La leçon de choses : présentation

octobre 6th, 20113:07 @

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La leçon de choses : présentation

C’est avec un plaisir non dissimulé que je vous annonce par ces quelques lignes la création d’une nouvelle rubrique sur Centrifugue : la leçon de choses. Cette méthode d’enseignement datant du joyeux XIXe siècle, et consistant à partir de l’observation des choses les plus élémentaires pour élever la conscience de nos chères têtes blondes, est ainsi remise au goût du jour grâce au maître John Malback. Confrère de beuveries du professeur Graznok alors qu’ils usaient tous deux leurs fonds de culotte sur les bancs de la faculté, maître John Malback vous entretiendra désormais dans cette rubrique de ses recherches en linguistique, continuant ainsi la mission sacrée de ce blog, à savoir s’instruire en s’amusant. Mais je m’efface, et laisse la place au cador des mots. Et silence dans les rangs !

Rira bien qui rira le dernier”, “A bon chat, bon rat”, “Pierre qui roule n’amasse pas mousse », « Neige en août, pâté en croûte »… Autant d’expressions que le bon sens populaire, source confortable de bonnes pratiques sociétales et de prêt-à-penser de bon aloi, a fait rentrer dans nos mémoires, nos habitudes, nos vies 1.

Mais, savez-vous vraiment d’où viennent ces enchanteresses formules ? Savez-vous vraiment par quels replis tortueux de l’Histoire, par quelles circonvolutions métaphysiques, à travers quels prismes archétypo-linguistiques ces aphorismes sont-ils passés, traversant les siècles, les peuples et les esprits pour se retrouver aujourd’hui invariablement utilisés par votre grand-mère/le boucher/le vieux du dessous/la boulangère, avec une probabilité d’occurrence tendant systématiquement vers l’infini, dès lors qu’il n’y a plus rien à dire ?

« Y en a un peu plus, je vous le laisse ? »

Quelle est l’origine antédiluvienne de ces maximes et proverbes, aujourd’hui des mantras, presque des formules cabalistiques dont le pouvoir suprême est de remplir un blanc de conversation, prouver qu’on a raison, parler pour ne rien dire, tout ca en faisant appel à la sagesse des ancêtres -paix à leurs âmes- et à la merveilleuse mécanique de la langue de Molière ?

Autant de questions fascinantes, auxquelles nous allons tenter de répondre dans cette rubrique.

Mais avant toute chose, je me présente : John Malback, diplômé de la faculté de cryptolinguistique séquentielle de New-York, Maitre de conférence à la Sorbonne (chaire de méta-sémantique comparée), Vice-président du Conciliabule Endo-académique de Littérature Populaire et Populiste de Vitrolles, doyen du Cercle des Pouet-Pouet disparus, dramaturge incompris, humoriste chafouin, gigolo occasionnel, fumeur de pipe invétéré, et accessoirement triple champion du monde de Chess-Boxing (catégorie poids lourds).

Je serai votre guide dans les méandres purulents et marécageux de la langue française, où se terrent les « petites phrases » moralisatrices et édifiantes qui construisent l’inconscient de l’homme moderne. Aux abois, Lecteur ! A mon bras, Lectrice ! Hu-dia ! Sus à l’ignorance des foules ! Que diable, nous sommes sur Centrifugue (mâtin, quel blog !) ; le voyage sera dangereux parfois, éprouvant toujours, ennuyeux jamais !

Eteignez vos ceintures, attachez vos mégots, c’est parti…

Note de Gwen : première leçon de choses très bientôt (et pas plus tard que maintenant), mais en attendant, vous pouvez toujours révisez votre catéchisme en suivant les aventures cosmiques de Jésus.  

Dessins : Gwendal

Texte : John Malback

 

 

 

 

 

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Notes:

  1. Particulièrement en France, patrie du bon gout et de la pensée élégante.