La tryanglature du cercle

juillet 30th, 20145:22 @

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La tryanglature du cercle

Mes enfants, bonjour ! Aujourd’hui je voulais m’entretenir avec vous d’une nouvelle importante, qui me trottait dans la tête depuis quelques temps. Mais avant toute chose, je vais m’en aller ouvrir un peu les fenêtres de ce taudis. Ca sent vraiment le renfermé par ici. A croire que personne n’était passé dans l’interface admin de ce blog depuis des mois… Des lecteurs fidèles, si tant est qu’il y en est encore par ici, pourraient même se dire que Centrifugue était fermé. Kaput. Terminé. Game over. Ce qui n’est pas loin de la vérité, mais pas vraiment quand même. Cependant, pour comprendre cette phrase sybilline, passons au paragraphe suivant.

Chers amis, je suis las. L’enthousiasme juvénile qui m’habitait lors de la création de Centrifugue n’est plus. Trouver de nouveaux sujets à même de me coller pendant plusieurs heures devant un écran, me mettre en quête d’informations et chercher des tournures de phrases tarabiscotées et parsemées de références obscures : tout cela s’est envolé comme la virginité d’une adolescente après une soirée trop arrosée. La dure réalité est devant vous mais impossible de se rappeler le moment exact où tout a basculé. On tente de se dire que tout cela n’est pas arrivé. Que c’est un mauvais rêve. Mais après cette période où la migraine rivalise avec la bouche pâteuse, il s’agit de regarder la vérité en face.

Voici en effet depuis plusieurs mois que ce site était plus ou moins à l’abandon. J’ai bien essayé un temps de cacher cet état de fait par des ruses diverses, dont la republication d’articles ou même un baroud d’honneur avec mon article graphique sur Gotlib mais je suis à sec de sujets propres à réveiller en moi le journaliste total.

Tout ceci est dur à avaler, car il y a dans l’arrêt de Centrifugue un sentiment inévitable d’échec. Moi qui pensait pouvoir éclairer le monde avec mes articles délicatement chantournés, mes recherches érudites et mes dessins psychédéliques, je n’ai récolté au final que quelques commentaires cà et là, un like ou deux sur Facebook histoire d’être sympa et un silence poli de sites jugés sérieux dont je pensais pouvoir titiller l’intérêt.

Déception donc mais il s’agit également de reconnaître que l’aventure fut belle. Plus d’une centaine d’articles, des collaborations fructueuses avec l’ami Thierry, le stupéfiant John Malback, l’anti Philippe Manoeuvre qu’est Stoner, les incontournables exposés de bwitologie du Pr Graznok ou des articles graphiques des plus originaux. Il y a eu un sacré boulot de fait sur ce site et, même si je continue de pester de voir les liens hypertexte se casser peu à peu, je peux me dire un tant soit peu fier de tout ca.

Est ce la fin pour autant ? Pas tout à fait, mes fidèles lecteurs ! Car en bon zélote du chaos, Centrifugue ne s’arrête pas vraiment. Je vais plutôt le faire muter. Voici en effet depuis plus d’un an que je file un coup de main, de temps à autre, à une publication de qualité dont l’auteur vénère le bizarre autant que moi, si ce n’est plus : Tryangle.fr

Ce webzine dévolu aux “weird studies” a, je pense, un grand potentiel pour subvertir notre belle jeunesse. Et apporter ma modeste pierre à cette entreprise pourrait être l’occasion de retrouver cette fraîcheur et cette audace qui me font tant défaut actuellement. Je ne sais point encore si je retrouverai là bas l’aisance au clavier qui me caractérisa durant l’âge d’or de Centrifugue, mais je m’amuserai sans doute à y balancer news étranges, images hallucinées et dessins biscornus.

Sur ce, nobles et estimés lecteurs de Centrifugue, je vous fais mes adieux sur ce site et vous donne rendez-vous sur Tryangle.fr. N’hésitez pas à continuer de fouiller quand même sur ce site, vous y trouverez peut-être des pépites.

En vous remerciant, bonsoir

Texte, dessin : Gwen

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