sup>1</sup></a>, mais, comme ces occasions sont de plus en plus rares en ce moment, le stock s’épuise. Il faut alors y remédier par l’exploration des internets. A la recherche de l’image que je pourrai m’amuser à <del>plagier</del> restaurer pendant de longues heures au coin du feu. Et voici qu’après avoir fait le tour du chouette site <a href="http://centrifugue.fr/2011/meme-pas-mal-women-snakes-and-stalkers/" target="_blank">Women Snakes and Stalkers</a> ou récolté <a href="http://centrifugue.fr/2011/meme-pas-mal-jack-kirby/" target="_blank">quelques dessins de Kirby</a>, <strong>je suis tombé il y a peu sur <a href="http://comicallyvintage.tumblr.com/" target="_blank">Comically vintage</a>. Et depuis je suis accro.</strong></p>
<div class="wp-caption alignnone" style="width: 650px"><img title="cantstoplovingyou" src="http://farm7.staticflickr.com/6177/6138077203_e193669f6b_z.jpg" alt="" width="640" height="586" /><p class="wp-caption-text">&quot;Pourquoi suis-je incapable d&#39;arrêter de t&#39;aimer ?&quot; Légende Comically Vintage : &quot;L&#39;hypnose. L&#39;amour garanti ou vous êtes remboursé.&quot;</p></div>
<p><strong>Comically vintage, voila l’exemple parfait de l’utilisation de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Tumblr" target="_blank">Tumblr</a></strong>, plate-forme au nom imprononçable qui permet à tout un chacun de faire du micro-blogging. A savoir poster de courts <a href="http://centrifugue.fr/2011/meme-pas-mal-le-meme-cest-quoi-deja/" target="_blank">mèmes</a>, sous la forme d’un texte, d’une vidéo ou d’une image. Créé en 2007, Tumblr compte désormais plus de six millions d’utilisateurs et l’une de ses meilleures conséquences est <strong>la multiplication de blogs ultraspécialisés</strong>. Du film de ninja au mouvement skinhead, on trouve ainsi des banques de données thématiques d’une richesse insoupçonnée  <a class="simple-footnote" title="Et il faudra que j’en fasse une liste plus précise un de ces quatre. Mais je crois l&#8217;avoir déjà dit. La vieillesse est un naufrage." id="return-note-3919-2" href="#note-3919-2"><sup>2</sup></a>.</p>
<div class="wp-caption alignnone" style="width: 647px"><img src="http://farm8.staticflickr.com/7030/6489842137_a18c2dcb4c_z.jpg" alt="" width="637" height="640" /><p class="wp-caption-text">Mais comment puis-je essayer de lui mettre la main dessus s&#39;il ne voit pas de différence entre moi et les autres filles du bureau ?&quot;. Légence Comically Vintage : &quot;Le guide Comically Vintage du succès pour la romance au travail : y aller en sous-vêtements.&quot;</p></div>
<p>Or, pour un dessinateur qui a entrepris de se lancer dans la restauration de case de comics, quoi de mieux que de tomber sur Comically Vintage, un tumblr spécialisé dans leur archivage ? Vous le présenter ? Certainement. <strong>Créé en mai 2009 par Mariposima et Vruz</strong>, deux “paléobédéologues” comme ils aiment à s’appeler, Comically Vintage archive sur plus de 500 pages des cases de comics américains, principalement des années 40-50-60, et compte désormais une communauté de plus de 20 000 lecteurs.</p>
<div class="wp-caption alignnone" style="width: 650px"><img src="http://farm8.staticflickr.com/7160/6467078585_5d2783064d_z.jpg" alt="" width="640" height="458" /><p class="wp-caption-text">&quot;Il n&#39;y a donc personne qui veut de moi ?&quot; Légende Comically Vintage : &quot;Le meilleur moyen de ne pas la trouver : rester dans sa chambre et se regarder dans un miroir.&quot;</p></div>
<p><strong>Mais ce qui fait tout le charme de Comically Vintage, outre sa merveilleuse base de données, c’est le choix des cases de comics et le regard que nous portons sur elles, plus de 50 ans après.</strong> En grande partie issues des comics destinés à un public féminin  <a class="simple-footnote" title="Les love ou romance comics, créés dans l’après-guerre par Joe Simon et Jack Kirby" id="return-note-3919-3" href="#note-3919-3"><sup>3</sup></a>, ces cases sont marquées par les stéréotypes de l’époque. Et le sexe faible d’y être bien souvent décrit comme une pauvre petite chose, prête à fondre en larmes au moindre coup de vent, prise dans l&#8217;étau du conformisme qui doit faire d&#8217;elle la femme parfaite et obnubilée jusqu&#8217;à l&#8217;obsession par sa quête du prince charmant.</p>
<div class="wp-caption alignnone" style="width: 650px"><img src="http://farm8.staticflickr.com/7159/6456019289_ec1444a13e_z.jpg" alt="" width="640" height="560" /><p class="wp-caption-text">Légende Comically Vintage : Parfois vous savez tout de suite quand une rencontre à l&#39;aveugle (blinddate) ne va pas marcher...&quot;</p></div>
<p>Déjà comiques en tant que telles, ces cases sont de plus, grâce au talent de nos deux paléobédéologues et de leurs lecteurs, accompagnées de légendes lapidaires, souvent salaces mais pas que. Et certaines situations banales de devenir ainsi totalement surréalistes, comme avec ce mystérieux Dick, qui fait tourner la tête de ces dames.</p>
<p>N’hésitez donc pas à aller y faire un tour ainsi que sur ma galerie Flickr <a href="http://www.flickr.com/photos/gwendalcentrifugue/sets/72157628317212749/with/6431968243/" target="_blank">où j&#8217;ai rassemblé les dessins restaurés jusqu&#8217;à présent</a>. Et, si d’aventure vous trouvez une case qui mérite le détour, faites m’en part. J’aurai toujours de la place pour quelques uns dans ma liste de dessins à refaire :)</p>
<p><strong>Site :</strong> <a href="http://comicallyvintage.tumblr.com/" target="_blank">Comically Vintage</a><br />
Et suivez également les nouveaux posts sur <a href="http://www.facebook.com/pages/Comically-Vintage/137587179601511" target="_blank">Facebook</a> et <a href="http://twitter.com/vintagecomics" target="_blank">Twitter</a></p>
<p><strong>Textes, dessins : Gwen</strong></p>
<div class="simple-footnotes"><p class="notes">Notes:</p><ol><li id="note-3919-1">Le dessin, qui permet de fixer autre chose que les gens, est un très bon moyen d’éviter d&#8217;avoir à causer. <a href="#return-note-3919-1">&#8617;</a></li><li id="note-3919-2">Et il faudra que j’en fasse une liste plus précise un de ces quatre. Mais je crois l&#8217;avoir déjà dit. La vieillesse est un naufrage. <a href="#return-note-3919-2">&#8617;</a></li><li id="note-3919-3">Les love ou romance comics, créés dans l’après-guerre par Joe Simon et Jack Kirby <a href="#return-note-3919-3">&#8617;</a></li></ol></div>]]></content:encoded>
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		<title>Discordianisme : article graphique, le retour de la vengeance</title>
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		<pubDate>Mon, 09 Jan 2012 14:49:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Gwen</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Mes amis et cher lecteurs, laissez moi tout d’abord vous présenter mes meilleurs voeux pour cette nouvelle année. Bonheur, prospérité et allocations chomage à tous ! Mais coupons court à ces effusions de fraternité et penchons nous plutôt sur le nouveau défi herculéen qu’a relevé votre serviteur en ce début 2012. A peine remis d’un reveillon où il a fait brûler le dancefloor, celui-ci a sué sang et eau sur un nouvel article graphique dont il a le secret et consacré à une religion qui, chose exceptionnelle, trouve grâce à ses yeux : le discordianisme. Fnord !]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Mes amis et cher lecteurs, laissez moi tout d’abord vous présenter mes meilleurs voeux pour cette nouvelle année.</strong> Bonheur, prospérité et allocations chomage à tous ! Mais coupons court à ces effusions de fraternité et<strong> penchons-nous plutôt sur le nouveau défi herculéen qu’a relevé votre serviteur en ce début 2012.</strong> A peine remis d’un reveillon où il a fait brûler le dancefloor, celui-ci a sué sang et eau sur un nouvel article graphique dont il a le secret et consacré à une religion qui, chose exceptionnelle, trouve grâce à ses yeux : <strong>le discordianisme</strong>. Fnord !</p>
<p>Vous devriez me connaître depuis le temps mais, tout comme <a href="http://centrifugue.fr/2011/repack-les-aventuriers-des-films-perdus/" target="_blank">mon article sur le repack de VHS</a> ou <a href="http://centrifugue.fr/2011/tagada-jones-100-indes-100-enrages/" target="_blank">mon interview de Tagada Jones</a>, l’idée d’un article consacré au <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Discordianisme" target="_blank">discordianisme</a>, découvert grâce à mon estimé ami Az, me trottait dans la tête depuis des années. Cependant, face au bordel organisé qui caractérise cette religion, je butais systématiquement sur la façon dont je me devais d’aborder le sujet.</p>
<p><strong>La solution se trouvait pourtant devant mes yeux,</strong> telle La lettre volée d’Edgar Allan Poe. “<em>Un bordel organisé&#8230; Mais c’est ce que je fais pour mes grands dessins, palsembleu !</em>” Et fort de <a href="http://centrifugue.fr/2011/de-la-mutation-de-centrifugue-quater-le-dessin-article/" target="_blank">mon expérience similaire sur Bad Brains</a>, je savais que le défi pouvait être relevé.</p>
<div class="wp-caption alignnone" style="width: 586px"><a href="http://www.flickr.com/photos/gwendalcentrifugue/6661812435/in/photostream" target="_blank"><img class=" " src="http://farm8.staticflickr.com/7004/6661812435_875f5d6eae_z.jpg" alt="discordianmindmap" width="576" height="409" /></a><p class="wp-caption-text">Cliquez sur l&#39;image pour voir le dessin article en grand sur ma galerie Flickr</p></div>
<p><strong>Après avoir fait un travail de journaliste total,</strong> compulsant anciens grimoires et documents apocryphes et prenant frénétiquement quantités de notes, il fallait passer à l’action. Une vingtaine de dessins plus tard et quelques dizièmes en moins, je pouvais composer mon oeuvre.</p>
<p><strong>Et ce fut un bordel pour l’organiser&#8230;</strong> Car rendez-vous compte, j’avais des contraintes ! Sachez en effet que ce travail, pour une fois, servira une plus grande cause que ce modeste site. Et qu’il devrait etre, un jour, ajouté au sein d’un magazine auquel j’ai le bon goût de participer à sa création. Il me fallait donc faire avec les limites inhérentes au papier, et me caler sur une modeste page A4 tout en prenant en compte la lisibilité du texte. Sans compter sur les remarques pertinentes de mes confrères du genre “<em>T’as pensé à la pliure ?</em>” ou “<em>Et tu mets ou le numéro de page ?</em>”, &laquo;&nbsp;<em>Tiens, il manque un accent et t&#8217;as fait une faute là</em>&laquo;&nbsp;, j’en passe et des meilleures. Comme s’il fallait faire ca bien&#8230;</p>
<p>C’est donc avec une joie sans commune mesure que je ponds cet article et vous présente en avant première mon travail. Car c’est mon site, et je fais ce que je veux ici. Mouahahaha.</p>
<p><object width="420" height="315" classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/7edeOEuXdMU?version=3&amp;hl=fr_FR" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed width="420" height="315" type="application/x-shockwave-flash" src="http://www.youtube.com/v/7edeOEuXdMU?version=3&amp;hl=fr_FR" allowFullScreen="true" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" /></object></p>
<p>Et pour consulter dans les meilleures conditions cette nouvelle démonstration de journalisme total, et en admirer les étapes de fabrication, <a href="http://www.flickr.com/photos/gwendalcentrifugue/sets/72157628791807965/" target="_blank">direction ma galerie Flickr.</a></p>
<p>Sur ce, veuillez croire, Madame, Monsieur, en l’expression des mes sentiments distingués, et encore une fois, une très bonne année à tous.</p>
<p><strong>Texte, dessin : Gwen</strong></p>
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		<title>Dischord Records : le noyau dur de Washington DC 1/2</title>
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		<pubDate>Fri, 06 Jan 2012 07:20:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Gwen</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Témoin et accompagnateur de l'explosion de la scène hardcore de Washington au début des années 80 et de sa transformation durant les années 90 avec le emocore, le label  <a href="http://www.dischord.com/" target="_blank">Dischord</a> a fait cracher les enceintes avec les morceaux de Minor Threat, Fugazi, Youth Brigade ou Iron Cross. Et de révéler au grand public des musiciens comme <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Brian_Baker_(musician)" target="_blank">Brian Baker</a>, guitariste du groupe punk Bad Religion, <a href="http://www.videodrom.org/article.php3?id_article=82/" target="_blank">Henry Rollins</a> (que l'on a pu voir dans la 2e saison de <a href="http://www.sonsofanarchyfrance.net/"><em>Sons of Anarchy</em></a>) ou un certain Dave Grohl, qui officiait dans Nirvana. Petit aperçu de ce label mythique en deux parties.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Témoin et accompagnateur de l&#8217;explosion de la scène hardcore de Washington au début des années 80</strong>, et de <a href="http://centrifugue.fr/index.php/2010/05/dischord-records-le-noyau-dur-de-washington-dc-22/" target="_blank">sa transformation durant les années 90 avec le emocore</a>, <strong>le label <a href="http://www.dischord.com/" target="_blank">Dischord</a> a fait cracher les enceintes </strong>avec les morceaux de Minor Threat, Fugazi, Youth Brigade ou Iron Cross. Et révélé au grand public des musiciens comme <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Brian_Baker_(musician)" target="_blank">Brian Baker</a>, guitariste du groupe punk Bad Religion, <a href="http://www.videodrom.org/article.php3?id_article=82/" target="_blank">Henry Rollins</a> (que l&#8217;on a pu voir dans la 2e saison de <a href="http://www.sonsofanarchyfrance.net/" target="_blank"><em>Sons of Anarchy</em></a>) ou un certain Dave Grohl, qui officiait dans Nirvana. Petit aperçu de ce label mythique en deux parties.</p>
<p><strong>Fin des années 70, le punk est mort selon les médias</strong>, avec la fin tragique de Johnny Rotten. Bonjour les années 80, où le cynisme, jadis vanté par les Pistols, deviendra la doxa des yuppies. Lessivé par ses excès de <em>fixes</em> et de lignes, il va pourtant se faire botter l&#8217;arrière-train par une armée de teenagers en shorts. Black Flag à Los Angeles, Dead Kennedies à San Francisco ou <a href="http://centrifugue.fr/index.php/2010/01/bad-brains-la-fureur-du-rastapunk/" target="_blank">Bad Brains</a> à Washington DC, les pionniers de la vague punk-hardcore entrainent dans leur sillage une nuée de gamins de 16 à 18 ans qui, s&#8217;ils sont trop jeunes pour s&#8217;approprier l&#8217;esprit de révolte des Clash, ont retenu l&#8217;essentiel du message punk : s&#8217;emparer d&#8217;un instrument, foncer sur scène et balancer toute son énergie.</p>
<p><strong>La capitale américaine va ainsi connaitre au début des années 80 une explosion du punk.</strong> Issus pour la plupart des classes moyennes ou supérieures blanches, ces teenagers créent des groupes à la longévité toute relative. Quelques mois, le temps d&#8217;une répétition et d&#8217;un concert dans la garage ou la cave d&#8217;un ami d&#8217;ami.</p>
<p><!-- Dewplayer Begin--><object type="application/x-shockwave-flash" data="http://centrifugue.fr/wp-content/plugins/dewplayer-flash-mp3-player/dewplayer.swf?mp3=http://centrifugue.fr/wp-content/uploads/2010/02/DrawBlank.mp3&amp;bgcolor=FFFFFF" width="200" height="20"><param name="bgcolor" value="FFFFFF" /><param name="movie" value="http://centrifugue.fr/wp-content/plugins/dewplayer-flash-mp3-player/dewplayer.swf?mp3=http://centrifugue.fr/wp-content/uploads/2010/02/DrawBlank.mp3&amp;bgcolor=FFFFFF" /></object><!-- Dewplayer End--><a href="http://centrifugue.fr/wp-content/uploads/2010/02/DrawBlank.mp3">http://centrifugue.fr/wp-content/uploads/2010/02/DrawBlank.mp3</a><br />
<em> Draw Blank &#8211; State of Alert (SOA)</em><br />
(Pour les fans qui ne sont pas trop à cheval sur la qualité audio, vous pouvez voir un enregistrement live d&#8217;époque <a href="http://youtu.be/WFI6UAAtTaw" target="_blank">ici</a>)</p>
<p><strong>Une curiosité pour cette ville entièrement tournée vers les instances politiques</strong>. Contrairement à Los Angeles, New York ou San Francisco, DC ne dispose pas du réseau de salles ou de producteurs propres à faire connaitre ces groupes. Ni d&#8217;une grande tradition musicale (si l&#8217;on excepte des pépites comme Marvin Gaye ou Duke Ellington). Ignorés par les médias et coincés dans leur &laquo;&nbsp;trou&nbsp;&raquo;, il ne leur reste qu&#8217;une solution: se débrouiller tout seul. Trouver un endroit pour répéter ou se produire, passe encore. Mais sortir des disques, c&#8217;est une autre paire de manches. Une tâche qui n&#8217;effraie pourtant pas Ian Mc Kaye et Jeff Nelson, ex membres du groupe <a href="http://www.dischord.com/band/teen-idles" target="_blank">Teen Idles</a>.</p>
<p><object width="480" height="390" classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/19M7yUFeHoQ?version=3&amp;hl=fr_FR" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed width="480" height="390" type="application/x-shockwave-flash" src="http://www.youtube.com/v/19M7yUFeHoQ?version=3&amp;hl=fr_FR" allowFullScreen="true" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" /></object><br />
<em> Get up and go &#8211; Teen Idles</em></p>
<p><strong>Déçus de ne pas avoir pu garder une trace du groupe, ils décident, à seulement 18 ans, de lancer leur propre label : Dischord. </strong>Avec l&#8217;argent mis de coté grâce à leurs concerts (et en cumulant les petits boulots), ils sortent en décembre 80 un premier LP de Teen Idles : <em>Minor Disturbance</em>.</p>
<p><strong>Un album dont la fabrication constitue la meilleure illustration de leur philosophie</strong>. Artwork, pressage (1000 exemplaires, le minimum possible) : tout est réalisé par eux, de A à Z. Y compris les pochettes, comme le rapporte Alec Bourgeois, porte-parole de Dischord, dans un article de <a href="http://joelfrancis.com/2009/07/31/dischord-finds-harmony-in-d-c-hardcore-scene/" target="_blank">Joel Francis</a>. Avec une pochette d&#8217;album dépliée en guise de modèle et un stock de carton, chaque album est fait main. La magie du &laquo;&nbsp;Do it yourself&nbsp;&raquo;.</p>
<p><img class="alignleft" title="dischordsleeves" src="http://centrifugue.fr/wp-content/uploads/2010/02/dischord1.jpg" alt="" width="352" height="NaN" /><strong>Les disques se vendent par le bouche-à-oreille et ce premier essai permet à Dischord d&#8217;enchainer les productions. </strong>Géré par des musiciens, eux-mêmes impliqués dans la scène locale, le label attire les groupes locaux, heureux de pouvoir sortir leur album. Et ceci avec une liberté incomparable : chaque groupe peut partir quand bon lui semble. Car le but du label n&#8217;est pas d&#8217;enchainer des &laquo;&nbsp;coups&nbsp;&raquo; ou de trouver le groupe star qui permettra de leur assurer une retraite paisible.</p>
<p><strong>Il s&#8217;agit plutôt de rendre compte, documenter, témoigner de la vitalité de la scène locale.</strong> &laquo;&nbsp;<a href="http://www.npr.org/templates/story/story.php?storyId=4813825" target="_blank"><em>Placer DC sur la carte</em></a>&laquo;&nbsp;, comme le rapporte Christopher Johnson sur NPR Music. Un objectif rapidement atteint, tant les talents en présence sont nombreux. En témoigne la compilation <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Flex_Your_Head" target="_blank">Flex your Head</a>, sortie en 82 et symbole du &laquo;&nbsp;son DC&nbsp;&raquo;. <a href="http://www.dischord.com/band/iron-cross" target="_blank">Iron Cross</a>, <a href="http://www.dischord.com/band/youth-brigade" target="_blank">Youth Brigade</a>, <a href="http://www.dischord.com/band/government-issue" target="_blank">Government Issue</a>, <a href="http://www.dischord.com/band/state-of-alert" target="_blank">State of Alert</a> : la scène a largement de quoi se défendre.</p>
<p><object width="480" height="385" classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/ueOjDqlMW-U?fs=1&amp;hl=fr_FR" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed width="480" height="385" type="application/x-shockwave-flash" src="http://www.youtube.com/v/ueOjDqlMW-U?fs=1&amp;hl=fr_FR" allowFullScreen="true" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" /></object><br />
<em> Rock n roll bullshit &#8211; Government Issue</em></p>
<p><iframe width="500" height="281" src="http://www.youtube.com/embed/9p6cecxpl5c?fs=1&#038;feature=oembed" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>
<p><em> Live for Now &#8211; Iron Cross</em></p>
<p><!-- Dewplayer Begin--><object type="application/x-shockwave-flash" data="http://centrifugue.fr/wp-content/plugins/dewplayer-flash-mp3-player/dewplayer.swf?mp3=http://centrifugue.fr/wp-content/uploads/2010/02/YB_barbed.mp3&amp;bgcolor=FFFFFF" width="200" height="20"><param name="bgcolor" value="FFFFFF" /><param name="movie" value="http://centrifugue.fr/wp-content/plugins/dewplayer-flash-mp3-player/dewplayer.swf?mp3=http://centrifugue.fr/wp-content/uploads/2010/02/YB_barbed.mp3&amp;bgcolor=FFFFFF" /></object><!-- Dewplayer End--><a href="http://centrifugue.fr/wp-content/uploads/2010/02/YB_barbed.mp3">http://centrifugue.fr/wp-content/uploads/2010/02/YB_barbed.mp3</a><br />
