Freestylers : le beat imparable

août 16th, 20111:00 @

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Freestylers : le beat imparable

Ayant connu leur heure de gloire au milieu des années 90 avec l’engouement pour la scène techno anglaise dite « Big Beat », les Freestylers témoignent d’une inventivité propre à dépasser le simple effet de mode. Puisant aussi bien dans les courants les plus actuels de la scène techno de l’époque ou de la culture hip-hop et funk, leur musique, près de 15 ans après, n’a rien perdu de son pouvoir magique : après 10 secondes d’écoute, c’est l’envie irrépressible de s’agiter au rythme du son.

Les Freestylers se sont formés autour des DJs et producteurs de musique électronique Matt Cantor, Aston Harvey et Andrew Galea, tous trois impliqués dans la scène anglaise depuis les années 80. Leur premier hit est le single Drop the Boom, en 1996, et fait le tour des dancefloors en Angleterre et à Miami. S’en suit la sortie de l’EP Freestyle, toujours en 1996.

C’est à ce moment qu’Andrew Galea quitte l’aventure. En retour, le groupe s’étoffe avec l’arrivée aux scratchs de Jason Tunbridge (alias Mad Doctor X, l’homme qui peut même scratcher sur Street Fighter 2), du guitariste Tony Ayiotou, du batteur Clive Jenner, du bassiste Joe Henson, ainsi que de deux MC occasionnels (MC Navigator et Tenor Fly, vétérans de la scène jungle) et trois breakdancers dont on peut admirer le talent dans le clip de B-Boy Stance :


La reconnaissance auprès du grand public débute en 1998, avec la sortie de l’album We Rock Hard. Le single B-Boy Stance deviendra un hit au Royaume-Uni. Le morceau Don’t Stopleur ouvrira également les portes du marché américain. Les Freestylers sortiront par la suite les albums Pressure Point (2001), Raw as Fuck (2004) et Adventures in Freestyle (2006).

S’ils ont été portés médiatiquement par la vague du big beat venue d’Angleterre (Prodigy, Chemical Brothers ou Fatboy Slim pour les plus connus), attribuer leur succès à une mode serait réducteur. Car les Freestylers arrivent à condenser dans leur musique plus de 20 ans de culture du clubbing. Soul, funk, electro-funk (Soul Sonic Force fait ainsi une apparition surWe Rock Hard), house, acid, rave, jungle, dub, dancehall, hip-hop, toutes ces influences convergent vers un seul but : faire danser, longtemps et avec toute son énergie.

Cet art du mélange fait penser aux Beastie Boys (c’est une lubie chez moi) mais les influences punk-hardcore des kids de Brooklyn sont ici remplacées par les scènes des free parties, qui ont emergé au Royaume-Uni, que cela soit l’acid techno ou la jungle. Et c’est ce qui peut constituer une limite auprès d’un public habitué aux tubes.

Si des morceaux comme B-Boy StanceRuffneck ou Painkiller s’insèrent parfaitement dans ce créneau, le format « album », avec des titres bien séparés, ne rend pas justice à leur talent. L’achat de We Rock Hard est certes des plus judicieux mais des sets comme celui au club Fabric (vol 19, en 2004) ou l’Essential mix de Radio 1 (en 1998) permettent d’apprécier au mieux les changements d’ambiance et leur imbrication ainsi que les légères variations apportées aux morceaux.

Alors certes, après les avoir écouter, vos rotules seront en miette à force de vous prendre pour le roi du dancefloor et vos oreilles auront été dévastées par des basses nucléaires mais votre cerveau, lui, continuera de se dandiner jusqu’au bout de la nuit.

Liens :
Le site officiel
Le site Myspace de Tenor Fly
Le site Myspace de Mad Doctor X
Le site Myspace de MC Navigator

Texte et dessin : Gwendal (d’après pochette de disque du groupe punk Savage Circle)
Photo : The Freestylers

En bonus, Tarantula de Pendulum avec une apparition de Tenor Fly :

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