<em> Youth Brigade &#8211; Barbed Wire</em></p>
<p><strong>Car la concurrence avec New York, sa voisine, est réelle</strong>. Ne pouvant plus jouer à Washington (les portes des salles de concerts leur étant fermées), Bad Brains explose au CBGB, poussant d&#8217;autres gamins vers le hardcore (Parmi eux, les futurs <a href="http://centrifugue.fr/index.php/2010/09/balade-dans-la-galaxie-beastie-boys-14/" target="_blank">Beastie Boys</a>). Et Big Apple de répondre avec la compilation <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/New_York_Thrash" target="_blank">New York Thrash</a> chez ROIR la même année.</p>
<p><strong>Il n&#8217;est alors pas rare d&#8217;assister à des affrontements entre les deux scènes</strong> lors de concerts où <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Mosh" target="_blank"><em>mosh</em></a> et <em>stage diving</em> sont la règle. Henry Rollins, de State of Alert et futur chanteur de <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Black_Flag_(band)" target="_blank">Black Flag</a>, et Ian Mc Kaye ne sont d&#8217;ailleurs pas les derniers à s&#8217;y adonner. Mais 83 annonce un tournant pour DC. Minor Threat, le nouveau groupe de Mc Kaye et Nelson, termine son aventure. Formé en 1980 sur les cendres des Teen Idles, il a enchainé les morceaux ravageurs, devenant l&#8217;un des groupes phare du punk-hardcore. Et deux de leurs chansons auront un impact indéniable sur l&#8217;évolution de la scène : <em>Out of Step</em> et <em>Straightedge</em>.</p>
<p><iframe width="500" height="375" src="http://www.youtube.com/embed/Qm1870K22lc?fs=1&#038;feature=oembed" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>
<p><em> Minor Threat &#8211; Out of Step</em></p>
<p><!-- Dewplayer Begin--><object type="application/x-shockwave-flash" data="http://centrifugue.fr/wp-content/plugins/dewplayer-flash-mp3-player/dewplayer.swf?mp3=http://centrifugue.fr/wp-content/uploads/2010/02/Minor_Threat-Straightedge.mp3&amp;bgcolor=FFFFFF" width="200" height="20"><param name="bgcolor" value="FFFFFF" /><param name="movie" value="http://centrifugue.fr/wp-content/plugins/dewplayer-flash-mp3-player/dewplayer.swf?mp3=http://centrifugue.fr/wp-content/uploads/2010/02/Minor_Threat-Straightedge.mp3&amp;bgcolor=FFFFFF" /></object><!-- Dewplayer End--><a href="http://centrifugue.fr/wp-content/uploads/2010/02/Minor_Threat-Straightedge.mp3">http://centrifugue.fr/wp-content/uploads/2010/02/Minor_Threat-Straightedge.mp3</a><br />
<em> Minor Threat &#8211; Straightedge</em></p>
<p><img class="alignleft" title="minorthreat" src="http://centrifugue.fr/wp-content/uploads/2010/02/dischord2.jpg" alt="" width="233" height="343" /><em>Don&#8217;t smoke/Don&#8217;t drink/Don&#8217;t fuck/At least I can fucking think</em> (Out of Step).</p>
<p><em>I&#8217;m a person just like you/But I&#8217;ve got better things to do/Than sit around and smoke dope</em> (Straightedge).</p>
<p><strong>Des textes qui se placent dans la même logique que pour Dischord.</strong> Oui, il y a des choses plus intéressantes à faire que de se droguer : jouer, ou gérer un label. <strong>Faire quelque chose de sa vie. C&#8217;est ca être punk pour Mc Kaye.</strong> Et pas terminer la soirée la tête dans son vomi.</p>
<p><strong>Mais ce qui n&#8217;était qu&#8217;une morale personnelle</strong> devient, avec le succès des morceaux et leur écho dans le public, un mouvement philosophique et musical : le <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Straight_edge" target="_blank">straightedge</a>. Une réponse au &laquo;&nbsp;<em>sex, drugs and rock n&#8217;roll</em>&nbsp;&raquo; qui a foutu en l&#8217;air une bonne partie de leurs ainés punks.</p>
<p><strong>La position est inconfortable pour Mc Kaye :</strong> il devient le père d&#8217;un mouvement dont il n&#8217;a jamais voulu être le guide. Jouer pour des individus c&#8217;est sa drogue. Pas pour une foule qui se doit de suivre une mode, avec merchandising à l&#8217;appui, quelle qu&#8217;elle soit.</p>
<p><object width="480" height="390" classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/ukqm91gz7hs?version=3&amp;hl=fr_FR" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed width="480" height="390" type="application/x-shockwave-flash" src="http://www.youtube.com/v/ukqm91gz7hs?version=3&amp;hl=fr_FR" allowFullScreen="true" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" /></object><br />
<em> Void &#8211; Dehumanized</em></p>
<p><strong>Cette limite à &laquo;&nbsp;l&#8217;esprit de scène&nbsp;&raquo;, qui lorgne de plus en plus vers l&#8217;esprit de chapelle, va s&#8217;aggraver à partir de 1984</strong>. La plupart des groupes phares de DC se sont séparés, et l&#8217;énergie des concerts se transforme en violence. Point positif au niveau musical, le hardcore va se teinter de métal, faisant la réputation d&#8217;une ville comme New York. Mais c&#8217;est aussi l&#8217;époque où les skinheads d&#8217;extrême droite viennent pourrir l&#8217;ambiance.</p>
<p><strong>La scène de DC tournait en rond, à l&#8217;image d&#8217;un <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Circle_pit" target="_blank">circle pit</a>. </strong>Il était temps de la réveiller avec un nouveau style, dont Embrace, et surtout Fugazi, autres créations de Mc Kaye, seront les précurseurs : le emocore. Mais nous verrons cela <a href="http://centrifugue.fr/index.php/2010/02/dischord-records-le-noyau-dur-de-washington-dc-12/" target="_blank">une prochaine fois</a>.</p>
<p><strong>Texte, illustration (à partir de l&#8217;album <em>Bad Brains</em>) : Gwendal<br />
Photo : <a href="http://www.flickr.com/photos/clintjcl/" target="_blank">Clint JCL</a></strong></p>
<p><strong>Discographie sélective </strong><br />
- Un incontournable sorti en 2002, la compilation en 3CD <em>20 Years of Dischord</em>. Je vous recommande de passer par <a href="http://www.dischord.com/release/125" target="_blank">Dischord</a> pour vous l&#8217;acheter. A 16 $ contre plus de 30 sur Amazon, c&#8217;est une vraie affaire.</p>
<p>- Une autre compilation à avoir pour les amateurs de hardcore oldschool, <a href="http://www.dischord.com/release/014/the-year-in-7-s" target="_blank"><em>The Year in 7&#8243;s</em></a> qui regroupe les premiers albums de State of Alert, Teen Idles, Government Issue et Youth Brigade. A noter que la version CD comporte en plus des morceaux de Minor Threat. 10 $ le CD, 11 le vinyle.</p>
<p>- La compilation <em>Flex Your Head</em> mentionnée plus haut. 32 morceaux pour 10 $ environ.</p>
<p>- <a href="http://www.dischord.com/release/040/complete-discography" target="_blank"><em>Minor Threat Complete Discography</em></a> qui regoupe 26 morceaux. Pas de grosse différence de prix ici, comptez entre 12 et 13 $.</p>
<p><strong>Liens</strong><br />
- <a href="http://www.dischord.com" target="_blank">Le site officiel</a> de Dischord et <a href="http://www.guardian.co.uk/music/2009/feb/16/label-love-dischord-records" target="_blank">un article</a> (en anglais) de Ben Meyer sur le label dans le Guardian.</p>
<p>- <a href="http://homepages.nyu.edu/~cch223/usa/minorthreat_main.html" target="_blank">Un site</a> très complet sur Minor Threat et deux interviews de Ian Mc Kaye : un <a href="http://www.avclub.com/articles/ian-mackaye,14062/" target="_blank">papier</a> de Kyle Rian sur le site AV Club et une <a href="http://www.vbs.tv/watch/soft-focus/ian-mackaye" target="_blank">vidéo</a> de Ian Svenonius pour l&#8217;émission Soft Focus.</p>
<p>- Sur la scène hardcore de Washington DC, vous pouvez vous rendre sur <a href="http://www.bannedindc.com/" target="_blank">Banned in DC</a> qui propose vidéos, interviews, flyers et infos sur les groupes. Et foncez regarder <a href="http://yellowarrow.net/capitolofpunk/index.html" target="_blank">Capitol of Punk</a>,  un &laquo;&nbsp;documentaire cartographique&nbsp;&raquo; réalisé par Christopher Allen, Kara Oehler, Jesse Shapins, Geoffrey Guinta, Nathan Phillips et Brian House.</p>
<p><strong>Bonus</strong><br />
Deux morceaux par pur plaisir personnel : un inédit dub de Minor Threat (et dispo sur <em>20 Years of Dischord</em>) et du State of Alert, parce que c&#8217;est Henry Rollins au chant et que les paroles ne sont pas sans rappeler un bon vieux <a href="http://centrifugue.fr/index.php/2010/06/exploited-wattie-le-vilain-petit-canard-a-crete/" target="_blank">Exploited</a>.<br />
<!-- Dewplayer Begin--><object type="application/x-shockwave-flash" data="http://centrifugue.fr/wp-content/plugins/dewplayer-flash-mp3-player/dewplayer.swf?mp3=http://centrifugue.fr/wp-content/uploads/2010/02/Minor_Threat-Asshole_Dub.mp3&amp;bgcolor=FFFFFF" width="200" height="20"><param name="bgcolor" value="FFFFFF" /><param name="movie" value="http://centrifugue.fr/wp-content/plugins/dewplayer-flash-mp3-player/dewplayer.swf?mp3=http://centrifugue.fr/wp-content/uploads/2010/02/Minor_Threat-Asshole_Dub.mp3&amp;bgcolor=FFFFFF" /></object><!-- Dewplayer End--><a href="http://centrifugue.fr/wp-content/uploads/2010/02/Minor_Threat-Asshole_Dub.mp3">http://centrifugue.fr/wp-content/uploads/2010/02/Minor_Threat-Asshole_Dub.mp3</a><br />
<em>Minor Threat &#8211; Asshole Dub</em><br />
<!-- Dewplayer Begin--><object type="application/x-shockwave-flash" data="http://centrifugue.fr/wp-content/plugins/dewplayer-flash-mp3-player/dewplayer.swf?mp3=http://centrifugue.fr/wp-content/uploads/2010/02/Public_Defender.mp3&amp;bgcolor=FFFFFF" width="200" height="20"><param name="bgcolor" value="FFFFFF" /><param name="movie" value="http://centrifugue.fr/wp-content/plugins/dewplayer-flash-mp3-player/dewplayer.swf?mp3=http://centrifugue.fr/wp-content/uploads/2010/02/Public_Defender.mp3&amp;bgcolor=FFFFFF" /></object><!-- Dewplayer End--><a href="http://centrifugue.fr/wp-content/uploads/2010/02/Public_Defender.mp3">http://centrifugue.fr/wp-content/uploads/2010/02/Public_Defender.mp3</a><br />
<em>State of Alert &#8211; Public Defender</em></p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Quelques grammes de brutalité dans un monde de finesse (2/2) : le death metal</title>
		<link>http://centrifugue.fr/2011/quelques-grammes-de-brutalite-dans-un-monde-de-finesse-22-le-death-metal/</link>
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		<pubDate>Wed, 28 Dec 2011 14:03:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Gwen</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Après avoir donné un petit apercu du grindcore, passons donc à son frère, tout aussi énervé mais plus vicieux : le death metal. Né en Floride dans les années 80, il prolonge la vague thrash metal (Slayer, Metallica, etc.). Proche du grindcore par l'imaginaire développé et une musique combinant vitesse et impact, le death a apporté sa pierre au métal grâce à son approche "chirurgicale". Une petite exploration s'impose donc, ou, plus approprié, une plongée dans ses entrailles.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Après avoir donné un petit apercu du<a href="http://centrifugue.fr/index.php/2010/02/quelques-grammes-de-brutalite-dans-un-monde-de-finesse-12-le-grindcore/" target="_blank"> grindcore</a>, passons donc à son frère, tout aussi énervé mais plus vicieux : le death metal.</strong> Né en Floride dans les années 80, il prolonge la vague thrash metal (Slayer, Metallica, etc.). Proche du grindcore par l&#8217;imaginaire développé et une musique combinant vitesse et impact, le death a apporté sa pierre au métal grâce à son approche &laquo;&nbsp;chirurgicale&nbsp;&raquo;. Une petite exploration s&#8217;impose donc, ou, plus approprié, une plongée dans ses entrailles.</p>
<p><strong>Peu d&#8217;intéret à décliner ici un historique détaillé du genre si ce n&#8217;est pour abuser du copier-coller.</strong> Comme mentionné auparavant dans le papier sur le grindcore, le death metal s&#8217;est divisé depuis plus de 20 ans en sous genres, eux-mêmes s&#8217;entrecroisant. De quoi y perdre son latin même pour un spécialiste. Une simple consultation de l&#8217;<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Death_metal" target="_blank">article</a> disponible sur Wikipedia, de bonne qualité, suffira déja à débroussailler la zone. Mais si l&#8217;on souhaite pousser plus loin sa compréhension du genre, <em>Choosing Death &#8211; The History of Deathmetal and Grindcore</em> de Robert Mudrian est à l&#8217;heure actuelle l&#8217;ouvrage le plus complet consacré à la question. Une traduction française est d&#8217;ailleurs disponible au éditions <a href="http://www.camionblanc.com/?p=detail_livre&amp;ID=72" target="_blank">Camion blanc</a>.</p>
<p><strong>Si l&#8217;on souhaite donner une image la plus fidèle et concise pour le grand public, le rapprochement avec Slayer, comme l&#8217;explique Mudrian, apparaît le plus judicieux.</strong> Le jeu est rapide, très technique. L&#8217;univers est morbide, réccupérant l&#8217;imagerie satanique déja existante dans le métal (Black Sabbath par exemple), tout en y apportant une dose d&#8217;ironie et d&#8217;humour noir et/ou une certaine mélancolie.</p>
<p><object width="480" height="385" classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/9vWHObeuyZA?fs=1&amp;hl=fr_FR" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed width="480" height="385" type="application/x-shockwave-flash" src="http://www.youtube.com/v/9vWHObeuyZA?fs=1&amp;hl=fr_FR" allowFullScreen="true" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" /></object></p>
<p><em>Slayer &#8211; Black Magic 1983 (Avec une pochette qui peut concourir avec celle de <a href="http://2.bp.blogspot.com/_cRu7JHjuWJs/SLNN7pqG7XI/AAAAAAAACTg/B5rKT6ut8tI/s320/metal%2520magic.jpg" target="_blank">Metal Magic</a>, le premier album de Pantera, en terme de laideur graphique)</em></p>
<p><img class="alignleft" title="death2" src="http://centrifugue.fr/wp-content/uploads/2010/02/death2.jpg" alt="" width="343" height="343" /><strong>Pas de grande révolution donc. Mais une volonté, au point de vue musical et thématique, de pousser plus loin ce qu&#8217;ont fait leurs ainés</strong>. Cela se caractérise en premier lieu par les pochettes d&#8217;albums (qui n&#8217;en a jamais choisi un en fonction de ce critère ?) volontairement provocantes. Films d&#8217;horreurs, symbolique démoniaque ou imagerie plus clinique, ces images ne sont pas vraiment du goût des ligues de vertu. Cela tombe bien, c&#8217;est précisement le but ! Une manière comme une autre de choquer le bon bourgeois qui ira jusqu&#8217;à créer des sous-genres à l&#8217;imagerie extrême, comme le gore-grind, dévolu aux effusions de sang et de tripes.</p>
<p><strong>Citer Slayer comme référence est certes pertinent pour dépeindre cet univers mais le véritable « guide » du death metal, d&#8217;un point de vue musical, n&#8217;est autre que&#8230; <a href="http://www.deathtribute.msanthrope.com/" target="_blank">Death</a>.</strong> Création du chanteur et guitariste Chuck Schuldiner, Death n&#8217;est pas à l&#8217;origine du terme death metal (on le doit au groupe américain <a href="http://www.metal-rules.com/where/Possessed.htm" target="_blank">Possessed</a> avec sa démo <em>Death Metal</em>) mais son impact artistique est indéniable.</p>
<p><strong>Musicien de génie, ayant appris la guitare en autodidacte et sachant s&#8217;entourer de pointures</strong> (comme Steve DiGiorgio à la basse ou Gene Hoglan à la batterie pour les plus connus), Schuldiner peut se classer au niveau des grands maîtres de la musique classique. Mort à 34 ans d&#8217;un cancer du tronc cérébral (et surtout à cause du système de santé américain), il aura en l&#8217;espace de 7 albums (dont des chefs d&#8217;oeuvre comme <em>Symbolic</em>, <em>Human</em> ou <em>Sound of Perseverance</em>), posé les bases du genre.</p>
<p><object width="480" height="385" classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/-KTK0MbOobQ&amp;hl=fr_FR&amp;fs=1&amp;" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed width="480" height="385" type="application/x-shockwave-flash" src="http://www.youtube.com/v/-KTK0MbOobQ&amp;hl=fr_FR&amp;fs=1&amp;" allowFullScreen="true" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" /></object></p>
<p>Si la Floride a offert de nombreux groupes au death metal (l&#8217;incontournable <a href="http://www.morbidangel.com/" target="_blank">Morbid Angel</a>, qui aura aussi une très grande influence, <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Deicide" target="_blank">Deicide</a>, <a href="http://www.obituary.cc/" target="_blank">Obituary</a>, etc.),<strong> l&#8217;Angleterre n&#8217;as pas été en reste</strong>. Et le Death sauce menthe verte n&#8217;est autre que <a href="http://www.myspace.com/carcass" target="_blank">Carcass.</a></p>
<p><object width="560" height="340" classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/mZiX0Thteio&amp;hl=fr_FR&amp;fs=1&amp;" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed width="560" height="340" type="application/x-shockwave-flash" src="http://www.youtube.com/v/mZiX0Thteio&amp;hl=fr_FR&amp;fs=1&amp;" allowFullScreen="true" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" /></object><br />
<strong> Preuve d&#8217;ailleurs que grind et death sont liés, le groupe a débuté par le premier, avant de devenir le fer de lance du death dit mélodique</strong>, modèle pour les groupes nordiques. Ces accointances grind-death se retrouvent également chez <a href="http://www.boltthrower.com/" target="_blank">Bolt Thrower</a>. Un groupe certes moins incontournable qu&#8217;un Carcass mais qui est passé d&#8217;un grind sauvage et brouillon à du death aussi lourd et massif qu&#8217;un panzer chargeant des cavaliers polonais.</p>
<p><object width="480" height="385" classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/2Bc-ZC1EF18?fs=1&amp;hl=fr_FR" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed width="480" height="385" type="application/x-shockwave-flash" src="http://www.youtube.com/v/2Bc-ZC1EF18?fs=1&amp;hl=fr_FR" allowFullScreen="true" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" /></object></p>
<p>Stoppons cependant ici l&#8217;exposé historique avant que ce texte ne fasse un kilomètre de long (je vous renvoie à nouveau vers <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Death_metal" target="_blank">l&#8217;article sur Wikipedia</a> pour la suite) et <strong>revenons plutôt à ce qui constitue le death-metal : une musique de passionnés, à l&#8217;instar du jazz.</strong> Encore hésitant à ses débuts, le jeu « death-metal » va voir son niveau d&#8217;exigence s&#8217;élever de plus en plus et, désormais, à moins de vouloir jouer « old school », faire du death demande des talents de musiciens que nombre de groupes, dans d&#8217;autres styles musicaux, sont loin d&#8217;avoir. Exemple d&#8217;un tel niveau, le batteur belge du groupe <a href="http://www.soilwork.org/" target="_blank">Soilwork</a>, Dirk Verbeuren, étudiant puis enseignant au Musical International Academy de Nancy, l&#8217;un des centres les plus prestigieux en Europe.</p>
<p><object width="425" height="344" classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/QcXVnyiQjBE&amp;hl=fr&amp;fs=1&amp;" /><embed width="425" height="344" type="application/x-shockwave-flash" src="http://www.youtube.com/v/QcXVnyiQjBE&amp;hl=fr&amp;fs=1&amp;" /></object></p>
<p><strong>Cette passion de la musique se manifeste également par l&#8217;expérimentation. </strong>Précurseurs, à la fin des années 80, de la fusion entre jazz et death, mentionnons à ce titre <a href="http://www.atheistmusic.com/" target="_blank">Atheist</a> et <a href="http://www.cynicalsphere.com/" target="_blank">Cynic</a> (formé par Paul Masvidal et Sean Reinert, anciens de Death). Comme nous en avions parlé dans le précédent article, le death va dans les années 90 se marier à d&#8217;autres styles, apportant une touche de folie à ce genre qui peut sembler froid aux néophytes.</p>
<p>Musique tsigane avec <a href="http://www.myspace.com/estradasphere" target="_blank">Estradasphere</a>, délires de crooner avec <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Mike_Patton" target="_blank">Mike Patton</a>, classique avec <a href="http://www.myspace.com/spawnofpossession" target="_blank">Spawn of Possession</a>, folk avec <a href="http://www.finntroll.net/" target="_blank">Finntroll</a> ou <a href="http://www.trollfest.com/" target="_blank">Trollfest</a> (même si l&#8217;on peut chipoter entre death et black metal), world music avec les Français de <a href="http://www.gojira-music.com/" target="_blank">Gojira</a> (qui ont d&#8217;ailleurs joué avec le groupe sibérien <a href="http://www.yat-kha.com/" target="_blank">Yat-Kha</a>) et même rap avec <a href="http://www.necroproduct.com/" target="_blank">Necro</a>, vous avez l&#8217;embarras du choix et donc plus d&#8217;excuses pour ne pas succomber au toucher fatal du death metal !</p>
<p><object width="425" height="344" classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/yGywo81G6lk&amp;hl=fr&amp;fs=1&amp;" /><embed width="425" height="344" type="application/x-shockwave-flash" src="http://www.youtube.com/v/yGywo81G6lk&amp;hl=fr&amp;fs=1&amp;" /></object></p>
<p><em>Finntroll &#8211; Trollhammeren </em>(&laquo;&nbsp;Chauffe Marcel ! Chauffe !&nbsp;&raquo;)</p>
<p><strong>Dessin, texte : Gwendal (et un grand merci à Youen pour son aide)</strong></p>
<p><strong>Pour aller plus loin :</strong></p>
<ul>
<li>Un <a href="http://www.wikihow.com/Appreciate-Death-Metal" target="_blank">petit guide</a> (en anglais) pour apprécier le death metal</li>
<li>Un <a href="http://newsgroups.derkeiler.com/Archive/Rec/rec.music.gdead/2006-02/msg00428.html" target="_blank">article</a> de Jim Fusilli (en anglais) paru dans le Wall Street Journal à propos du death-metal et de sa technique de chant si particulière.</li>
<li>Un autre <a href="http://metal.nightfall.fr/index.php?idgrp=2741&amp;idchoix=7041&amp;rubchoix=7" target="_blank">article</a> (en français) consacré au death-metal sur le site Nightfall</li>
<li>Un <a href="http://agns.libsyn.com/index.php?post_id=479844" target="_blank">podcast</a> dédié au label Earache, spécialisé en death et grind, est disponible sur All Go No Slow</li>
<li>Envie d&#8217;une radio consacrée au death ? C&#8217;est par <a href="http://death.fm/" target="_blank">ici</a></li>
<li>N&#8217;hésitez pas également à consulter également les autres liens du papier sur le <a href="http://centrifugue.fr/index.php/2010/02/quelques-grammes-de-brutalite-dans-un-monde-de-finesse-12-le-grindcore/" target="_blank">grindcore</a>.</li>
</ul>
<p><strong>En bonus</strong><br />
La double pédale est une des marques de fabrique du death, mais le batteur Louie Bellson n&#8217;a pas attendu les années 80 pour s&#8217;en servir, et avec quelle maestria :</p>
<p><object width="480" height="385" classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/nBQWaCLlK9Y&amp;hl=fr_FR&amp;fs=1&amp;" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed width="480" height="385" type="application/x-shockwave-flash" src="http://www.youtube.com/v/nBQWaCLlK9Y&amp;hl=fr_FR&amp;fs=1&amp;" allowFullScreen="true" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" /></object></p>
<p>Nous ne pouvions pas terminer notre petit tour du death metal sans ajouter une touche féminine avec <a href="http://www.archenemy.net/" target="_blank">Arch Enemy</a>, créé par Michael Amott, ancien guitariste de Carcass, et sa charmante chanteuse, Angela Gossow.<br />
<object width="425" height="344" classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/wMGpcjzb67Q&amp;hl=fr_FR&amp;fs=1&amp;" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed width="425" height="344" type="application/x-shockwave-flash" src="http://www.youtube.com/v/wMGpcjzb67Q&amp;hl=fr_FR&amp;fs=1&amp;" allowFullScreen="true" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" /></object></p>
]]></content:encoded>
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		<title>Mème pas mal : papa</title>
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		<pubDate>Tue, 20 Dec 2011 01:31:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Gwen</dc:creator>
				<category><![CDATA[Mème pas mal]]></category>
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		<description><![CDATA[Le mois de décembre, son sapin, ses blancs flocons sa flotte en continu et bien sûr la Noël. La joie des enfants, des étoiles dans les yeux, déballant leurs présents avec l’excitation d’un trader cocaïnomane. Et bien sur son repas de fête et la crise de foie qui s’ensuit. Mais Noël c’est aussi l’occasion de se retrouver en famille. Celle que l’on a pas forcément le temps de revoir aussi souvent qu’on le voudrait. Or, à l’occasion de ces fêtes, je me devais de vous présenter un exemple édifiant de personne ô combien étrange et atypique, à l’influence ô combien délétère pour la jeunesse de notre beau pays : mon père.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Le mois de décembre, son sapin, <del>sa flotte en continu</del> ses blancs flocons et bien sûr la Noël.</strong> La joie des enfants, des étoiles dans les yeux, déballant leurs présents avec l’excitation d’un trader cocaïnomane. Et bien sur son repas de fête et la crise de foie qui s’ensuit. Mais Noël c’est aussi l’occasion de se retrouver en famille. Celle que l’on a pas forcément le temps de revoir aussi souvent qu’on le voudrait  <a class="simple-footnote" title="C’est vrai quoi, j’ai mon 1.800e dessin à finir avant. Vous comprenez rien aux artistes de toute facon !" id="return-note-3888-1" href="#note-3888-1"><sup>1</sup></a>. Or, à l’occasion de ces fêtes, je me devais de vous présenter un exemple édifiant de personne ô combien étrange et atypique, à l’influence pernicieuse pour la jeunesse de notre beau pays : <strong>mon père.</strong></p>
<div class="wp-caption alignnone" style="width: 353px"><img class="  " src="http://centrifugue.fr/wp-content/uploads/2011/12/kine1.jpg" alt="" width="343" height="331" /><p class="wp-caption-text">Non, attendez, c&#39;est pas la bonne....</p></div>
<p>Reprenons.</p>
<p>Mon père :</p>
<div class="wp-caption alignnone" style="width: 560px"><img class="     " src="http://centrifugue.fr/wp-content/uploads/2011/12/kine2.jpg" alt="" width="550" height="412" /><p class="wp-caption-text">Raaah, mais non !</p></div>
<p>Pouf, pouf.</p>
<p>Mon père, donc :</p>
<div class="wp-caption alignnone" style="width: 581px"><img class="      " src="http://centrifugue.fr/wp-content/uploads/2011/12/kine3.jpg" alt="" width="571" height="427" /><p class="wp-caption-text">Ah, enfin !</p></div>
<p><strong>Bien entendu, je vous vois déjà venir. Le lien de parenté doit certainement embrumer mon jugement journalistique.</strong> Vous devez vous dire que je suis foutu, et qu’à ce rythme je vais bientôt vous pondre une chronique dithyrambique sur le dernier album de Bénabar.</p>
<p><strong>Que nenni, vous répondrai-je ! J’ai un dossier béton.</strong> Des preuves irréfutables quant au caractère profondément perturbant de cette personne. Cet homme a en effet une lubie depuis plus de 30 ans : éduquer ses enfants. Dingue vous dis-je.</p>
<p><object width="420" height="315" classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/aPiAvi9vVbo?version=3&amp;hl=fr_FR" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed width="420" height="315" type="application/x-shockwave-flash" src="http://www.youtube.com/v/aPiAvi9vVbo?version=3&amp;hl=fr_FR" allowFullScreen="true" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" /></object><br />
<em>Presque aussi dingue que lui d&#8217;ailleurs.</em></p>
<p><strong>Le pire c’est ce que cela a commencé très tôt.</strong> Dès que j’ai pu disposer des capacités de motricité et de coordination suffisantes, il est ainsi devenu mon dealer de Lego. Sous les flots de briques colorées, mes constructions cyclopéennes et autres robots transformables prenaient forme sous ses yeux. Et rien ne pouvait arrêter cette folie de la construction. Mais déjà, la sueur coulant le long de son échine, il sentait l’heure fatidique arriver. Celle qui éprouve plus d’un parent. Le moment où ce con de mioche sait lire.</p>
<p><strong>Il a tenté de ruser au départ</strong>, pour m’éloigner de la bibliothèque, en me racontant des histoires avant de dormir. Mais ca ne prenait pas. Elles n’étaient même pas écrites, il les inventait ! Alors il a effectué un repli stratégique. “<em>Pas de bouquins, lis plutot mes vieux illustrés</em>”. La BD, c’est bien connu, ca détourne les enfants des livres où y a plein de lignes et pas d’images.</p>
<p><strong>Manque de bol pour lui,</strong> dans son stock <a href="http://centrifugue.fr/2010/fred-voyage-a-travers-les-cases/" target="_blank">on trouvait du Fred</a>, notamment les aventures de Philémon manifestement écrites sous LSD, des Asterix avec ce fourbe de Goscinny qui fout des double sens partout dans ses dialogues, du Druillet et ses dessins démoniaques, des <a href="http://centrifugue.fr/2011/franquin-les-faces-un-peu-cachees-du-maitre-de-la-bd/" target="_blank">Gaston Lagaffe</a>, et son ode perverse à la paresse et l’inventivité. Et, pire que tout, l’oeuvre du démon. Celle qui me fera découvrir, un jour funeste, le concept du second degré. <strong>Oui, vous l’avez deviné, il s’agit de ce triste sire de Gotlib</strong> <a class="simple-footnote" title="Et je vous raconte pas le choc quand on tombe sur Pervers Pépère à 10 ans" id="return-note-3888-2" href="#note-3888-2"><sup>2</sup></a><strong>.</strong></p>
<div class="wp-caption alignnone" style="width: 601px"><img class="  " src="http://centrifugue.fr/wp-content/uploads/2011/12/kinegotlib.jpg" alt="" width="591" height="745" /><p class="wp-caption-text">Quelques années plus tard, j’ai d’ailleurs découvert l’atroce vérité. Gotlib connaissait personnellement mon père. Masseur kinésithérapeute de son état, il avait en effet servi d’inspiration pour la réalisation de deux planches pour la Rubrique à Brac. (Il a rasé sa moustache depuis, afin de garder l’anonymat, mais cette ruse n’était pas suffisante pour mon oeil acéré).</p></div>
<p><strong>Dès lors c’était foutu.</strong> Il ne pouvait que tenter de canaliser ma soif de connaissances. Mythologie, <a href="http://centrifugue.fr/2011/bwitologie-le-requin-12/" target="_blank">requins</a>, astrophysique, Egypte antique, Rabelais, etc. J’avalais les bouquins les uns après les autres, tel Larry Kubiak avec des victuailles. Et mon père, desespéré, voyait son budget livres augmenter en flèche. Jusqu’à devoir construire de ses propres mains une bibliothèque pour éviter que les piles de livres ne s’écroulent un jour sur moi ou ma soeur.</p>
<p><iframe src="http://www.dailymotion.com/embed/video/x2cu6w" frameborder="0" width="480" height="360"></iframe><br />
<em>Brel non stop quand on est gosse. Voila de l&#8217;éducation spartiate.</em></p>
<p>Et ce n’est pas tout. Cet homme a du subir de nombreuses autres épreuves. Me faire visiter le parc de Préhistoire de Malansac quand j’étais accro au dinosaures puis la forêt de Brocéliande parce que je voulais voir la tombe de Merlin. Sans parler de traverser la France entière pour que je puisse aller baver sur les originaux de Franquin au musée de la BD à Bruxelles. En plus je l’ai même battu aux échecs lors de ce voyage.</p>
<p><strong>Bref, il a vécu l’enfer.</strong></p>
<p><strong>Mais il tenait toujours.</strong> Maitre chinois, expert dans la technique foudroyante du “<em>Ma main de kiné en acier trempé dans ta gueule si tu déconnes de trop</em>”, il a réussi à tempérer mon caractère de cheval fougueux. Après des heures de méditation sous sa férule, répétant les mantras “<em>Il faut apprendre quelque chose de nouveau chaque jour, même la plus inutile</em>” et “<em>Sois capable de te regarder en face dans un miroir</em>”, j’ai progressivement pu atteindre des niveaux supérieurs de conscience.</p>
<p><strong>Jusqu’à l’illumination, la découverte du sens de la vie, le nirvana :</strong> Regarder ensemble <em>Le Bon, la Brute et le Truand</em> <a class="simple-footnote" title="Film qui peut, à la rigueur, être remplacé par De l&#8217;or pour les braves" id="return-note-3888-3" href="#note-3888-3"><sup>3</sup></a> en mangeant un chili con carne fait maison.</p>
<p><object width="560" height="315" classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/pmdAsL1n6q4?version=3&amp;hl=fr_FR" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed width="560" height="315" type="application/x-shockwave-flash" src="http://www.youtube.com/v/pmdAsL1n6q4?version=3&amp;hl=fr_FR" allowFullScreen="true" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" /></object></p>
<p>Ne parler de cette personne que sur la foi de mon expérience subjective, aussi édifiante soit-elle, serait cependant aller contre ma mission de journaliste total.</p>
<p>Après une enquête approfondie sur son activité professionnelle, je me suis ainsi rendu compte qu’il s’était mis en tête, depuis qu’il a eu son diplôme, de faire honnêtement son boulot. Traiter les personnes âgées dignement. Soigner un patient à la fois. Ou arrêter les séances quand celui-ci est guéri. Comme si c’était ça le boulot de kiné&#8230; Non mais franchement.</p>
<p><strong>Pire que ça, il veut aussi voir le monde.</strong> Se confronter à d’autres cultures. Voir un peu plus loin que son charmant bourg léonard, où fleure bon l’ouverture d’esprit. Et, parce qu’il est aussi farceur, faire flipper sa femme en allant dans les endroits les plus improbables. Si vous ne me croyez, j’ai ici des preuves flagrantes, subtilisées dans ses archives. Images qui démontrent en plus qu’il est assez fou pour <a href="http://voyage-bons-plans.aufeminin.com/mon-espace/kergunic" target="_blank">prendre plaisir à la photographie</a>. Alors que tout le monde sait bien qu’en dehors du dessin, point de salut.</p>
<p><img class="alignnone" src="http://centrifugue.fr/wp-content/uploads/2011/12/kine7.jpg" alt="" width="620" height="465" /></p>
<p><img class="alignnone" src="http://centrifugue.fr/wp-content/uploads/2011/12/kine6.jpg" alt="" width="593" height="444" /></p>
<p><img class="alignnone" src="http://centrifugue.fr/wp-content/uploads/2011/12/kine5.jpg" alt="" width="593" height="444" /></p>
<p><img class="alignnone" src="http://centrifugue.fr/wp-content/uploads/2011/12/kine4.jpg" alt="" width="635" height="476" /></p>
<p><strong>Tout ceci, chers lecteurs, ne devrait vous amener qu’à une seule et unique conclusion : cet individu n’est pas normal.</strong> Sous prétexte de vouloir être un honnête homme et, pire, de faire en sorte que ses enfants le soient aussi, il s’est volontairement mis en dehors de la norme. Tel Lucifer il a préféré les périphéries au centre. Le doute à la certitude. La culture au bon sens près de chez vous.</p>
<p>A ce titre, Centrifugue, le site qui continue fièrement, à l’image de l’<a href="http://www.pourton.info/2010/06/04/lenfer-du-vatican/" target="_blank">Enfer du Vatican</a>, son travail d’isolement des personnes et oeuvres suspectes, ne pouvait donc qu’ajouter mon père à sa collection déjà chargée.</p>
<p>Il l’a bien mérité.</p>
<p><object width="420" height="315" classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/wl-mtTzZVjE?version=3&amp;hl=fr_FR" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed width="420" height="315" type="application/x-shockwave-flash" src="http://www.youtube.com/v/wl-mtTzZVjE?version=3&amp;hl=fr_FR" allowFullScreen="true" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" /></object></p>
<p>Et de très bonnes fêtes à tous !</p>
<p><strong>Texte : Gwen</strong><br />
<strong> Images : Gotlib, archives familiales et photos de Michel</strong></p>
<div class="simple-footnotes"><p class="notes">Notes:</p><ol><li id="note-3888-1">C’est vrai quoi, j’ai mon 1.800e dessin à finir avant. Vous comprenez rien aux artistes de toute facon ! <a href="#return-note-3888-1">&#8617;</a></li><li id="note-3888-2">Et je vous raconte pas le choc quand on tombe sur Pervers Pépère à 10 ans <a href="#return-note-3888-2">&#8617;</a></li><li id="note-3888-3">Film qui peut, à la rigueur, être remplacé par <em>De l&#8217;or pour les braves</em> <a href="#return-note-3888-3">&#8617;</a></li></ol></div>]]></content:encoded>
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		<title>Repack : les aventuriers des films perdus</title>
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		<pubDate>Sat, 10 Dec 2011 10:35:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Gwen</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Petits bijoux de l’animation, oeuvres baroques du récemment disparu Ken Russell, épisodes cultes de L’Oeil du Cyclone, films policiers et westerns italiens de la grande époque, documentaires oubliés ou nanars cinq étoiles,... Autant de créations artistiques qui ont, il y a quelques dizaines d’années de cela, marqué durablement le spectateur avide d’expériences en tous genres. Oui mais voila, bien souvent celles-ci ne sont plus que des souvenirs auxquels on repense la larme à l’oeil. VHS ensevelies dans les rayons d’un Cash Affaires, scène manquantes pour cause de réédition sauvage, unique diffusion un soir à la télévision, absence d’une édition DVD en magasin, ces oeuvres sont marquées du sceau “Introuvable”. Une fatalité que certains passionnés ont cependant décidé de combattre en proposant, grâce à la magie des Internettes, ces trésors archéologiques enfouis. Partons donc à la rencontre de ces Indiana Jones des temps modernes. Tatalata tatataaa !]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Petits bijoux de l’animation, oeuvres baroques du <a href="http://www.lemonde.fr/carnet/article/2011/11/28/le-realisateur-britannique-ken-russell-est-mort_1610213_3382.html" target="_blank">récemment disparu Ken Russell</a>, épisodes cultes de <a href="http://centrifugue.fr/2011/loeil-du-cyclone-le-troisieme-oeil-cathodique/" target="_blank">L’Oeil du Cyclone</a>, films policiers et westerns italiens de la grande époque, documentaires oubliés ou nanars cinq étoiles,&#8230;</strong> Autant de créations artistiques qui ont, il y a quelques dizaines d’années de cela, marqué durablement le spectateur avide d’expériences en tous genres. Oui mais voila, bien souvent celles-ci ne sont plus que des souvenirs auxquels on repense la larme à l’oeil. VHS ensevelies dans les rayons d’un Cash Affaires, scènes manquantes pour cause de réédition sauvage, unique diffusion un soir à la télévision, absence du DVD en magasin, ces oeuvres sont marquées du sceau “Introuvable”. Une fatalité que certains passionnés ont cependant décidé de combattre en proposant, grâce à la magie des Internettes, ces trésors archéologiques enfouis. Partons donc à la rencontre de ces Indiana Jones des temps modernes. <em>Tatalata tatataaa !</em></p>
<p><object width="560" height="315" classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/3UfAdMTof_A?version=3&amp;hl=fr_FR" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed width="560" height="315" type="application/x-shockwave-flash" src="http://www.youtube.com/v/3UfAdMTof_A?version=3&amp;hl=fr_FR" allowFullScreen="true" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" /></object></p>
<p><em>Evidemment, le métier est un peu physique&#8230;</em></p>
<p><strong>Ils s’appellent Charles Lee Ray, Indiana Gilles ou Vir Daucalis. Trois aventuriers, parmi tant d’autres sur le web, que leur passion du cinéma a mené sur des sentiers sinueux et escarpés : celui du repack.</strong> Qu’est ce donc que ce néologisme me direz vous ? Et bien, pour faire simple, car tel est le but du journaliste total, il s’agit de reconditionner un film afin de le rendre de nouveau accessible au spectateur. Cas le plus commun : la numérisation d’une antique VHS des années 80 qui n’a pas eu le droit depuis à une version DVD. Mais cela peut être aussi une version originale inédite ou l’apport d’une version française qui n’était plus proposée.</p>
<p><strong>Un véritable travail d’éditeur, guidé par des goûts propres,</strong> qui, grâce à Internet et aux techniques de numérisation, prend de plus en plus d’importance sur la Toile française. Preuve en est la création, en mai 2009, du blog <a href="http://lesintrouvables.blogspot.com/" target="_blank">La Caverne des Introuvables</a>, auxquels participent nos trois repackeurs, et qui est devenu un point de rencontre pour toutes ces initiatives individuelles. Après deux ans de travail de ses membres, ce sont plusieurs centaines de films, documentaires et dessins animés, impossibles à trouver de manière légale, qui sont désormais archivés.</p>
<h2>Passion et DIY</h2>
<p><strong>L’exemple parfait de la culture du Do it yourself (DIY)</strong> dont j’avais pu déjà vous entretenir à propos de <a href="http://centrifugue.fr/2010/dischord-records-le-noyau-dur-de-washington-dc-12/" target="_blank">Dischord Records</a>. L&#8217;absence d’une offre légale est ainsi comblée par le travail de fourmi de tous ces repackers. Et permettent ainsi l’accès à des oeuvres oubliées. Et, au vu de leurs efforts, on peut se rendre compte que la passion est un puissant moteur. Avec les logiciels disponibles sur le net, tout un chacun peut s’il le souhaite s’y mettre. Cependant, numériser un film à partir d’une VHS, caler des sous titres ou la version française voire ajouter des scènes manquantes demande un sacré investissement, même pour un fan de films bis.</p>
<p><strong>C’est par exemple le cas d’Indiana Gilles qui se consacre particulièrement à la restauration des versions françaises,</strong> en mixant qualité d’image du film en DVD et bande son issue de sa version VHS : “<em>Si le cinéma est ma grande passion, j&#8217;ai toujours été curieux à propos des doublages français qui, selon moi, ne méritent pas toute la haine des &laquo;&nbsp;puristes&nbsp;&raquo; de la version originale (VO). Je considère version française (VF) et VO comme distinctes et complémentaires. Certaines VF sont d&#8217;ailleurs totalement cultes, telles que celles d&#8217;</em>Amicalement Votre<em> ou encore de </em>Starsky et Hutch<em>, deux séries qui ont d&#8217;ailleurs connu plus de succès en France que dans leur pays d&#8217;origine, ce qui n&#8217;est sûrement pas un hasard.</em>” Si ce soin apporté au doublage n’est malheureusement plus la norme de nos jours  <a class="simple-footnote" title="Ca reste un avis personnel. Cela dit le décalage entre la sortie dans le film d’origine et celle en France est de plus en plus réduite d’où, mécaniquement, moins de temps pour fignoler. Rajoutons à cela moins de liberté pour les doubleurs, qui doivent de plus en plus coller au texte original, et la peur du piratage, les maisons de doublage travaillant sur des versions tronquées d’un film (Les doubleurs ne peuvent voir par exemple que les lèvres des acteurs)" id="return-note-3869-1" href="#note-3869-1"><sup>1</sup></a>, il convient ainsi de préserver les VF de qualité, car, comme l’explique toujours Indiana Gilles, elles font également partie de nos souvenirs d’enfance voire, oserai-je, du patrimoine.</p>
<p><object width="420" height="315" classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/IPtjFV5Ek9g?version=3&amp;hl=fr_FR" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed width="420" height="315" type="application/x-shockwave-flash" src="http://www.youtube.com/v/IPtjFV5Ek9g?version=3&amp;hl=fr_FR" allowFullScreen="true" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" /></object><br />
<em>Quand le doublage apporte un plus indéniable. Bon, c&#8217;est pas forcément le meilleur exemple pour parler de fidélité à la version originale car il fait voler en éclats par l&#8217;absurde toute tension dramatique, mais il fallait bien rendre hommage à Philippe Ogouz <a class="simple-footnote" title="Interview super intéressante pour comprendre le contexte du doublage de Ken le survivant sur Hokuto.free" id="return-note-3869-2" href="#note-3869-2"><sup>2</sup></a> dans cette partie.</em></p>
<p><strong>Et je ne vous parle pas du travail de minutie pour synchroniser image et son.</strong> Ou plutôt laissons la parole à Charles Lee Ray : “<em>Après l’importation de la piste audio et la vidéo d’un DVD étranger sur un logiciel de montage audio, deux possibilités se présentent : soit le frame rate (nombre d’images par seconde) des deux sources est le même, et il suffit alors de caler l’audio avec l’image au début d’un film sur le claquement d’une porte ou la détonation d’une arme à feu par exemple. Soit les frame rates sont différents (par exemple la vidéo est en NTSC à 23,976 images par seconde et l’audio est en PAL à 25 images par seconde) et la c’est impossible à caler.</em>”</p>
<p><strong>Mais pas pour un repacker digne de ce nom !</strong> A l’aide d’un autre logiciel, celui-ci va changer la durée de la bande audio, tout en gardant la même tonalité et permettre ainsi de la recaler sur l’image. Cependant les ennuis ne s’arrêtent pas la : “<em>Il y a bien entendu pas mal de soucis liés à la vitesse de défilement de bande sur les magnétoscopes analogiques qui peuvent varier et donc fausser la synchronisation. Mais aussi des différences dans le montage entre les versions des films, suivant le pays où ils ont été exploités. Il n’y alors pas d’autre solution que de tailler dans la bande son et jouer avec les filtres pour étirer ou réduire la durée l’audio sur ces passages récalcitrants.</em>” Et pour certains films, cela tient de la restauration en profondeur, comme le repack de <em><a href="http://lesintrouvables.blogspot.com/2011/02/nouveau-lien-la-proie-de-lauto-stop.html" target="_blank">La proie de l’autostop</a></em> par Charles Lee Ray : “<em>Ce fut l’un des plus longs à caler car le montage français à été énormément censuré et même carrément modifié pour en faire un autre film avec une fin bien différente. De mémoire il manque presque 20 minutes sur la VF.</em>” <strong>Si c’est pas du travail de passionné, ca&#8230;</strong></p>
<h2>Légalité contre éthique</h2>
<p>Je vois cependant se lever la main fébrile de notre cher lecteur de Carpentras. Oui Jean-Pierre, va y, n’ait pas peur : “<em>Ben voila, z’ont l’air vachement sympa vos repackers, mais mettre à disposition des films, ca serait pas du vol, du plagiat ?&nbsp;&raquo;</em></p>
<p><object width="420" height="315" classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/XrSmUA-oKi4?version=3&amp;hl=fr_FR" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed width="420" height="315" type="application/x-shockwave-flash" src="http://www.youtube.com/v/XrSmUA-oKi4?version=3&amp;hl=fr_FR" allowFullScreen="true" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" /></object></p>
<p>Merci pour votre question pour le moins pertinente mon cher Jean-Pierre, car vous touchez l’autre aspect du DIY, à savoir l’éthique.</p>
<p><strong>Si l’on retrouve moults points communs avec les groupes de hackers</strong> dans le mode d’organisation et la vision d’une culture qui doit être accessible au plus grand nombre, les repackers dignes de ce nom ne se considèrent pas du tout comme des pirates. Car il ne s’agit pas de mettre à disposition le dernier blockbuster sorti en salles, arriver à déjouer les sécurités présentes sur un DVD et encore moins d’en tirer profit.</p>
<p><strong>Chaque film proposé sur la Caverne des introuvables est ainsi effacé dès qu’un éditeur se décide à le commercialiser.</strong> Et les contributeurs ont toujours tenu à se démarquer de ceux, moins bien intentionnés, qui ont cherché à monétiser ce travail <a class="simple-footnote" title="Je ne les citerai pas pour ne pas leur faire de pub mais, pour résumer, les liens en direct download proposés par la Caverne étaient modifiés, via Linkbucks, afin qu&#8217;à chaque téléchargement une somme leur soit versée" id="return-note-3869-3" href="#note-3869-3"><sup>3</sup></a>.</p>
<p>C’est ce qu’explique bien Indiana Gilles : “<em>Pour moi c&#8217;est clair : je suis contre toute forme de piratage. Que ce soit au niveau de la musique, des jeux, du cinéma&#8230; La Caverne retire d&#8217;ailleurs un film s&#8217;il est commercialisé. En revanche, si personne ne propose le film légalement et de manière honnête ou complète, ce n&#8217;est pour moi pas pareil. Je sais très bien que tout ça n&#8217;est pas vraiment légal mais c&#8217;est toléré car il n&#8217;y a dans cette démarche aucune intention de nuire ni même de gagner de l&#8217;argent dans ces partages. Proposer ces œuvres c&#8217;est justement, pour moi, faire preuve d&#8217;un grand respect car on ne veut pas qu&#8217;elles tombent dans l&#8217;oubli. Je dirais même plus, en proposant ces films je n&#8217;ai qu&#8217;un espoir : c&#8217;est qu&#8217;un éditeur se rende compte qu&#8217;ils ont du potentiel et qu&#8217;ils peuvent être commercialisés. En gros, je considère que la Caverne maintient certains films et doublages en vie et qu&#8217;elle leur fait même de la pub. Aux éditeurs de prendre la balle au bond. S&#8217;il y avait un quelconque esprit de piratage là-dedans, je n&#8217;y participerais pas.</em>”</p>
<p>Rajoutons également que ce partage est aussi une manière de contourner des prix excessifs pratiqués sur des VHS épuisées (souvent plus de 40 euros voire, hallucinant compte tenu de la qualité de ce &laquo;&nbsp;film&nbsp;&raquo;, <a href="http://www.priceminister.com/offer/buy/2317459/Fais-Gaffe-A-La-Gaffe-VHS.html" target="_blank">70 euros pour <em>Fais gaffe à Lagaffe</em></a> dont je vous avais causé dans <a href="http://centrifugue.fr/2011/franquin-les-faces-un-peu-cachees-du-maitre-de-la-bd/" target="_blank">mon article sur Franquin</a> ou <a href="http://www.priceminister.com/offer/buy/3439482/Moi-Fleur-Bleue-VHS.html" target="_blank">50 euros</a> pour <em><a href="http://lesintrouvables.blogspot.com/2011/12/moi-fleur-bleue.html" target="_blank">Moi, fleur bleue</a></em> avec Jean Yanne).</p>
<p><strong>Les contours de la communauté partageuse sur Internet restent cependant flous, car elle regroupe plusieurs familles.</strong> Pour Vir Daucalis, on peut distinguer trois courants principaux : <strong>le “repackeur / sous titreurs” de vieux films</strong>, que l’on retrouve principalement autour de la Caverne des introuvables, <strong>les sous-titreurs de films récents</strong> et non édités ou diffusés en France, le plus souvent des films d’horreur, que l’on retrouve sur les gros forums de téléchargement et enfin <strong>les “repackeurs / sous titreurs” de films et dessins animés japonais</strong>, peu édités également, ou alors en VHS, en France. Ces derniers se consacrant presqu’exclusivement à ce genre. Et c’est sans compter sur le débat “sous titres incrustés ou non dans la vidéo” qui brouille encore les frontières  <a class="simple-footnote" title="Plus d’infos sur le sujet dans les commentaires du film Bandits à Milan" id="return-note-3869-4" href="#note-3869-4"><sup>4</sup></a></p>
<p><strong>Du point de vue légal, nous rentrons également dans une zone grise,</strong> entre culture gratuite et instantanée du net et industrie du cinéma. Le fait de proposer des films, gratuitement ou non, porte atteinte au droit d’auteur, car une oeuvre ne tombe dans le domaine public que 70 ans après la mort de son auteur. Mais, dans la pratique, si ce droit n’est pas utilisé, qui peut du coup s’en trouver lesé ?</p>
<p>Cela ne semble pas le cas en tout cas des éditeurs, comme le dit Vir Daucalis : “<em>Je ne pense pas que cela dérange beaucoup les éditeurs puisque, ce que nous proposons, ils ne le proposent pas (en tout cas, pas dans la Caverne) quand le DVD n&#8217;a pas été édité. Parfois, il n&#8217;y a aucun éditeur, le film n&#8217;ayant jamais été édité, même pas en cassette (c&#8217;est le cas du sous-titrage). Il y a juste un cas de figure que je trouve délicat, c&#8217;est quand le DVD est édité en France mais dans une version un peu différente.</em>”</p>
<p><strong>Face au droit d’auteur, toujours nécessaire pour préserver le travail et la place de l’artiste, le repack renverse la situation en affirmant une sorte de “droit du spectateur”.</strong> Le droit de découvrir ou revoir une oeuvre, en dépit de sa non rentabilité, et cela de la manière qu’on le souhaite  <a class="simple-footnote" title="Version originale remontée et censée être la plus fidèle à la vision du réalisateur ou version française et son coté madeleine de Proust. Voir également à ce propos l’exemple des épisodes 4,5 et 6 de Star Wars, qui ne sont plus visibles dans leur version originale" id="return-note-3869-5" href="#note-3869-5"><sup>5</sup></a>. Et rien que pour cela, le travail de nos trois repackers et leurs collègues est salutaire.</p>
<h2>Et les films dans tout ca ?</h2>
<p>S’il convenait de vous présenter ce joyeux univers du repack, <strong>ce papier n’aurait pas été complet sans s’attarder sur quelques pièces d’une grande rareté et magnifiquement ciselées.</strong> Alors lançons nous dans une visite express du musée.</p>
<h3><a href="http://lesintrouvables.blogspot.com/2011/11/half-human.html" target="_blank">Half Human</a></h3>
<p><object width="420" height="315" classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/R3IeatcjeHU?version=3&amp;hl=fr_FR" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed width="420" height="315" type="application/x-shockwave-flash" src="http://www.youtube.com/v/R3IeatcjeHU?version=3&amp;hl=fr_FR" allowFullScreen="true" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" /></object></p>
<p>Un très bon exemple de film introuvable avec ce <em>Half Human</em>, mis à disposition dans son montage original japonais. Réalisé par Ishiro Honda (le papa de <em>Godzilla</em>), ce film de la Toho a en effet dû être retiré suite à une plainte des <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/A%C3%AFnous_(ethnie_du_Japon)" target="_blank">Aïnous</a>, dépeints comme des barbares. Une curiosité que je n&#8217;ai pas encore testée mais saluons déjà le boulot de Titou qui, en plus de l&#8217;avoir déniché, s&#8217;est également occupé des sous-titres.</p>
<h3><a href="http://lesintrouvables.blogspot.com/2011/09/companeros-version-longue.html" target="_blank">Vamos a matar companeros</a></h3>
<p><object width="560" height="315" classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/WgJooD6x8aw?version=3&amp;hl=fr_FR" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed width="560" height="315" type="application/x-shockwave-flash" src="http://www.youtube.com/v/WgJooD6x8aw?version=3&amp;hl=fr_FR" allowFullScreen="true" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" /></object></p>
<p>Le haut du panier en terme de western spaghetti. Réalisé par Sergio Corbucci (<em>Django</em>, <em>Le Grand Silence</em>, <em>Navajo Joe</em>) et avec les deux stars italiennes Franco Nero et Tomas Milian. Violence, humour, aventures picaresques, Jack Palance en super bad guy et un sous-texte politique pas déplaisant. La version disponible, proposée par Indiana Gilles, comporte plus de 13mn de scènes additionnelles, coupées dans le montage proposé en DVD.</p>
<h3><a href="http://lesintrouvables.blogspot.com/2011/10/bandits-milan.html" target="_blank">Bandits à Milan</a></h3>
<p><object width="560" height="315" classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/frHAxTBFlHc?version=3&amp;hl=fr_FR" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed width="560" height="315" type="application/x-shockwave-flash" src="http://www.youtube.com/v/frHAxTBFlHc?version=3&amp;hl=fr_FR" allowFullScreen="true" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" /></object></p>
<p>Un grand merci à Vir Daucalis pour avoir exhumé ce film de 1968 (et passé sans doute quelques longues nuits à réaliser les sous titres) qui peut se targuer d’avoir lancé, aidé trois ans plus tard par le succès international de <em>L’inspecteur Harry,</em> le genre très populaire dans les années 70 du <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Poliziotteschi" target="_blank">poliziotteschi</a>, alors que l’Italie était en proie à la violence mafieuse et politique. Basé sur un fait divers, le film de Carlos Lizzani se veut très réaliste et ne fait pas dans la dentelle. A noter la présence en vedette de Gian Maria Volonte (Ramon, dans <em>Pour une poignée de dollars</em> de Sergio Leone).</p>
<h3><a href="http://lesintrouvables.blogspot.com/2011/09/vidocq-contre-cagliostro.html" target="_blank">Lupin III, le chateau de Cagliostro / Vidocq contre Cagliostro</a></h3>
<p><object width="560" height="315" classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/Fm56VcqsHoU?version=3&amp;hl=fr_FR" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed width="560" height="315" type="application/x-shockwave-flash" src="http://www.youtube.com/v/Fm56VcqsHoU?version=3&amp;hl=fr_FR" allowFullScreen="true" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" /></object></p>
<p>Le premier film réalisé pour le cinéma par le grand Hayao Miyazaki (<em>Mon voisin Totoro</em>, <em>Ponyo sur la falaise</em>) et mettant en scène les aventures d’un lointain héritier d’Arsène Lupin. Fun, dynamique, avec des personnages haut en couleur, c’est toujours un plaisir de le voir plus de 30 ans après. Ce film est déjà disponible en DVD mais le tour de force d’Indiana Gilles a été de mixer deux des trois doublages disponibles (celle issue de la VHS des années 80 et la nouvelle sur le DVD édité dans les années 2000) pour obtenir une version intégrale avec les doublages originaux, jugés les plus soignés. Et parmi le casting vocal, soulignons la présence du grand Philippe Ogouz (qui a prêté sa voix à Capitaine Flam ou Ken le Survivant, excusez du peu).</p>
<h3><a href="http://lesintrouvables.blogspot.com/2011/11/il-etait-une-fois-en-amerique_30.html" target="_blank">Il était une fois en Amérique</a></h3>
<p><object width="560" height="315" classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/mzhX2PD6Srw?version=3&amp;hl=fr_FR" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed width="560" height="315" type="application/x-shockwave-flash" src="http://www.youtube.com/v/mzhX2PD6Srw?version=3&amp;hl=fr_FR" allowFullScreen="true" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" /></object></p>
<p>Normalement tout le monde a vu ce chef d’oeuvre mais, grâce encore à Indiana Gilles, aidé de Charles Lee Ray, il est enfin possible de revoir le doublage français original, et supervisé par Leone lui-même, qui n’est pas disponible sur le DVD.</p>
<h3><a href="http://lesintrouvables.blogspot.com/search/label/L%27ODC" target="_blank">L’oeil du Cyclone</a></h3>
<p><object width="560" height="315" classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/qsB3XWR4rEQ?version=3&amp;hl=fr_FR" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed width="560" height="315" type="application/x-shockwave-flash" src="http://www.youtube.com/v/qsB3XWR4rEQ?version=3&amp;hl=fr_FR" allowFullScreen="true" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" /></object></p>
<p><a href="http://centrifugue.fr/2011/loeil-du-cyclone-le-troisieme-oeil-cathodique/" target="_blank">Ayant déja longuement parlé cette émission complétement barrée</a>, je n’y reviendrai donc pas. Mais voila le cas typique d’une oeuvre diffusée une fois à la télévision et qui, depuis, n’était plus visible. Sauf pour les heureux propriétaires de magnétoscopes qui avaient eu le réflexe de les enregistrer. Vous pouvez également retrouver les épisodes de l’Oeil du Cyclone sur <a href="http://vimeo.com/channels/231310" target="_blank">la chaine Viméo qui lui est dédiée</a>.</p>
<h3><a href="http://lesintrouvables.blogspot.com/2010/05/marquis.html" target="_blank">Marquis</a></h3>
<p><iframe src="http://www.dailymotion.com/embed/video/x98fw6" frameborder="0" width="480" height="300"></iframe><br />
<a href="http://www.dailymotion.com/video/x98fw6_marquis-de-henri-xhonneux-et-roland_creation" target="_blank">Marquis de henri Xhonneux et Roland Topor 1989</a> <em>par <a href="http://www.dailymotion.com/mekas28" target="_blank">mekas28</a></em><br />
Peut-être pas la meilleure oeuvre du grand Roland Topor  <a class="simple-footnote" title="Au scénario et à la direction artistique. Henri Xhonneux, déja derrière la caméra pour Téléchat, s’occupant de la réalisation" id="return-note-3869-6" href="#note-3869-6"><sup>6</sup></a> mais assurément un trésor car, pour des raisons qui m’échappent, le DVD a été supprimé à la vente. A la fois cru, grinçant et onirique, un très bel hommage au Marquis de Sade.</p>
<p><span class="Apple-style-span" style="font-size: 15px; font-weight: bold;"><a href="http://lesintrouvables.blogspot.com/2009/11/laube-des-damnes.html" target="_blank">L’aube des damnés</a></span><br />
<object width="420" height="315" classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/hwpGLkOByxk?version=3&amp;hl=fr_FR" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed width="420" height="315" type="application/x-shockwave-flash" src="http://www.youtube.com/v/hwpGLkOByxk?version=3&amp;hl=fr_FR" allowFullScreen="true" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" /></object></p>
<p>Réalisé en 1963, un an après l’indépendance, par le Centre national du cinéma algérien, ce documentaire d’Ahmed Rachedi, avec au scénario le grand insoumis <a href="http://lesintrouvables.blogspot.com/2011/05/lodc-rene-vautier-lindomptable.html" target="_blank">René Vautier</a>, retrace la lutte des peuples contre l’oppression. Une pièce d’histoire à voir.</p>
<p><span class="Apple-style-span" style="font-size: 15px; font-weight: bold;"><a href="http://lesintrouvables.blogspot.com/2011/09/lempreinte-de-la-justice.html" target="_blank">L’empreinte de la justice</a></span><br />
<object width="420" height="315" classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/KBqI5NV3dw0?version=3&amp;hl=fr_FR" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed width="420" height="315" type="application/x-shockwave-flash" src="http://www.youtube.com/v/KBqI5NV3dw0?version=3&amp;hl=fr_FR" allowFullScreen="true" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" /></object></p>
<p>Sorti en salles en 1976, ce documentaire fleuve de Marcel Ophüls (<em><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Chagrin_et_la_Piti%C3%A9" target="_blank">Le chagrin et la pitié</a></em>) se penche sur le procès de Nuremberg et son impact sur la société allemande. Assez dérangeant pour certains car Ophüls n’hésite pas à tracer des parallèles entre les méthodes employées par les nazis et celles des Français en Algérie ou des Américains au Vietnam. Un bon réflexe de Judex qui a pu l’enregistrer lors de son unique passage à la télévision, aucun DVD n’étant disponible en France à l’heure actuelle.</p>
<p><span class="Apple-style-span" style="font-size: 15px; font-weight: bold;"><a href="http://lesintrouvables.blogspot.com/2010/09/les-deux-crocodiles.html" target="_blank">Les deux crocodiles</a></span><br />
<object width="420" height="315" classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/YzSJ8HXQq60?version=3&amp;hl=fr_FR" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed width="420" height="315" type="application/x-shockwave-flash" src="http://www.youtube.com/v/YzSJ8HXQq60?version=3&amp;hl=fr_FR" allowFullScreen="true" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" /></object></p>
<p>Terminons par du plus léger avec ce film, disponible seulement en VHS, de Joel Seria (<em>Les Galettes de Pont Aven</em>), dont je causerai un peu plus dans un article futur sur le grand Jean-Pierre Marielle. Joel Seria et Jean-Pierre Marielle c’est déjà un combo qui fait saliver tout cinéphile de bon goût, mais quand on découvre qu’il y a aussi Jean Carmet et que l’action se passe du côté de Quimper <a class="simple-footnote" title="Et sa gare routière !" id="return-note-3869-7" href="#note-3869-7"><sup>7</sup></a>, ca serait un crime de ne pas le voir.</p>
<p><span class="Apple-style-span" style="font-size: 15px; font-weight: bold;"><a href="http://lesintrouvables.blogspot.com/2011/07/le-chouchou-de-lasile.html" target="_blank">Le chouchou de l’asile / Comment se faire virer de l&#8217;hosto</a></span><br />
<object width="560" height="315" classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/eLe2mCAgd-8?version=3&amp;hl=fr_FR" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed width="560" height="315" type="application/x-shockwave-flash" src="http://www.youtube.com/v/eLe2mCAgd-8?version=3&amp;hl=fr_FR" allowFullScreen="true" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" /></object></p>
<p>Le travail d’archéologue du cinéma permet de ramener à la surface des trésors, mais aussi certains “trucs”, créés par des forces impies, qui n’auraient jamais dû quitter les abysses. Et Le chouchou de l’asile est de ceux la. Scénario confondant, acteurs jouant comme des savates, gags misérables et touche de bon goût avec croix gammées et “<em>Heil !</em>” tonitruants toutes les 30s. A réserver aux spectateurs les plus déviants.</p>
<h2>A vos VHS, prêt, partez !</h2>
<p>Un peu de technique pour conclure. Si d’aventure vous possédez vous aussi des raretés du cinématographe qu’aucun éditeur n’a jusqu’ici dévoilé, et que vous êtes prêts à y consacrer plusieurs heures de restauration, voici quelques logiciels qui devraient vous aider :</p>
<p><strong><a href="http://www.pinnaclesys.com/PublicSite/fr/Home/" target="_blank">Pinnacle.</a></strong> Un logiciel qui importe sur ordinateur la vidéo présente dans un DVD et la découpe<br />
plan par plan. Pratique pour synchroniser image et son.</p>
<p><strong><a href="http://virtualdubmod.sourceforge.net/" target="_blank">VirtualDubMod.</a></strong> Permet d’extraire le son d’un film, modifier la fréquence d’images ou recompresser la vidéo au format souhaité.</p>
<p><strong><a href="http://www.goldwave.com/" target="_blank">Goldwave.</a></strong> Editeur audio numérique, très pratique pour nettoyer la bande son fatiguée d&#8217;une VHS.</p>
<p><strong><a href="http://www.urusoft.net/products.php" target="_blank">Subtitle Workshop.</a></strong> Comme son nom l’indique, un outil destiné à créer et éditer les sous titres destinés à votre vidéo.</p>
<p>Sur ce, j’adresse un grand merci à Charles Lee Ray, Indiana Gilles, Vir Daucalis et Acromega pour le temps qu’ils ont bien voulu me consacrer pour cet article. Quant à vous, chers lecteurs, je vous laisse explorer vous-même ce monde magnifique, où vous devriez découvrir à coup sûr le film que vous cherchiez depuis des années en vain. Ou même tomber sur des oeuvres dont vous n’aviez jamais entendu parler jusqu’ici.</p>
<p><strong>Texte, dessin : Gwen</strong></p>
<p><strong>Sites :</strong><br />
<a href="http://lesintrouvables.blogspot.com" target="_blank"> La Caverne des introuvables</a><br />
<a href="http://indianagilles.over-blog.com/" target="_blank"> Le blog d’Indiana Gilles</a><br />
<a href="http://backtothemovieposters.blogspot.com/" target="_blank"> Le blog de Charles Lee Ray</a> consacré aux affiches et photos de cinéma</p>
<p>A lire également, <a href="http://dj716.blogspot.com/2011/02/acro-de-la-caverne-des-introuvables.html" target="_blank">une interview d&#8217;Acromega, gardien de la Caverne des introuvables, sur le blog 716 que je vois la vie</a></p>
<div class="simple-footnotes"><p class="notes">Notes:</p><ol><li id="note-3869-1">Ca reste un avis personnel. Cela dit le décalage entre la sortie dans le film d’origine et celle en France est de plus en plus réduite d’où, mécaniquement, moins de temps pour fignoler. Rajoutons à cela moins de liberté pour les doubleurs, qui doivent de plus en plus coller au texte original, et la peur du piratage, les maisons de doublage travaillant sur des versions tronquées d’un film (Les doubleurs ne peuvent voir par exemple que les lèvres des acteurs) <a href="#return-note-3869-1">&#8617;</a></li><li id="note-3869-2"></em><a href="http://hokuto.free.fr/interview.htm" target="_blank">Interview super intéressante</a> pour comprendre le contexte du doublage de Ken le survivant sur Hokuto.free<em> <a href="#return-note-3869-2">&#8617;</a></li><li id="note-3869-3">Je ne les citerai pas pour ne pas leur faire de pub mais, pour résumer, <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Direct_download" target="_blank">les liens en direct download</a> proposés par la Caverne étaient modifiés, via Linkbucks, afin qu&#8217;à chaque téléchargement une somme leur soit versée <a href="#return-note-3869-3">&#8617;</a></li><li id="note-3869-4">Plus d’infos sur le sujet dans <a href="http://lesintrouvables.blogspot.com/2011/10/bandits-milan.html" target="_blank">les commentaires du film Bandits à Milan</a> <a href="#return-note-3869-4">&#8617;</a></li><li id="note-3869-5">Version originale remontée et censée être la plus fidèle à la vision du réalisateur ou version française et son coté madeleine de Proust. Voir également à ce propos l’exemple des épisodes 4,5 et 6 de Star Wars, qui ne sont plus visibles dans leur version originale <a href="#return-note-3869-5">&#8617;</a></li><li id="note-3869-6">Au scénario et à la direction artistique. Henri Xhonneux, déja derrière la caméra pour <em>Téléchat</em>, s’occupant de la réalisation <a href="#return-note-3869-6">&#8617;</a></li><li id="note-3869-7">Et sa gare routière ! <a href="#return-note-3869-7">&#8617;</a></li></ol></div>]]></content:encoded>
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		<item>
		<title>Leçon de choses : Ne fais pas aux autres ce que tu ne veux pas que l&#8217;on te fasse</title>
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		<pubDate>Thu, 08 Dec 2011 12:25:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Gwen</dc:creator>
				<category><![CDATA[Leçon de choses]]></category>

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		<description><![CDATA[Une nouvelle leçon de choses qui vous fera voyager aux confins de l'univers. Mais laissons la parole à notre fidèle John Malback.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>Une nouvelle leçon de choses qui vous fera voyager aux confins de l&#8217;univers. Mais laissons la parole à notre fidèle John Malback.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Insatiables lecteurs, impénétrables lectrices, bonsoir.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans notre monde moderne saturé d&#8217;informations, de mouvements, de tensions, de malentendus et de stress, les relations sociales se parent d&#8217;un niveau de complexité et de sensibilité jamais atteint dans l&#8217;histoire de notre espèce. Le<em> statu quo</em> sur lequel se fonde l&#8217;ordre public dans les sociétés civilisées ne tient qu&#8217;à un fil, celui de la bienséance et de la politesse contrôlée. Deux fils en fait donc ; bienséance, politesse, auxquels on pourrait ajouter le savoir-vivre… Alors disons trois fils, ok, ok.</p>
<p style="text-align: justify;">D&#8217;aucuns regrettent que nos relations socio-spatiales soient à ce point codifiées par un ensemble d&#8217;habitus stricts et formels ; d&#8217;autres avancent que la politesse ne serait que la robe attrayante de l&#8217;hypocrisie, perfide poison du vivre-ensemble. Et gare à celui qui ne serait pas un virtuose dans le maniement de l&#8217;étiquette, à l&#8217;empathie sensible et au verbe mesuré, car la mise à l&#8217;écart du groupe (et donc, la mort sociale) est le seul tribut des parias, fussent-ils francs et honnêtes, dans ce monde sans pitié.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais, au fond, la paix sociale ne vaut-elle pas ces petits écarts à la Vérité, ces entorses à l&#8217;honnêteté ne sont elles-pas le mal nécessaire au renforcement de ce lien social si tenu, si fragile, si pur, si délicat, que nous retournons de nos doigts gourds et tremblants, craignant de le briser telle la nuque d&#8217;une jeune fille entre les mains d&#8217;un serial killer <a class="simple-footnote" title="Tsin !" id="return-note-3830-1" href="#note-3830-1"><sup>1</sup></a> sociopathe aux bouffées de haine compulsives ? Mmh ?</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Que serait-en effet un monde sans libertés surveillées, sans barrières légales, sans carcans moralistes, sans filtres philosophiques, pour nous empêcher de nous foutre sur la gueule ?</strong> L&#8217;un de ces artefacts moraux, véritable construction mentale développée à travers les siècles par les religieux et les législateurs de tout poil, se résume à ce fameux concept de « <em>La liberté des uns s&#8217;arrête là où commence celle des autres</em> », ou dit autrement, « <em>Ne fais pas aux autres ce que tu ne voudrais pas que l&#8217;on te fasse</em> ». Étrangement, ce concept qui prend à rebrousse poil les instincts primaires de l&#8217;Homo Sapiens Sapiens est peu ou prou considéré par tout un chacun comme supérieur et nécessaire pour lutter contre la fracture sociale, comme la super-glue qui unit les doigts de l&#8217;enfant malhabile en un moignon imparfait certes, mais irrémédiablement soudé. Bédame oui ! Car sinon, c&#8217;est l&#8217;anarchie, le chaos, la révolution, la guerre, ou pire encore, le communisme.</p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est, en substance, la ligne rouge qui va sous-tendre le récit d&#8217;avant-garde que je m&#8217;apprête, si vous le voulez bien, à vous livrer humblement ce soir.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>A bord de <em>La Sémillante</em>, frégate plénipotentiaire de classe VeGon-IV, Haute stratosphère de Voluptiia (orbite basse), Système planétaire Claris Morgana, année 2684 (flux temporel terrestre)</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft" title="changekirby" src="http://farm6.staticflickr.com/5232/5881225066_299b37bd92_z.jpg" alt="" width="366" height="512" />Par l&#8217;immense baie vitrée qui couvrait un pan entier de sa vaste cabine, située sur le flanc bâbord, en proue de la frégate, le professeur Randall K. Sonovabitch regardait d&#8217;un œil absent le vide intersidéral, où dérivaient de manière quasi immobile de très lointaines étoiles, des nuages de poussière spatiale et autres antédiluviennes constellations, témoins célestes de l&#8217;éternité du continuum espace-temps. L&#8217;étoile double qui n&#8217;en finissait pas de mourir au large de Septimus Prime éclairait les sobres lignes métalliques du bureau d&#8217;une lueur blafarde, et faisait scintiller les boutons dorés ornant la veste militaro-chic (stricte, mais confortable et élégante) du professeur ainsi que les glaçons qui s&#8217;entrechoquaient dans son verre de scotch presque vide. Randall fit pivoter sa chaise, et d&#8217;un effleurement du doigt sur l&#8217;une des commandes de son bureau, fit descendre le rideau moléculaire composite sur la baie vitrée. Aussitôt couverte, la baie passa en mode « ambiant » et se mit à diffuser des formes mouvantes et des couleurs abstraites, en une suite fluide et ininterrompue de combinaisons de halos de lumière soi-disant relaxants.</p>
<p style="text-align: justify;">Randall n&#8217;était pas trop relaxé, en fait. Non seulement à cause du vol (il souffrait toujours d&#8217;une certaine appréhension lorsqu&#8217;il quittait l&#8217;orbite d&#8217;une planète pour sauter en alter-espace, seul passage réellement délicat du voyage, même s&#8217;il savait que les pilotes cybernétisés et intégrés à l&#8217;ordinateur de bord étaient absolument infaillibles) mais aussi à cause de la conversation qui devait suivre dans les minutes à venir, particulièrement sensible. Il n&#8217;aurait que quelques mots à dire, mais quels mots ! Il avait l&#8217;impression de passer l&#8217;oral coef. 24 de son Examen Total à l&#8217;Académie Militaire Terrestre, le plus grand stress de sa vie pourtant riche d&#8217;expériences. Une responsabilité énorme, en vérité, car le sort d&#8217;un monde était entre ses mains, rien que ça.</p>
<p style="text-align: justify;">Sa mission des trois derniers mois &#8211; son « contrat » comme l&#8217;appelaient les têtes d&#8217;œuf du Mainboard &#8211; s&#8217;achevait dans un franc succès, et il était temps pour lui de livrer ses conclusions ; nul doute qu&#8217;il serait félicité, et que la promotion suivrait avec les honneurs… Mais, comme le disait un vieux proverbe martien, il ne fallait pas vendre la carapace du Trůghůuth avant de lui avoir arraché les tentacules. Il se resservit un scotch de synthèse, inséra un holodisk dans une fente dissimulée du bureau, et immédiatement son écran virtuel apparut, fins traits de lumière polarisée flottant devant lui, sur lesquels il laissa glisser ses doigts délicatement et rapidement, avec l&#8217;aisance dactylographique que lui conféraient une trentaine d&#8217;année de pratique des consoles de commandes qui sont le quotidien de l&#8217;homme du futur.</p>
<p style="text-align: justify;">Une fois l&#8217;ADN de Randall identifié par les récepteurs de son Personnal Data Analyzer, les métadonnées compilées sur l&#8217;holodisk se chargèrent en quelques fractions de nanosecondes sur son serveur privé. En quelques mouvements de doigts il les envoya vers l&#8217;encrypteur. Après avoir sécurisé les données, il pourrait les forwarder au Mainboard, dès qu&#8217;ils entreraient en alter-espace et que le réseau serait généré. D&#8217;après les indications en provenance de la salle des propulseurs qui s&#8217;affichaient sur son écran, ils avaient encore une bonne demi-heure avant d&#8217;être à portée de saut dimensionnel. Il entreprit machinalement de revoir son rapport, pensif. Plongé dans sa lecture, c&#8217;est à peine s&#8217;il sentit le léger tremblement annonçant la poussée des réacteurs de la <em>Sémillante</em>, qui tentait d&#8217;échapper à l&#8217;attraction de Voluptiia, et de toute ses forces élançait ses cent-soixante-cinq mille tonnes d&#8217;acier et de technologie futuriste vers l&#8217;immensité de l&#8217;espace infini, tel un albatros cyberpunk surfant sur un jet-stream en slow motion.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><img class="alignleft" title="whitepeony" src="http://farm6.staticflickr.com/5300/5557938441_ef4eae6f99.jpg" alt="" width="400" height="400" />Voluptiia, huitième planète du système Claris Morgana, et seule accueillant la vie dans ce coin perdu du cosmos, avait été découverte il y a quelques années.</strong> La vieille <em>Isabelle Balkany</em>, énorme et hideux cargo humain franco-européen transportant les pièces et les machines nécessaire aux réparations du Dôme-prison de Castelvania-II sur la Bordure Extérieure, avait subi pour des raisons inconnues de sévères avaries de calculateur d&#8217;alter-espace lors de son départ. C&#8217;était un miracle que le cargo ait réussi à quitter l&#8217;hyper-vitesse lumière sans se désintégrer instantanément sur un trou noir ou une supernova de passage. Apres avoir dévié pendant de précieuses picosecondes de leur trajet initial, les 300 occupants du vaisseau étaient sortis indemnes du maelstrom spatio-temporel à quelques années-lumière de distance de Claris Morgana. Au bord du désespoir, perdus aux confins du néant dans une coque de métal à la dérive, ils avaient repéré in extremis des formes de vie sur leurs scanners, découvert et rencontré les Voluptiiens, réussi à réparer leur vaisseau et étaient rentrés sains et saufs sur Terre, bien qu&#8217;avec 37 ans et 8 mois de retard sur l&#8217;horaire initial, relativité oblige. Certes Castelvania-II était entretemps devenue une antichambre de l&#8217;enfer, avec ses cinquante mille prisonniers psychotiques IVD <a class="simple-footnote" title="Insanely Violent and Dangerous" id="return-note-3830-2" href="#note-3830-2"><sup>2</sup></a> en liberté sur le Dôme, et il y avait eu une recrudescence de blagues sur la qualité des supercalculateurs aérospatiaux français ; mais surtout, une nouvelle civilisation avait été découverte ! Encore une me direz-vous, oui, mais quelle civilisation !</p>
<p style="text-align: justify;">Les rescapés de la <em>Balkany</em> étaient insatiables sur Voluptiia et ses habitants. Une vraie description du Paradis, mais genre la version kitsch des témoins de Jéhovah et des pubs pour shampoings, avec l&#8217;agneau qui joue avec le lion, les gens plongés dans une béatitude sans fin, dans un environnement magnifiquement préservé et harmonieux. Les récits et témoignages collectés par les services secrets français avaient beau être classés Über-Secret Défense, les membres de l&#8217;équipage du cargo réduits au silence dans un endroit confidentiel, des infos avaient filtré, reprises et plus ou moins modifiées par les canaux médiatiques, pour finalement faire de Voluptiia une légende urbaine, un hoax pour les uns, une conspiration pour les autres, un mythe pour tous.</p>
<p><img class="alignleft" title="downsyndrome" src="http://farm5.staticflickr.com/4052/5128386948_0e4fe4e347.jpg" alt="" width="226" height="500" /></p>
<p style="text-align: justify;">La vérité, c&#8217;est que Voluptiia existait bel et bien, et que Randall avait été mandaté par le Mainboard de l&#8217;UAC (Union Aerospace Corporation) en tant qu&#8217;expert en sociologie alien pour la première mission officielle de prise de contact, supportée par l&#8217;Alliance Terrienne et le Fonds Monétaire du Système Solaire. Ça, c&#8217;était la version officielle. En réalité, le but inavoué des « Douze Dragons » du Mainboard était d&#8217;analyser les ressources naturelles et sociétales de cette nouvelle planète et leur potentiel économique, industriel et culturel. Si les faits se révélaient être à la hauteur des espérances du Mainboard, et de ses ennemis et concurrents, une fantastique course de vitesse s&#8217;engagerait, une ruée vers l&#8217;or intergalactique. Et si les Douze arrivaient à garder l&#8217;avantage, Randall recevrait une très discrète mais très généreuse rétro-commission, via un vrai-faux job de « consulting » pour Washington, le Président himself ayant grassement profité du support et du lobbying agressif du Mainboard, en échange du soutien des USA à la mission.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce n&#8217;était pas la première fois que Randall faisait ce genre de boulot, il était régulièrement employé par des corpos poly-globales de ce type quand il n&#8217;était pas en mission pour un gouvernement quelconque, son statut de Chercheur-Diplomate freelance le lui permettant. Il avait été reconnu et primé pour son travail de recherche ontologique sur les Phobiens, son action déterminante lors du délicat concile d&#8217;Orion, et bien entendu son coup d&#8217;éclat, la gestion de la sortie de crise lors de la Grande Contamination, lorsqu&#8217;on s&#8217;était aperçu que les slave-bots vendus sur Terre par l&#8217; Eglise Lunaire Obscurantiste étaient en fait des armes bactério-chimiques en puissance.</p>
<p style="text-align: justify;">Vu ce qu&#8217;il avait appris sur le système Claris Morgana avant de partir, Randall s&#8217;attendait à trois mois d&#8217;ethnotourisme pépère, avec un bien joli chèque à la fin de la mission. Une somme très conséquente, mais très bienvenue aussi… Il avait en effet quelques dettes de jeu à régler expressément, la faute à de mauvaises relations, un excès de confiance en lui et un manque de chance cataclysmique à la table de psycho-poker du <em>Lucky Mutant</em>, un casino-bordel de Deïmos, en banlieue de Mars. Le Professeur Randall avait vraiment besoin d&#8217;une grosse quantité de pognon, et très vite. Car les jumeaux Gog et Magog Kowalski, proprios du <em>Lucky Mutant</em>, deux brutes sanguinaires bardées d&#8217;implants et aux cerveaux saturés de drogue électronique, avaient certes le sens des affaires, mais pas vraiment celui de l&#8217;humour, sauf quand il s&#8217;agissait de trouver de nouvelles façons de tuer un mauvais payeur le plus lentement possible. Cette mission de routine dans un environnement champêtre et très loin de Mars avait donc été la bienvenue pour Randall, qui n&#8217;aurait plus à regarder derrière son épaule en permanence, en mode gros stress pour l&#8217;intégrité physique de ses organes.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Mais ce voyage devait le surprendre à plus d&#8217;un titre…</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le premier choc, lorsque l&#8217;on arrivait sur Voluptiia, était multisensoriel : un foisonnement de couleurs, de sons, d&#8217;odeurs, on se prenait littéralement la vivacité de la nature locale en pleine face : une végétation luxuriante, des animaux étranges et merveilleux partout, le parfum de l&#8217;herbe grasse, de l&#8217;humus facétieux, des mille fleurs rieuses poussant à vos pieds, l&#8217;air d&#8217;une pureté océanique, le bruit d&#8217;un ruisseau chatoyant dans la verte prairie, le bourdonnement besogneux des insectes, le rire innocent des enfants, le cri furtif des bêtes, le chant mélodieux des oiseaux, la douce chaleur des soleils… La méchante claque pour Randall.</p>
<p style="text-align: justify;">Rien à voir avec la Terre ou les autres colonies humaines. Aujourd&#8217;hui, la planète bleue n&#8217;était plus qu&#8217;une ignoble décharge à ciel ouvert quasiment impropre à la vie, en dehors des titanopoles vitrifiées comme Astro-Tokyo ou New New York. Mars était encore en terra-formation après bientôt 300 ans de travaux (au lieu des 80 prévus au départ, mais c&#8217;est ça quand on fait appel à des géomorpheurs nord-coréens). Vénus était devenue un désert radioactif après seulement trois générations de colons et deux guerres totales, la Lune n&#8217;était qu&#8217;un Disneyland géant où le fric, la prostitution et l&#8217;ultra-violence étaient rois, les Cités orbitales de Jupiter et Neptune  <a class="simple-footnote" title="Les Cités les plus connues sont bien sûr celles de Callisto et Ganymède, satellites de Jupiter, réputées pour leurs stations de Hell-Surf, une variante musclée du kite-surf : les surfeurs, équipés d&#8217;exosquelettes en titanium appauvri , de longboards anti-grav et d&#8217;ailes delta mono-moléculaires, sont lâchés dans la haute atmosphère de Jupiter, où tourbillonnent des tempêtes d&#8217;ammoniac glacé, avec des vents soufflant à plus de 600km/h ; sensations fortes, adrénaline en barre et possibilités de mort atroce garanties !" id="return-note-3830-3" href="#note-3830-3"><sup>3</sup></a> étaient des gouffres financiers en perpétuelle reconstruction… Non, ici, on pouvait respirer sans matériel ni implants, boire l&#8217;eau des rivières sans danger, croquer dans des fruits qui n&#8217;avaient pas poussé dans une ferme hydroponique… Autant de sensations nouvelles pour un humain du XXVIIème siècle comme Randall.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Les conditions de vie étaient très similaires à celles de la Terre d&#8217;autrefois :</strong> températures acceptables, saisons et paysages variés, faune et flore comestibles, ressources naturelles à profusion… En tous points Voluptiia ressemblait à la planète d&#8217;origine de Randall, du moins ce qu&#8217;elle avait du être avant le Fléau de 2099. Cela faisait des mois que Randall respirait de l&#8217;air en boîte, et sentir le vent dans ses cheveux n&#8217;avait jamais semblé aussi bon qu&#8217;ici, une brise chargée de parfums printaniers et de papillons joueurs sur son visage blême, rafraichissante comme une clim&#8217; de vaisseau mais sans le ronronnement de la machine… Sur toute la surface de la planète, seules les Communautés voluptiiennes, sublimes et admirables cités autonomes, propres, durables et d&#8217;une audace architecturale à couper le souffle, venaient clairsemer l&#8217;emprise totale d&#8217;une nature vivante et préservée, entretenue, améliorée en permanence par les autochtones : les Voluptiiens, ou les Voluptueux comme Randall s&#8217;était surpris à les appeler au bout d&#8217;un moment.</p>
<p style="text-align: justify;">Merveilleux Voluptiiens. Grands, beaux, élancés d&#8217;apparence, spirituels, curieux et vifs d&#8217;esprit, ils étaient sans doute ce que l&#8217;univers avait produit de plus élégant, fin et distingué en matière d&#8217;être intelligent. Définitivement humanoïdes, avec leurs oreilles légèrement en pointe, les Voluptiiens faisaient beaucoup penser aux Elfes des vieilles légendes terriennes, mais des elfes vivant dans un Manhattan écolo-cyberpunk au lieu de la profonde Lorien de Tolkien. Le niveau technologique des Voluptiiens n&#8217;avait en effet rien à envier au génie humain ; ils bénéficiaient d&#8217;un confort matériel et d&#8217;une expertise scientifique inégalée dans l&#8217;univers connu. Simplement, ils avaient orienté le développement de leur espèce dans une direction bien différente de celle de l&#8217;Homme. Car comme devait s&#8217;en rendre compte le professeur Randall Sonovabitch bien assez tôt, chez les Voluptiiens le concept même d&#8217;égoïsme ou de primauté de l&#8217;individu sur le groupe semblait inconnu, et cela modelait leur style de vie de la naissance à la mort.</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft" title="inconnufleurs" src="http://farm5.staticflickr.com/4124/5084910854_9e66a0e3a7.jpg" alt="" width="313" height="400" />Randall avait été magnifiquement accueilli par les locaux ; son arrivée avait créé un grand émoi sur Voluptiia, mais avec une fulgurante rapidité les Voluptiiens l&#8217;avaient choyé, accueilli, nourri, et il avait découvert avec surprise que certains avaient pu apprendre sa langue lors du passage de l&#8217;<em>Isabelle Balkany</em>, facilitant d&#8217;autant la prise de contact. Il serait long et fastidieux de recenser ici l&#8217;ensemble des découvertes du professeur ; le lecteur curieux (et disposant des accès idoines) se référera directement au rapport transmis aux membres du Mainboard de l&#8217;UAC <a class="simple-footnote" title="« Voluptiia, un paradigme œcoumènique entre utopie et réalité », Rapport d&#8217;enquête UAC-RKS00420728199059, 5 620 p., Editions de l&#8217;Etoile Noire, 1st pub. 2 684" id="return-note-3830-4" href="#note-3830-4"><sup>4</sup></a>. Voici cependant quelques éléments particulièrement marquants pour cerner ce peuple féérique.</p>
<p style="text-align: justify;">Randall avait ainsi souhaité rencontrer les hauts dignitaires de Voluptiia, mais celle-ci n&#8217;en comptait pas. On trouvait bien des « administrateurs » régionaux et locaux, mais c&#8217;était une fonction comme une autre, plus de coordination que de décision. L&#8217;une des premières découvertes de Randall fut donc qu&#8217;il n&#8217;y avait ni chef, ni roi, ni président, ni directeur, ni boss, ni aucun « supérieur » d&#8217;aucune sorte dans la culture voluptiienne. Toutes les décisions étaient prises de manière commune, au travers d&#8217;un complexe mais fonctionnel système de vote et de consultation régulier sur les grandes orientations sociétales.</p>
<p style="text-align: justify;">Randall avait passé de longues journées à discuter avec les habitants de diverses parties du globe, à étudier l&#8217;histoire de la planète dans les ésotériques Mémothèques, gigantesques bases de données biologiques, ou les plus vieux et plus sages Voluptiiens se faisaient cryogéniser, mettant leur cerveau et leurs connaissances en réseau et à disposition des générations futures, car « du passé naît l&#8217;avenir », selon les mots de l&#8217;architectosophe antique N&#8217;th-Hhaï proHn. Il avait appris, sidéré, que l&#8217;idée de conflit était pour ainsi dire inexistante sur Voluptiia ; il y avait bien de très très anciennes histoires, du temps où la planète n&#8217;était pas unie, quand des frontières existaient encore, où des groupes de Voluptiiens s&#8217;affrontèrent pour des causes oubliées depuis. Mais au fur et à mesure qu&#8217;ils avaient évolué et progressé, les Voluptiiens avaient développé un code de conduite moral et philosophique rendant la violence et l&#8217;affrontement caduques. La base de leur sociabilité pouvait se résumer ainsi : « <em>Ne fais pas aux autres ce que tu ne voudrais pas que l&#8217;on te fasse</em> ».</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Les Voluptiiens étaient des obsédés du bien commun.</strong> Ils ne se sentaient heureux que lorsque leur entourage l&#8217;était. Savoir qu&#8217;une région de leur globe avait été touchée par quelque catastrophe naturelle par exemple, empêchait littéralement les habitants des antipodes de l&#8217;événement de dormir, jusqu&#8217;à ce qu&#8217;ils aient fait tout leur possible pour venir en aide aux sinistrés. Leur gentillesse et leur compassion naturelles leur avait épargné de nombreux écueils de l&#8217;évolution ; ainsi, il ne serait jamais venu à l&#8217;idée d&#8217;un Voluptiien de monter une chaine de fast-food industriel, devenir fabriquant de cigarette, producteur de téléréalité ou de bosser dans la publicité : le gain individuel ne valait en aucun cas les nuisances causées au reste de la société. L&#8217;excès de pouvoir, de richesse ou de puissance concentré dans les mains de quelques-uns entraînant invariablement des injustices inacceptables, ces notions avaient disparu, et il n&#8217;existait pas d&#8217;équivalent dans leur langue pour des termes comme « privilège », « domination », « exploiter », « spolier » ou « lutte des classes »…</p>
<p style="text-align: justify;">Le racisme avait évidemment disparu de la planète, il y a si longtemps qu&#8217;il aurait aussi bien pu ne jamais avoir existé. Les découvertes génétiques des siècles passés n&#8217;avaient fait que confirmer l&#8217;intuition des chercheurs et penseurs voluptiiens : malgré des couleurs de peau allant du bleu au brun en passant par le vert (avec toutes les variations de ton possibles), une taille pouvant varier du simple au double, et des spécificités régionales propres, les Voluptiiens du monde entier n&#8217;étaient bien qu&#8217;une seule et même espèce, partageant le même patrimoine génétique, et par conséquent l&#8217;idée même de chercher plus loin des motifs d&#8217;inégalité entre eux relevait de la bêtise ou de la méchanceté, tares rarissimes chez ces nobles pacifistes, qui préférèrent à la place faire une grande farandole autour du monde en se tenant par la main.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><img class="alignleft" title="flirtinghands" src="http://farm6.staticflickr.com/5260/5498060476_1c496fdd9e.jpg" alt="" width="314" height="500" />Pour avancer sur la route escarpée de la Félicité, la société voluptiienne avait fait le choix de suivre non pas la voie pourtant évidente de la majorité qui a toujours raison, mais au contraire celle de la minorité.</strong> L&#8217;idée était que toute amélioration de la vie et/ou de la société qui bénéficie à ceux qui en ont le plus besoin (donc a la minorité la plus touchée par un manque ou un problème quelconque) bénéficiera de toute manière à l&#8217;ensemble de la communauté. Par exemple, cela faisait ainsi une éternité que tous les bâtiments voluptiiens étaient adaptés aux handicapés. Sur Terre, si vous aviez le malheur d&#8217;être en fauteuil roulant on vous faisait passer par des petites portes spéciales pour les anormaux comme vous pour aller à la piscine, prendre les transports en commun ou retirer un paquet à la Poste. Pas ici, et tout le monde bénéficiait des accès aisés partout : les handicapés, mais aussi les femmes enceintes, les vieux, les gens lourdement chargés, les très jeunes, les faibles, bref, tout le monde…</p>
<p style="text-align: justify;">De même, les minorités sexuelles n&#8217;existaient plus vraiment aujourd&#8217;hui, la quasi-totalité des Voluptiiens étant pluri-sexuels depuis des siècles, mais autrefois cela avait été source de tension ; l&#8217;homo ou la bisexualité, la polygamie étaient considérés comme tabou car mettant en danger la survie de l&#8217;espèce. Et puis en fait un jour on s&#8217;était dit que chacun pouvait baiser avec qui il veut, ça n&#8217;empêchait pas Voluptiia de tourner. De fait, les Voluptiiens vivaient parfois en couple, parfois en groupes ou communautés plus ou moins grands, partageant leur lit et leur couvert, et si au départ divers problèmes sanitaires s&#8217;étaient posés, finalement au bout de quelques siècles la ségrégation et la frustration sexuelle n&#8217;était plus que de vagues souvenirs sur la planète, les interdits moraux étant laissés à la libre discrétion de chacun. Sur Voluptiia, on offrait son cœur ou son corps, jamais ne le prenait à un(e) autre.</p>
<p style="text-align: justify;">Curieusement, c&#8217;est à la même époque que les religions disparurent sur cette planète. Amusés, les paléo-sociologues voluptiiens s&#8217;étaient aperçus que le fait religieux était intimement lié à la sexualité (ou plutôt à son manque) : si les pratiquants plus ou moins réguliers ne faisaient que perpétuer des rites sociétaux acceptés, il était prouvé scientifiquement que le fanatisme et l&#8217;intégrisme religieux étaient signes de grands troubles et frustrations sexuelles. Comment sinon expliquer ce désir des illuminés d&#8217;interdire, limiter, diaboliser l&#8217;acte et les manifestations du plaisir de toutes et tous autour de lui, quand il s&#8217;agit de l&#8217;une des plus agréables grâces que la nature nous prodigue ? Bî-noet Sseiiz, grand Moufti du Moyen-âge, avait été le premier à brûler sa mitre lorsqu&#8217;il avait pigé que c&#8217;était pas une honte d&#8217;être pédé, et qu&#8217;en outre il valait mieux glisser son zigouigoui dans l&#8217;anus soyeux d&#8217;un adulte consentant plutôt qu&#8217;en cachette dans celui d&#8217;un enfant de chœur.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>L&#8217;un des grands tournants de l&#8217;Histoire voluptiienne est également daté de leur prise de conscience de l&#8217;absurdité autodestructrice des conflits armés.</strong> Lorsque la planète était encore divisée, il y avait eu des luttes de territoire, de religions, ou juste parce que les autres avaient une sale gueule ou sentaient mauvais. Et puis les Voluptiiens s&#8217;étaient rendus-compte qu&#8217;il ne servait à rien de s&#8217;entretuer, si ce n&#8217;est gâcher des vies pour que dalle, vu que rien n&#8217;était jamais figé dans le temps et qu&#8217;aucune guerre n&#8217;avait jamais réellement résolu le moindre problème, au contraire. « <em>La guerre, c&#8217;est des gens qui se battent et qui ne se connaissent pas, pour des gens qui se connaissent, mais ne se battent pas</em> », a dit le poète. Alors, las de voir leurs fils morts et leurs femmes violées, de vengeance en vendetta, d&#8217;escarmouche en campagne génocidaire, les édiles antiques décidèrent unilatéralement la destruction immédiate de toutes les armes de Voluptiia. Qui dit pas d&#8217;armes dit pas d&#8217;armée, qui dit pas d&#8217;armée dit pas de guerres, et qui dit pas de guerres dit pas de morts inutiles pour des causes débiles.</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft" title="caterpillar" src="http://farm6.staticflickr.com/5011/5558995540_0071d88756.jpg" alt="" width="400" height="291" />En retour, l&#8217;absence de conflit avait poussé les Voluptiiens à concentrer leur énergie vers d&#8217;autres secteurs que le poutrage de l&#8217;ennemi : ils choisirent de se dédier corps et âme à la connaissance, aux arts, au Bonheur et à la Vie, seules ressources dignes d&#8217;intérêt à leurs yeux de poètes galactiques. Ils découvrirent que la connaissance ne progressait que par l&#8217;échange, que le mélange des expériences était une source inépuisable de progrès et d&#8217;inventions, et que l&#8217;union faisait la force. Ils prirent conscience que leur seule richesse était leur environnement direct, qu&#8217;en tant que tel il devait plus que tout être protégé ; les Voluptiiens devinrent les gardiens-jardiniers de leur planète, développant uniquement des sources d&#8217;énergie propre et renouvelables, produisant juste ce qui leur était nécessaire, limitant au maximum leur impact sur les équilibres naturels, et s&#8217;évertuant à laisser à leur descendance un lieu de vie aussi agréable et si possible encore meilleur que le leur. D&#8217;après un vieux conte prophétique, les Voluptiiens disparaîtraient le jour où ils cesseraient de s&#8217;émerveiller de l&#8217;infinie richesse de leur monde, et de ses innombrables secrets, une licence poétique pour dire : jamais.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;idée de n&#8217;être que des occupants temporaires de leur planète, et non pas les propriétaires absolus de leur univers s&#8217;élargit au reste de leur vie matérielle : la propriété privée n&#8217;avait pas de sens dans une culture où chacun ne vivait que pour les autres, et en dehors d&#8217;objets personnels de type brosse à dents, slips ou pyjama, aucun Voluptiien ne possédait rien qui n&#8217;appartienne à tous les autres également. Cet état d&#8217;esprit de partage universel entrainait une criminalité nulle, donc l&#8217;inutilité d&#8217;une quelconque force de police, de contrôle, de surveillance ou de répression. Les très très rares conflits qui pouvaient exister se réglaient toujours de manière calme et posée, autour d&#8217;une bonne bière, d&#8217;une bonne table de resto ou d&#8217;une bonne partie de jambes en l&#8217;air.</p>
<p style="text-align: justify;">Les exemples abondaient, mais pour résumer, les Voluptiiens nageaient dans un bonheur paradisiaque sans l&#8217;aide d&#8217;aucune loi, d&#8217;aucun chef, d&#8217;aucun interdit. Randall en était resté tout pantois. L&#8217;attention aux autres serait donc le secret du bonheur ? Les conséquences pour son espèce étaient dantesques.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>A présent qu&#8217;il finissait de survoler son rapport, attendant l&#8217;annonce du départ en alter-espace, Randall commençait à se demander sérieusement si l&#8217;humanité n&#8217;avait pas raté quelque chose, quelque part, et si effectivement ils étaient bien les vrais Maîtres de l&#8217;Univers.</strong> Mais le coupant court dans ses pensées, l&#8217;alarme de pré-départ se mit à retentir dans sa cabine, accompagnée par le signal rouge demandant aux passagers d&#8217;attacher leurs ceintures anti-G. Randall s&#8217;assit dans son fauteuil et attendit nerveusement la création du réseau. Quelques secondes plus tard, après un dernier avertissement sonore, la frégate plongea dans l&#8217;obscurité totale. Un sifflement suraigu monta progressivement le long du vaisseau, la carlingue de la frégate se mit à bourdonner, à vibrer et finit par s&#8217;enflammer brutalement (comme prévu, ne vous inquiétez pas), tandis que ses puissants générateurs de flux alter-spatiaux de marque RazorHook calibrés à 9.000 Kvh/s (un truc de ouf) commencèrent à contracter l&#8217;espace et la matière devant la frégate et à les dilater en même temps derrière elle, la faisant mécaniquement avancer, de plus en plus vite, accélérant démentiellement de manière exponentielle, passant en quelques secondes de 8.000 Km/h à 36 Mc, soit trente-six mille fois la vitesse de la lumière. Le silence qui régnait lorsque l&#8217;on voyageait en vitesse hyper-luminique était total. Le réseau alter-spatial était à présent généré et opérationnel, son rapport prêt à partir pour le Mainboard qui le recevrait en quelques microsecondes, Randall était donc en théorie prêt pour son appel.</p>
<p style="text-align: justify;">Sauf que… Sauf que ce n&#8217;était pas si simple. Après ces trois mois, un lien particulier unissait Randall aux Voluptiiens. Il l&#8217;ignorait, mais cela s&#8217;appelait l&#8217;affection, un sentiment quasiment disparu chez les humains du futur. Une idée folle lui vint. Mettons que Randall camoufle un peu la vérité… Par exemple, en niant l&#8217;existence des monumentales réserves naturelles de Voluptiia, ou leur qualité phénoménale… Il pourrait retarder l&#8217;envoi de son rapport, le temps de le modifier&#8230; Le Mainboard serait furieux au début, mais trouverait vite un autre secteur à exploiter… Le Président devrait trouver un autre support pour communiquer sur sa réélection, mais ça ne serait pas un gros problème… Et pour la thune, Randall se débrouillerait, de toute façon, que représentaient ses petits soucis face à l&#8217;existence merveilleuse de milliards de Voluptiiens ? N&#8217;avait-il pas appris quelque chose, sur Voluptiia ? N&#8217;était-il pas devenu, au cours de ces trois mois, un homme meilleur, plus ouvert, plus attentif, plus… humain ?</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Il déglutit, respira lentement plusieurs fois, et se lança.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">En quelques pressions sur son écran, il entra en connexion avec la standardiste du Président, un beluga cyborg intelligent du nom de Miss Lily, qui lui annonça que la ligne avec la Maison Blanche était établie. Quelques secondes plus tard, l&#8217;hologramme laser de Ferdinand McHitler, 189ème Président des Etats-Unis d&#8217;Amérique, apparut devant Randall. La résolution n&#8217;était pas géniale, mais suffisante pour distinguer les traits repoussants du gros porc immonde et libidineux qui lui faisait face. Randall pouvait également apercevoir, émergeant de sous le bureau présidentiel par intermitence, la pieuvre gen-mod thaïlandaise (le modèle “Octo-pussy”, celles dont ils remplacent le bec par un anus de chèvre) avec laquelle le Président se faisait plaisir en ce moment même.</p>
<p style="text-align: justify;">« Bonsoir, M. le Président », lança Randall de la manière la plus assurée qui soit, sourire Colgate et tout.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.flickr.com/photos/gwendalcentrifugue/5995921508/in/photostream" target="_blank"><img class="alignnone" title="handsup" src="http://farm7.staticflickr.com/6028/5995921508_2697258d39.jpg" alt="" width="500" height="342" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Lasse, sale et rocailleuse, la voix du Président retentit en réponse dans la cabine.</p>
<p style="text-align: justify;">« Randall, espèce de sale petite merde chiée du cul d&#8217;une pute mutante. »</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Pas de panique</em>, se dit Randall tout en transpirant soudainement, <em>il est toujours comme ça</em>. Après une quinte de toux graveleuse, la voix reprit, tout aussi dégoulinante de haine et d&#8217;imbécilité :</p>
<p style="text-align: justify;">« J&#8217;ai une putain de journée de merde avec un Mainboard sur les nerfs, deux audits des Nations Unies en cours, ma nièce qui m&#8217;accuse de viol, un attentat néo-mormon sur Central Park, la moitié du Congrès qui m&#8217;envoie des lettres d&#8217;insultes et l&#8217;autre des colis piégés. Alors j&#8217;espère que tu as des bonnes nouvelles petit enculé, parce que vu la somme honteuse que tu me coûtes, dans le cas contraire c&#8217;est même pas la peine de penser à revenir sur Terre, t&#8217;as compris ou quoi ? »</p>
<p style="text-align: justify;">« Justement, M. le Président, à ce sujet, que je souhaitais justement aborder avec vous, je crains que… »</p>
<p style="text-align: justify;">Randall s&#8217;interrompit au beau milieu de sa phrase ; le réseau avait fini de se mettre à jour, et il venait de recevoir un message sur son adresse privée confidentielle-défense. Déjà c&#8217;était louche. Mais surtout, le message s&#8217;était affiché automatiquement, et c&#8217;est le nom des envoyeurs qui avait stoppé net Randall : Gog et Magog Kowalski, les deux plus dangereux enfants de salaud du système solaire. Le message, succins, disait :</p>
<p style="text-align: justify;">« <em>Tu connais l&#8217;histoire du mec qui se fait broyer les couilles dans un étau pendant qu&#8217;on lui verse du plomb fondu dans la bouche ? Non ? Tant mieux, si tu veux pas connaitre la fin, tu nous payes, Randall, et VITE !!!</em> »</p>
<p style="text-align: justify;">Un réflexe reptilien fit se rétracter les gonades de Randall, aussi haut que possible, comme pour échapper au danger évoqué par la missive. Il faisait de nouveau beaucoup trop chaud dans cette cabine étroite, oppressante et confinée. La voix poisseuse du Président emplit la pièce sans qu&#8217;il l&#8217;entende la première fois. Puis à nouveau, plus fort :</p>
<p style="text-align: justify;">« Alors, qu&#8217;est-ce que tu baves putain, j&#8217;ai pas la nuit ! »</p>
<p style="text-align: justify;">« Je…. Je disais que… Je m&#8217;apprête à envoyer mon rapport au Mainboard, au moment où je vous parle, M. le Président. Les résultats correspondent à leurs prospectives… je… je pense que les Douze seront contents. Et heu… De votre coté… ? »</p>
<p style="text-align: justify;">« Putain, si les Douze me lâchent les couilles, c&#8217;est déjà un putain de cadeau de Noël, bordel. De mon coté, j&#8217;ai 25 SuperDestroyers Victory dernière génération, 250 croiseurs de classe Vulcain et les chasseurs-bombardiers qui vont avec, transportant leurs 150 000 Exterminateurs, les troupes cyborg, une dizaine de compagnies de killer-bots et environ un demi-million de drones de guerre, le tout à quelques années-lumière de Voluptiia… Ils peuvent débouler en quelques minutes, suffit que je pousse le bouton rouge. Qu&#8217;est-ce-t&#8217;en dit, hein, tête de bite ? Mouahahaha. »</p>
<p style="text-align: justify;">« Excellent, M. le Président, excellent. Je confirme donc&#8230; Vous pouvez donner l&#8217;ordre d&#8217;attaquer. »</p>
<p style="text-align: justify;">« Bwahaha. Si avec ca je suis pas réélu l&#8217;an prochain j&#8217;me coupe les burnes. Te voilà riche ma p&#8217;tite salope… Profites-en bien, va te payer quelques putes transgéniques et des valises de drogue, t&#8217;as fait du bon boulot. Maintenant si tu permets j&#8217;ai une guerre à gagner sur le feu. Fin de la communication »</p>
<p style="text-align: justify;">Le Président et sa pieuvre disparurent dans un grésillement électrique.</p>
<p style="text-align: justify;">Tremblant, Randall retomba dans le fond de son fauteuil, réalisant qu&#8217;il était en apnée depuis le début de la conversation. Il exhala douloureusement, frotta son visage plusieurs fois dans ses mains moites de transpiration. Il se resservit un scotch en en renversant la moitié à coté. Il eut une pensée émue pour Voluptiia et ses habitants, qui sans le savoir n&#8217;avaient plus que quelques heures devant eux avant d&#8217;être transformés en kebabs, et qui n&#8217;avaient sans doute pas mérité ça. Quelques instants plus tard, il reçut la confirmation de sa banque que le virement de 25 millions de crédits avait bien été effectué. Randall eut un haut-le-coeur devant son propre cynisme exacerbé. Parfois le destin était une catin impitoyable, et il s&#8217;en voudrait sans doute atrocement. Au moins pendant quelques heures. Bon, certes il ne faisait qu&#8217;exécuter les ordres, il n&#8217;était en rien directement responsable, mais quand même&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">« <em>Oh et puis zut,</em> pensa-t-il en sifflant son verre, <em>après tout, chacun sa merde.</em> »</p>
<p style="text-align: justify;">Et il repartit vers son destin, à bord de la frégate se noyant à l&#8217;horizon dans la troublante immensité intersidérale du néant cosmique et absolu.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong style="text-align: justify;">Dessins : Gwen  <a class="simple-footnote" title="Qui s&#8217;est bien galeré à trouver des illustrations en rapport avec ce texte !" id="return-note-3830-5" href="#note-3830-5"><sup>5</sup></a></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Texte : John Malback</strong></p>
<div class="simple-footnotes"><p class="notes">Notes:</p><ol><li id="note-3830-1">Tsin ! <a href="#return-note-3830-1">&#8617;</a></li><li id="note-3830-2">Insanely Violent and Dangerous <a href="#return-note-3830-2">&#8617;</a></li><li id="note-3830-3">Les Cités les plus connues sont bien sûr celles de Callisto et Ganymède, satellites de Jupiter, réputées pour leurs stations de Hell-Surf, une variante musclée du kite-surf : les surfeurs, équipés d&#8217;exosquelettes en titanium appauvri , de longboards anti-grav et d&#8217;ailes delta mono-moléculaires, sont lâchés dans la haute atmosphère de Jupiter, où tourbillonnent des tempêtes d&#8217;ammoniac glacé, avec des vents soufflant à plus de 600km/h ; sensations fortes, adrénaline en barre et possibilités de mort atroce garanties ! <a href="#return-note-3830-3">&#8617;</a></li><li id="note-3830-4">« Voluptiia, un paradigme œcoumènique entre utopie et réalité », Rapport d&#8217;enquête UAC-RKS00420728199059, 5 620 p., Editions de l&#8217;Etoile Noire, 1st pub. 2 684 <a href="#return-note-3830-4">&#8617;</a></li><li id="note-3830-5">Qui s&#8217;est bien galeré à trouver des illustrations en rapport avec ce texte ! <a href="#return-note-3830-5">&#8617;</a></li></ol></div>]]></content:encoded>
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		<title>Le dessin du jour : serious business</title>
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		<pubDate>Wed, 07 Dec 2011 12:07:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Gwen</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Long time no see comme disait l&#8217;autre. Pas loin de deux semaines en effet depuis le dernier article sur le Cléopâtre de Tezuka et Yamamoto, si j&#8217;oublie la republication de celui  consacré au photographe Glen E. Friedman. Et ca c&#8217;est mal. Alors que dire pour justifier cette absence qui a, sans aucun doute, dû faire [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><em>Long time no see</em> comme disait l&#8217;autre.</strong> Pas loin de deux semaines en effet depuis le <a href="http://centrifugue.fr/2011/cleopatre-la-reverie-animee-de-tezuka/" target="_blank">dernier article sur le Cléopâtre de Tezuka et Yamamoto</a>, si j&#8217;oublie la republication de celui  <a class="simple-footnote" title="Excellent, cela va sans dire" id="return-note-3850-1" href="#note-3850-1"><sup>1</sup></a> consacré au photographe <a href="http://centrifugue.fr/2011/glen-e-friedman-la-rebellion-dans-lobjectif/" target="_blank">Glen E. Friedman</a>. Et ca c&#8217;est mal. Alors que dire pour justifier cette absence qui a, sans aucun doute, dû faire couler de chaudes larmes à mes lecteurs désemparés ? Hmm, pas grand chose en fait. Pas la motivation pour écrire ces derniers temps tout simplement <a class="simple-footnote" title="Mais ca va revenir, ne vous inquiétez pas" id="return-note-3850-2" href="#note-3850-2"><sup>2</sup></a></p>
<p><strong>Alors, quand on a le spleen, le blues, quoi de mieux que revenir à son premier amour : le dessin.</strong> Ca vide bien la tête de faire mumuse sur Illustrator et voir la barre des 1700 dessins <a href="http://www.flickr.com/photos/gwendalcentrifugue/" target="_blank">sur Flickr</a> s&#8217;approcher à grands pas me procure un plaisir <del>masturbatoire</del> certain.</p>
<p><strong>Mais le Devoir n&#8217;a pas tardé à venir toquer à la porte de mon appart.</strong> Il a enjambé avec difficulté les cadavres de litron de coca, s&#8217;est tapé une bonne quinte de toux en s&#8217;approchant de mon bureau enfumé, m&#8217;a tapoté l&#8217;épaule et m&#8217;a dit : «<em>T&#8217;es gentil à dessiner comme un autiste toute la journée, mais tu voudrais pas faire quelque chose de constructif avec ?»</em></p>
<p>J&#8217;ai tenté de le contrer à coups d&#8217;excuses élaborées comme «<em>Je dois finir de redessiner ma 132e case de comics avant, désolé<em>»</em></em>, «<em>J&#8217;ai une mission à terminer sur GTA IV»</em>, «<em>Attends, j&#8217;ai un article de catch à lire»</em> et autre «<em>Boah, pfouuu»</em>.</p>
<p>Et ca n&#8217;a malheureusement pas marché.</p>
<p><strong>Penaud, je n&#8217;avais plus qu&#8217;à m&#8217;éxécuter.</strong> «<em>Faire quelque chose de constructif avec mes dessins»</em>&#8230; Cela voudrait-il dire les faire connaitre à d&#8217;autres personnes que mes amis et mes parents ? Mais il faudrait pour cela un ego surdimensionné ! Et comment je vais bien pouvoir faire ca ? Je ne sais plus que dessiner en ce moment !</p>
<p>«<em>Oh, arrête tes questionnements sans fin et tes jérémiades</em>, répondit séchement le Devoir alors qu&#8217;il s&#8217;installait, sans gène aucune, dans mon pouf XXL et commençait à se rouler une clope.<em> T&#8217;es journaliste, tu sais écrire et faire de la mise en page. T&#8217;arrives à causer du travail des autres alors pourquoi pas changer et expliquer le tien ?»</em></p>
<p>«<em>Oui mais&#8230;»</em>, tentai-je de lui répondre, avant de me prendre en pleine tête une bouteille de coca (heureusement vide) qu&#8217;il venait de saisir à ses pieds.</p>
<p>«<em>Ok, ok, j&#8217;vais l&#8217;faire. Pffff&#8230;»</em>, lui disais-je, frottant mon front encore endolori.</p>
<p><img class="alignnone" title="artbookgwendal" src="http://farm8.staticflickr.com/7147/6471091717_b6966552a4_b.jpg" alt="" width="635" height="634" /></p>
<p>Et voici donc qu&#8217;après plusieurs journées passées à mettre en forme le bordel graphique qui constitue mon &laquo;&nbsp;oeuvre&nbsp;&raquo;, sous la menace d&#8217;un nouveau lancer de bouteille (pleine cette fois), je pouvais admirer <a href="http://gwen.tirnan0g.org/Bookgwendal.pdf" target="_blank">le fruit de mon labeur : un joli PDF</a> (de 50 mo, oui, j&#8217;dois réduire ca&#8230;) présentant mon boulot et le pourquoi du comment je passe plus de temps à dessiner qu&#8217;à remplir mon devoir de citoyen productif. <strong>Bref, un book, comme on appelle ca chez les initiés.</strong></p>
<p>Mise en page classieuse <a class="simple-footnote" title="Bien aidé par mon estimé et talentueux camarade Splif" id="return-note-3850-3" href="#note-3850-3"><sup>3</sup></a>, sélection avisée de ma production et textes explicatifs, et même &#8211; rareté des raretés &#8211; une photo de moi, souriant : le rendu est, ma foi, pas dégueu.</p>
<p>Ne me reste plus donc qu&#8217;à aller faire imprimer tout ca, expédier des exemplaires à des gentils galeristes et attendre de participer à des vernissages où le champagne coulera à flots.</p>
<p><strong>Et ensuite, à moi la vie d&#8217;artiste !</strong></p>
<p>Au RSA.</p>
<p><strong>Texte, dessins : Gwen</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<div class="simple-footnotes"><p class="notes">Notes:</p><ol><li id="note-3850-1">Excellent, cela va sans dire <a href="#return-note-3850-1">&#8617;</a></li><li id="note-3850-2">Mais ca va revenir, ne vous inquiétez pas <a href="#return-note-3850-2">&#8617;</a></li><li id="note-3850-3">Bien aidé par mon <a href="http://www.bwoup.com/" target="_blank">estimé et talentueux camarade Splif</a> <a href="#return-note-3850-3">&#8617;</a></li></ol></div>]]></content:encoded>
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		<title>Glen E. Friedman : la rébellion dans l&#8217;objectif</title>
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		<pubDate>Mon, 28 Nov 2011 10:01:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Gwen</dc:creator>
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		<description><![CDATA[It Takes a Nation of Millions to Hold Us Back de Public Enemy, Check Your Head des Beastie Boys, deux couvertures d'albums tout aussi mythiques que leur contenu. Leur point commun ? Un homme, le photographe Glen E. Friedman, dont l'importance dans la reconnaissance des scènes underground, du hip-hop au punk en passant par le skate, mérite de s'y arrêter un instant.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em><strong>It Takes a Nation of Millions to Hold Us Back</strong></em><strong> de Public Enemy, <em>Check Your Head</em> des <a href="http://centrifugue.fr/index.php/2010/09/balade-dans-la-galaxie-beastie-boys-14/" target="_blank">Beastie Boys</a></strong>, deux couvertures d&#8217;albums tout aussi mythiques que leur contenu. <strong>Leur point commun ? Un homme, le photographe Glen E. Friedman</strong>, dont l&#8217;importance dans la reconnaissance des scènes underground, du hip-hop au punk en passant par le skate, mérite de s&#8217;y arrêter un instant.</p>
<p><object width="480" height="385" classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/PX6D8RO1lr4?fs=1&amp;hl=fr_FR" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed width="480" height="385" type="application/x-shockwave-flash" src="http://www.youtube.com/v/PX6D8RO1lr4?fs=1&amp;hl=fr_FR" allowFullScreen="true" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" /></object></p>
<p><img class="alignleft" title="friedman1" src="http://centrifugue.fr/wp-content/uploads/2010/02/friedman2b.jpg" alt="" width="300" height="600" /><strong><a href="http://centrifugue.fr/index.php/2010/05/dischord-records-le-noyau-dur-de-washington-dc-22/" target="_blank">Fugazi</a>, Black Flag, Ice-T, Dead Kennedys, <a href="http://centrifugue.fr/index.php/2010/02/dischord-records-le-noyau-dur-de-washington-dc-12/" target="_blank">Minor Threat</a>, <a href="http://centrifugue.fr/index.php/2010/09/balade-dans-la-galaxie-beastie-boys-14/" target="_blank">Beastie Boys</a>, <a href="http://centrifugue.fr/index.php/2010/09/balade-dans-la-galaxie-beastie-boys-24/" target="_blank">Run DMC</a> ou Public Enemy</strong> : le gratin de la scène punk et hip-hop des années 80. Et des images, forcement collées aux rétines des fans<em>,</em> pour une grande part prises par Glen E. Friedman.</p>
<p><strong>Né en 1962 en Caroline du Nord, il passe sa jeunesse à Los Angeles, où il devient un accro de la planche à roulettes.</strong> Déçu par les clichés de skateboardeurs pris par les photographes de l&#8217;époque, il est convaincu de pouvoir faire mieux. A 14 ans, il utilise une piscine vide pour immortaliser les exploits de ses amis, les « Dogtown »  <a class="simple-footnote" title="Glen E. Friedman est l&#8217;un des producteurs du documentaire Dogtown and Z-Boys, sur les pionniers du skateboard. Une histoire également racontée dans le film Les seigneurs de Dogtown, de Catherine Hardwicke." id="return-note-520-1" href="#note-520-1"><sup>1</sup></a>. Des clichés proposés à un journaliste de la revue Skateboarder. Le début d&#8217;une carrière.</p>
<p><strong>Parallèlement, Glen E. Friedman va suivre la scène punk-hardcore naissante</strong>. Il prendra notamment les premières photos du groupe Black Flag, et produira même le premier album éponyme de Suicidal Tendancies, l&#8217;album punk-hardcore le plus vendu de la décennie. Toujours à l&#8217;affût, il témoignera également de la naissance du mouvement hip-hop, dont la rébellion et l&#8217;esprit « Do It Yourself » constituent pour lui des liens forts avec la scène punk.</p>
<p><strong>Glen E. Friedman est depuis reconnu comme un photographe majeur.</strong> Ses oeuvres sont exposées au Experience Music Project Museum à Seattle. Parmi les recueils photos publiés, mentionnons en particulier <em>Fuck You Heroe</em>s, reprenant ses clichés les plus connus, et <em>Keep Your Eyes Open</em>, regroupant l&#8217;ensemble de son travail avec le groupe Fugazi. Les deux ouvrages sont publiés chez Burning Flags Press.</p>
<p><strong>Edit :</strong> A lire également, <a href="http://hifructose.com/the-blog/1043-an-interview-with-glen-e-friedman-pt-one.html" target="_blank">une interview en deux parties</a> de Glen Friedman par Lauren Quinn sur le site Hi-Fructose</p>
<p><strong>Texte : Gwendal</strong><br />
<strong>Photos : Glen E. Friedman</strong></p>
<p><strong>Liens :</strong><br />
<a title="Burning Flag Press" href="http://www.burningflags.com/" target="_blank">Burning Flag Press</a><br />
Le site <a href="http://www.boingboing.net/2008/12/13/to-do-in-la-glen-e-f.html" target="_blank">Boingboing</a> a également réalisé une série d&#8217;articles sur Glen E. Friedman</p>
<p>En bonus, trois morceaux pour se replonger dans l&#8217;époque :</p>
<p><strong>Public Enemy &#8211; Fight the Power</strong><br />
<object width="425" height="344" classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/7EJq587OLJ8&amp;hl=fr&amp;fs=1" /><embed width="425" height="344" type="application/x-shockwave-flash" src="http://www.youtube.com/v/7EJq587OLJ8&amp;hl=fr&amp;fs=1" /></object></p>
<p><strong>Beastie Boys &#8211; Pass the Mic</strong><br />
<object width="480" height="365" classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowScriptAccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.dailymotion.com/swf/x52xlc" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><embed width="480" height="365" type="application/x-shockwave-flash" src="http://www.dailymotion.com/swf/x52xlc" allowFullScreen="true" allowScriptAccess="always" allowfullscreen="true" allowscriptaccess="always" /></object></p>
<p><strong>Black Flag &#8211; Rise Above</strong><br />
<object width="480" height="390" classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/km-sF4EAXpo?version=3&amp;hl=fr_FR" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed width="480" height="390" type="application/x-shockwave-flash" src="http://www.youtube.com/v/km-sF4EAXpo?version=3&amp;hl=fr_FR" allowFullScreen="true" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" /></object></p>
<div class="simple-footnotes"><p class="notes">Notes:</p><ol><li id="note-520-1">Glen E. Friedman est l&#8217;un des producteurs du documentaire <a href="http://www.imdb.com/title/tt0275309/" target="_blank"><em>Dogtown and Z-Boys</em></a>, sur les pionniers du skateboard. Une histoire également racontée dans le film <a href="http://www.imdb.com/title/tt0355702/" target="_blank"><em>Les seigneurs de Dogtown</em></a>, de Catherine Hardwicke. <a href="#return-note-520-1">&#8617;</a></li></ol></div>]]></content:encoded>
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		<title>Cléopâtre : la rêverie animée de Tezuka</title>
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		<pubDate>Wed, 23 Nov 2011 16:30:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Gwen</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Le lecteur fidèle le sait probablement déjà, mais la découverte (tardive) de l’oeuvre de Tezuka fut une magnifique claque dans la figure pour votre serviteur. Ce type est un génie, de la stature d’un Leonard de Vinci, point barre. J’essaie depuis de rattraper mes lacunes en découvrant son oeuvre gigantesque et voici qu’il y a peu, en parcourant les internettes, je suis tombé sur son adaptation très personnelle de l’histoire de Cléopâtre (Alias Kureopatora en japonais). Deuxième film de la trilogie Animerama, pionnière de l’animation pour adulte au Japon, l'oeuvre de Tezuka et Yamamoto est déconcertante, drôle, crue, poétique. Et bordélique. Aussi avait elle tout pour trôner en ces lieux. Sautons donc dans la DeLorean et direction l’Antiquité sauce wasabi. Banzaï !]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><a href="http://centrifugue.fr/2011/osamu-tezuka-histoires-pour-tous-et-pour-la-vie/" target="_blank">Le lecteur fidèle le sait probablement déjà</a>, mais la découverte (tardive) d&#8217;Osamu Tezuka fut une magnifique claque dans la figure pour votre serviteur.</strong> Ce type est un génie, de la stature d’un Léonard de Vinci, point barre. J’essaie depuis de rattraper mes lacunes en découvrant son oeuvre gigantesque et voici qu’il y a peu, en parcourant les internettes, je suis tombé sur <strong>son adaptation très personnelle de l’histoire de Cléopâtre</strong> (Alias <em>Kureopatora</em> en japonais). Deuxième film de la trilogie Animerama, pionnière de l’animation pour adulte au Japon, l&#8217;oeuvre de Tezuka et Yamamoto est déconcertante, drôle, crue, poétique. Et bordélique. Aussi avait elle tout pour trôner en ces lieux. Sautons donc dans la DeLorean et direction l’Antiquité sauce wasabi. Banzaï !</p>
<p><em><strong>Avertissement au lecteur destiné à éviter tout courrier outré :</strong> le contenu du film pouvant poser trop de questions, intéressantes mais un peu précoces, aux plus jeunes <a class="simple-footnote" title="Comme ma nièce, que j&#8217;embrasse très fort" id="return-note-3801-1" href="#note-3801-1"><sup>1</sup></a> et choquer les âmes les plus sensibles  <a class="simple-footnote" title="Comme ma mère ;)" id="return-note-3801-2" href="#note-3801-2"><sup>2</sup></a>, merci de ne pas poursuivre cette lecture si vous faites partie de l&#8217;une ou l&#8217;autre de ces catégories. Pour les autres, enjoyez.</em></p>
<p><strong>Père, voire dieu, de la bande dessinée au Japon</strong>, l’influence de Tezuka est gigantesque. Mais, ironie de l’histoire, s’il a connu le succès grâce au manga (et à ses personnages d’Astro Boy ou du Roi Léo), ce médium n’a jamais pu le combler comme l’animation, qui lui procurera pourtant ses plus grands échecs.</p>
<p><strong>Emerveillé par les dessins animés de Walt Disney</strong>  <a class="simple-footnote" title="Dont Bambi, dont il avait imaginé une adaptation japonaise dans les années 60" id="return-note-3801-3" href="#note-3801-3"><sup>3</sup></a> qu’il a vus des centaines de fois, Tezuka n’a eu de cesse de rivaliser avec son modèle. C’est ainsi qu’il lancera en 1961 <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Mushi_Production" target="_blank">Mushi Production</a>, son propre studio d’animation, financé par l’argent tiré de ses mangas.</p>
<p><object width="420" height="315" classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/cN0i8v9VTWE?version=3&amp;hl=fr_FR" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed width="420" height="315" type="application/x-shockwave-flash" src="http://www.youtube.com/v/cN0i8v9VTWE?version=3&amp;hl=fr_FR" allowFullScreen="true" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" /></object></p>
<p>Mushi Production se place alors en concurrence directe avec le géant <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/T%C5%8Dei_animation" target="_blank">Toei Animation</a>  <a class="simple-footnote" title="Fondée en 1948, la Toei sortira Le Serpent blanc de Edit : Taiji Yabushita ( direction artistique par Kazuhiko Okabe), premier long métrage d’animation japonais en couleur" id="return-note-3801-4" href="#note-3801-4"><sup>4</sup></a> avec des animés spécialement conçus pour la télévision. <strong>Le succès est colossal avec l’adaptation d’<em><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Astro,_le_petit_robot" target="_blank">Astro Boy</a> </em></strong>(Astro le petit robot en français), diffusée en 1963 et regardée, à son apogée, par près de la moitié de la population japonaise équipée d’un poste de télévision ! <em>Astro Boy</em> sera de plus la première série animée diffusée hors du Japon  <a class="simple-footnote" title="Aux Etats-Unis dès 1963. Il faudra attendre 1986, avec la version colorisée de 1984, pour la voir en France, dans l&#8217;émission Le Club Dorothée" id="return-note-3801-5" href="#note-3801-5"><sup>5</sup></a>.</p>
<p><object width="420" height="315" classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/d3UbaB7oPTw?version=3&amp;hl=fr_FR" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed width="420" height="315" type="application/x-shockwave-flash" src="http://www.youtube.com/v/d3UbaB7oPTw?version=3&amp;hl=fr_FR" allowFullScreen="true" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" /></object></p>
<p><strong>Cependant le rythme de diffusion à la télé (près de 200 épisodes en trois ans) impose de sévères contraintes,</strong> dont l’utilisation du procédé d’<a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Limited_animation" target="_blank">animation limitée</a>  <a class="simple-footnote" title="Utilisée d’ailleurs également par Disney" id="return-note-3801-6" href="#note-3801-6"><sup>6</sup></a>. Impossible donc de rivaliser avec la qualité des longs métrages de la Toei, ce qui frustre Tezuka.</p>
<p><strong>D’où son idée de se lancer dans un projet plus ambitieux : la trilogie <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Animerama" target="_blank">Animerama</a></strong> (contraction typiquement japonaise d’anime, cinema et drama) dont le but est de s’adresser, pour la première fois, à un public adulte.</p>
<p><object width="560" height="315" classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/-_SBQ5QcbAY?version=3&amp;hl=fr_FR" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed width="560" height="315" type="application/x-shockwave-flash" src="http://www.youtube.com/v/-_SBQ5QcbAY?version=3&amp;hl=fr_FR" allowFullScreen="true" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" /></object></p>
<p>En 1969 sort ainsi le premier long métrage de la trilogie, une adaptation des <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Mille_et_Une_Nuits" target="_blank">Mille et Une Nuits</a>, dont le héros reprend les traits de&#8230; Jean-Paul Belmondo !  <a class="simple-footnote" title="A se demander si Bébél n’est pas plus aimé au Japon qu’Alain Delon, le personnage de Cobra, créé par Buichi Terasawa, s’inspirant d&#8217;ailleurs également de lui" id="return-note-3801-7" href="#note-3801-7"><sup>7</sup></a>. Je n’ai malheureusement pas encore pu le voir mais ce long métrage fut un succès lors de sa sortie, encourageant Tezuka à poursuivre dans cette direction.</p>
<p><object width="560" height="315" classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/Sljsfkuojns?version=3&amp;hl=fr_FR" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed width="560" height="315" type="application/x-shockwave-flash" src="http://www.youtube.com/v/Sljsfkuojns?version=3&amp;hl=fr_FR" allowFullScreen="true" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" /></object></p>
<p><strong>Pas plus tard qu’en 1970 sort le deuxième long-métrage, <em><a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Cleopatra_(1970_film)" target="_blank">Cléopâtre</a></em>, coréalisé avec Eiichi Yamamoto.</strong> Et, <a href="http://centrifugue.fr/2010/200-motels-le-foirage-magnifique-de-zappa/" target="_blank">à l’image du <em>200 Motels</em> de Zappa</a>, c’est une oeuvre totalement “autre” que nous propose le papa d’Astro.</p>
<p>Propulsés dans un futur intersidéral rappelant furieusement <em>2001, l’Odyssée de l’espace</em>  <a class="simple-footnote" title="Coïncidence, Kubrick avait pensé un temps à Tezuka pour s’occuper des effets spéciaux" id="return-note-3801-8" href="#note-3801-8"><sup>8</sup></a>, nous faisons la connaissance de Jiro, Maria et Rupo qui décident de voyager dans le temps afin de percer le secret de Cléopâtre.</p>
<div class="wp-caption alignnone" style="width: 650px"><a href="http://www.flickr.com/photos/gwendalcentrifugue/6389470383/in/photostream" target="_blank"><img title="lybiacleopatre" src="http://farm7.staticflickr.com/6032/6389470383_af3db99107_z.jpg" alt="" width="640" height="274" /></a><p class="wp-caption-text">Lybia, personnage dans lequel se réincarne Maria...</p></div>
<p><strong>Même pas cinq minutes et les yeux du spectateur s’équarquillent</strong> à la vue de nos trois héros, mélanges de prises de vue réelles et de visages redessinés. L’idée est originale mais le résultat, plus de 40 ans après, est d’une laideur assez fascinante. Et on se demande alors si l’on a vraiment lancé le bon film.</p>
<div class="wp-caption alignnone" style="width: 650px"><a href="http://www.flickr.com/photos/gwendalcentrifugue/6389472023/in/photostream" target="_blank"><img src="http://farm7.staticflickr.com/6038/6389472023_d160f9ba0a_z.jpg" alt="" width="640" height="278" /></a><p class="wp-caption-text">Ionus, le gladiateur, dans lequel se réincarne Jiro...</p></div>
<p><strong>Heureusement nous voila expédiés à rebours dans le continuum espace-temps, direction l’Egypte antique.</strong> Et les esprits de nos trois héros de se voir transférés dans les corps de Lybia, rebelle à l’ordre romain, pour Maria, de Ionus, gladiateur romain blond, pour Jiro et enfin de Lupa, un&#8230; léopard, pour le malheureux Rupo, qui s’attendait avant le voyage à pouvoir profiter des plaisirs charnels de Cléopâtre. Dommage !</p>
<div class="wp-caption alignnone" style="width: 650px"><a href="http://www.flickr.com/photos/gwendalcentrifugue/6389473437/in/photostream" target="_blank"><img src="http://farm7.staticflickr.com/6228/6389473437_50b24958fa_z.jpg" alt="" width="640" height="277" /></a><p class="wp-caption-text">... et Lupa, pour le malchanceux Rupo. Un léopard qui, au vu de sa tronche, vient d&#39;être adopté par le professeur Graznok.</p></div>
<p><strong>Le film va suivre alors les aventures de ces trois personnages, sur une trame plus ou moins historique,</strong> contant la romance entre Cléopâtre et Jules César puis avec Marc-Antoine. J’arrête cependant là de vous narrer le film, pour ne pas vous gâcher le plaisir de la découverte, mais surtout parce que cela relève de la gageure, tant l’idée de cohérence du récit s’avère secondaire pour Tezuka et Yamamoto. Pas vraiment de quoi s’étonner alors que Cléopâtre fut un bide, qui menaça de couler Mushi Production.</p>
<div class="wp-caption alignnone" style="width: 650px"><a href="http://www.flickr.com/photos/gwendalcentrifugue/6389533265/in/photostream" target="_blank"><img title="cesarcleopatre" src="http://farm7.staticflickr.com/6113/6389533265_5f85716122_z.jpg" alt="" width="640" height="275" /></a><p class="wp-caption-text">Jules César (oui, il a la peau verte, cherchez pas) et Cléopâtre.</p></div>
<p><strong>Cependant, malgré tous ces défauts, la vision de <em>Cléopâtre</em> reste magique et plaisante, tant le film fourmille d’idées.</strong> Tel un gamin qui peut enfin réaliser son rêve animé, Tezuka part dans tous les sens, expérimente, ose les ruptures de ton les plus abruptes et les changements de techniques graphiques  <a class="simple-footnote" title="Chaque animateur était chargé d’un personnage ou d’une scène, le tout étant ensuite regroupé" id="return-note-3801-9" href="#note-3801-9"><sup>9</sup></a>.</p>
<div class="wp-caption alignnone" style="width: 650px"><a href="http://www.flickr.com/photos/gwendalcentrifugue/6389472667/in/photostream" target="_blank"><img title="rhinoceroscleopatre" src="http://farm7.staticflickr.com/6051/6389472667_90e5c78b65_z.jpg" alt="" width="640" height="408" /></a><p class="wp-caption-text">L&#39;une des oeuvres présentées lors du défilé artistique surréaliste à Rome. Si vous connaissez l&#39;oeuvre originale je suis preneur, parce que là je sèche.</p></div>
<p><strong>Cela donne ainsi une scène de parade romaine mutant en ode à l’art européen, en passant par l’assassinat de César version théâtre japonais. Rien que ca.</strong> Sans parler des dizaines de clins d’oeil facon Gotlib, où l’on retrouve des personnages comme Astro Boy, l’Oncle Moustache <a class="simple-footnote" title="Premier personnage célèbre créé par Tezuka alors qu&#8217;il était encore enfant" id="return-note-3801-10" href="#note-3801-10"><sup>10</sup></a> ou même la créature de Frankenstein. Et je vous passe les scènes érotiques expérimentales. Années 70 vous avez dit ?</p>
<div class="wp-caption alignnone" style="width: 650px"><a href="http://www.flickr.com/photos/gwendalcentrifugue/6389473011/in/photostream" target="_blank"><img title="sexecleopatre" src="http://farm7.staticflickr.com/6094/6389473011_6edfce6ae5_z.jpg" alt="" width="640" height="276" /></a><p class="wp-caption-text">L&#39;une de scènes érotiques du film, tout en crayonnés épurés et à l&#39;animation basée sur la respiration. Joli.</p></div>
<p><strong>Le cul est d’ailleurs l’autre principal intérêt de Cléopâtre.</strong> Même si à l’heure de YouPorn et des films cryptés de Canal+, le film est des plus légers, c’est une vraie révolution dans les années 70. Rien moins que le premier long métrage érotique animé au Japon, genre que l’on connait également sous le nom d’<a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Hentai" target="_blank">hentai</a>. Que les adolescents et jeunes adultes du monde entier soient donc reconnaissants envers Tezuka.</p>
<div class="wp-caption alignnone" style="width: 650px"><a href="http://www.flickr.com/photos/gwendalcentrifugue/6389471545/in/photostream" target="_blank"><img title="lybialupa" src="http://farm7.staticflickr.com/6053/6389471545_23c7824dea_z.jpg" alt="" width="640" height="276" /></a><p class="wp-caption-text">En parlant d&#39;exploitation, c&#39;est le moment pour un plan nichon ! (Agrémenté d&#39;une nouvelle tronche démente de Lupa qui fait fondre le professeur Graznok)</p></div>
<p><strong>La dimension érotique du Cléopâtre de Tezuka deviendra d’ailleurs l’argument principal de vente aux Etats-Unis</strong> quand il sortira en 1972. Réintitulé <em>Cleopatra : Queen of Sex</em> le film sera soit disant classé X  <a class="simple-footnote" title="Alors que le métrage n’a pas été vu par la MPAA, autorité en charge de la classification des films" id="return-note-3801-11" href="#note-3801-11"><sup>11</sup></a>, dans une démarche typique du <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Film_d'exploitation" target="_blank">cinéma d’exploitation</a>, afin de surfer sur le succès de <em><a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Fritz_the_Cat_(film)" target="_blank">Fritz the Cat</a></em> de Ralph Bakshi sorti la même année.</p>
<p>Bref, Cléopâtre a de quoi ravir les amateurs d’anime, d’histoire, de science-fiction, d’érotisme et de films cultes. Ou tout simplement ceux qui souhaitent se faire un voyage psychédélique dans l’univers gigantesque de Tezuka, histoire de voir plus loin que son image lissée par la légende.</p>
<div class="wp-caption alignnone" style="width: 650px"><a href="http://www.flickr.com/photos/gwendalcentrifugue/6389471075/in/photostream" target="_blank"><img title="massacre" src="http://farm7.staticflickr.com/6226/6389471075_e72b65b5b2_z.jpg" alt="" width="640" height="276" /></a><p class="wp-caption-text">Et il y aussi de quoi ravir les amateurs de violence !</p></div>
<h3>Addendum</h3>
<p><strong>“<em>Et le troisième film de cette trilogie ?</em>”</strong>, me lance ce charmant lecteur de Carpentras, histoire de me mettre à l’amende. J’y viens justement.</p>
<p>Sorti en 1973 et réalisé cette fois entièrement par Eiichi Yamamoto, <em><a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Kanashimi_no_Belladonna" target="_blank">Tragedy of Belladonna</a></em> (<em>Kanashimi no Belladona</em> en japonais) s’inspire de <em><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Sorci%C3%A8re_(1862)" target="_blank">La Sorcière</a></em> (1862), de l’historien français <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Jules_Michelet" target="_blank">Jules Michelet</a>, et reprend ce cocktail fait de drame et d’érotisme.</p>
<p>Je n’ai malheureusement pas encore pu le voir, en dehors de la bande annonce ci-dessous  <a class="simple-footnote" title="Mais je vous conseille de lire cet article sur Esotikafilm" id="return-note-3801-12" href="#note-3801-12"><sup>12</sup></a>, <strong>mais les inspirations graphiques de Yamamoto, en particulier l’Art Nouveau, Gustav Klimt ou Egon Schiele, ont titillé ma curiosité. </strong></p>
<p><object width="420" height="315" classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/Cdp85x9d0A4?version=3&amp;hl=fr_FR" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed width="420" height="315" type="application/x-shockwave-flash" src="http://www.youtube.com/v/Cdp85x9d0A4?version=3&amp;hl=fr_FR" allowFullScreen="true" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" /></object></p>
<p><strong>Tout comme <em>Cléopâtre</em>, <em>Tragedy of Belladonna</em> fut un échec lors de sa sortie, entrainant la faillite de Mushi Production.</strong> Tezuka ne produira alors plus de long métrage avant 1978 et <em><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Prince_du_soleil" target="_blank">Le Prince du Soleil</a></em>, premier long métrage animé destiné à une diffusion télé.</p>
<div class="wp-caption alignnone" style="width: 522px"><a href="http://www.flickr.com/photos/gwendalcentrifugue/6145369288/" target="_blank"><img class=" " title="belladona" src="http://farm7.staticflickr.com/6078/6145369288_ef3e2cd075_z.jpg" alt="" width="512" height="397" /></a><p class="wp-caption-text">Une capture de Tragedy of Belladonna, aka Belladonna of Sadness aka Kanashimi no Belladona (on s&#39;y perd).</p></div>
<p><strong><em>“Et comment fait on pour voir cette trilogie Animerama ?”</em></strong>, m’interpelle de nouveau cet aimable (mais un peu agaçant) lecteur de Carpentras. Et bien direction le site PlayAsia pour vous procurer les DVD édités par Columbia en 2004, avec respectivement <a href="http://www.play-asia.com/paOS-13-71-a7-49-fr-70-17xo.html" target="_blank">Les Mille et Une Nuits</a>,  <em><a href="http://www.play-asia.com/paOS-13-71-a7-49-fr-70-17xq.html" target="_blank">Tragedy of Belladonna</a></em> et <em><a href="http://www.play-asia.com/paOS-13-71-a7-49-fr-70-9vv.html" target="_blank">Cléopâtre</a></em>. Comptez de 30 à 60 euros par DVD (sans les frais de port).</p>
<p><strong>Reste sinon le chemin tortueux du web</strong>, sur lequel vous pourrez tomber sur une version (incomplète et non sous titrée malheureusement) des <a href="http://www.youtube.com/watch?v=bHgItEX6Xjs" target="_blank"><em>Mille et Une Nuits</em> hébergée sur Youtube</a> ou sur <a href="http://www.myduckisdead.com/2011/09/kureopatora-1970-osamu-tezuka-eiichi.html" target="_blank">une copie de <em>Cléopâtre</em></a>, traduite automatiquement du japonais au chinois puis du chinois à l’anglais et corrigée à la marge par des fans. De quoi rajouter une nouvelle dose d’étrangeté au film !</p>
<p>Sur ce, je vous salue bien bas et voici en guise de cadeau bonus <em>Jumping</em>, court métrage expérimental de Tezuka daté de 1984 :</p>
<p><object width="420" height="315" classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/Cos_SIBnv5g?version=3&amp;hl=fr_FR" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed width="420" height="315" type="application/x-shockwave-flash" src="http://www.youtube.com/v/Cos_SIBnv5g?version=3&amp;hl=fr_FR" allowFullScreen="true" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" /></object></p>
<p><strong>Dessins restaurés, textes : Gwen</strong></p>
<div class="simple-footnotes"><p class="notes">Notes:</p><ol><li id="note-3801-1">Comme ma nièce, que j&#8217;embrasse très fort <a href="#return-note-3801-1">&#8617;</a></li><li id="note-3801-2">Comme ma mère ;) <a href="#return-note-3801-2">&#8617;</a></li><li id="note-3801-3">Dont Bambi, dont il avait imaginé une adaptation japonaise dans les années 60 <a href="#return-note-3801-3">&#8617;</a></li><li id="note-3801-4">Fondée en 1948, la Toei sortira <em><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Serpent_blanc_(film)" target="_blank">Le Serpent blanc</a></em> de <strong>Edit :</strong> Taiji Yabushita ( direction artistique par Kazuhiko Okabe), premier long métrage d’animation japonais en couleur <a href="#return-note-3801-4">&#8617;</a></li><li id="note-3801-5">Aux Etats-Unis dès 1963. Il faudra attendre 1986, avec la version colorisée de 1984, pour la voir en France, dans l&#8217;émission Le Club Dorothée <a href="#return-note-3801-5">&#8617;</a></li><li id="note-3801-6">Utilisée d’ailleurs également par Disney <a href="#return-note-3801-6">&#8617;</a></li><li id="note-3801-7">A se demander si Bébél n’est pas plus aimé au Japon qu’Alain Delon, le personnage de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Cobra_(manga)" target="_blank">Cobra</a>, créé par Buichi Terasawa, s’inspirant d&#8217;ailleurs également de lui <a href="#return-note-3801-7">&#8617;</a></li><li id="note-3801-8">Coïncidence, Kubrick avait pensé un temps à Tezuka pour s’occuper des effets spéciaux <a href="#return-note-3801-8">&#8617;</a></li><li id="note-3801-9">Chaque animateur était chargé d’un personnage ou d’une scène, le tout étant ensuite regroupé <a href="#return-note-3801-9">&#8617;</a></li><li id="note-3801-10">Premier personnage célèbre créé par Tezuka alors qu&#8217;il était encore enfant <a href="#return-note-3801-10">&#8617;</a></li><li id="note-3801-11">Alors que le métrage n’a pas été vu par la MPAA, autorité en charge de la classification des films <a href="#return-note-3801-11">&#8617;</a></li><li id="note-3801-12">Mais je vous conseille de lire <a href="http://esotikafilm.com/reviews/belladonna.html" target="_blank">cet article sur Esotikafilm</a> <a href="#return-note-3801-12">&#8617;</a></li></ol></div>]]></content:encoded>
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