Le dessin du jour : l’autorestauration

août 16th, 20124:06 @

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Le dessin du jour : l’autorestauration

Avouez que ce n’est pas banal, chers lecteurs : voila quelques mois, j’avais créé cette rubrique du dessin du jour 1 qui devait me permettre de conjuguer avec brio mon obsession du dessin et votre besoin sans fin d’émerveillement. Un moyen également de combler à peu de frais le vide existentiel entre deux articles de journalisme total.

Mais, pour une raison qui m’échappe encore 2, cette rubrique se retrouvait un peu à l’abandon. Un comble pour quelqu’un qui n’a de cesse d’aligner dessin sur dessin ! C’est donc plein de détermination que je m’apprête à relancer la machine avec un papier, un peu plus long que le format habituel, consacré à rien moins que l’autorestauration. Vous n’y comprenez rien ? C’est normal, tout s’explique au paragraphe suivant. Alors, un peu de gymnastique oculaire et on se retrouve tout de suite.

Voila, c’est pas trop compliqué, non ? Bien, poursuivons. L’autorestauration, mais qu’est-ce donc que ce barbarisme ? C’est simple comme tout, chers lecteurs. C’est un concept à moi qui reprend cette idée de restauration, dont je vous avais déja causé précédemment, mais appliqué cette fois – et c’est la qu’est toute l’astuce ! –  à mes propres oeuvres. Etonnant, non ?

Premier exemple avec, de gauche à droite, la version au brouillon avec un feutre, celle réalisée sur Photoshop et la dernière, en vectoriel

Pas vraiment pour votre serviteur. Tout ceci n’est en effet, à l’aune du chemin parcouru dans ma carrière d’artiste total, qu’une suite logique. Car, contrairement à ce que disait Voltaire, – un bel enfoiré d’ailleurs, comme aurait pu le dire ce brave Henri Guillemin s’il n’avait pas eu d’éducation -, le mieux est l’ami du bien dans mon esprit.

Peut mieux faire”, voila ce à quoi s’accordaient la plupart des mes professeurs au collège-lycée, alors que ma moyenne s’abaissait avec une régularité métronomique d’année en année. Jusqu’à se stabiliser vers 10-11-12. Note moyenne dira t-on mais qui avait le grand avantage de me dégager après l’école un temps non négligeable pour dessiner, lire et mater les live de Nulle Part Ailleurs.

Peut mieux faire”. Oui, évidemment que je pouvais mieux faire ! Encore faut-il être suffisamment passionné pour s’en donner les moyens. Et avoir des profs qui savent communiquer cette passion, ca aide. Mais bien souvent ce n’est pas monté en série dans le corps enseignant…

Deuxième exemple avec, de gauche à droite, la version au brouillon, celle au début d’Illustrator et la dernière en date, terminée il y a quelques semaines, et disponible sur ma boutique Red Bubble.

En revanche quand la passion m’animait, ne vous inquiétez pas pour me motiver ! Et c’est alors mes parents qu’il fallait plaindre, pris sous mes assauts monomaniaques. Tenez, rien que les jeux vidéos, il en aura fallu une patience infinie à ma mère pour assouvir cette addiction au high score. Me permettre d’aller contempler les boites de jeux atari ST à la grande ville, et choisir parmi ceux qui auront l’insigne honneur d’être parcourus de long en large par mon auguste personne.


Je ne le savais pas encore mais j’allais passer un été dessus

Mais grâce à tout cela, je peux désormais me targuer d’avoir terminé Turrican, Elf, Altered Beast, Street Fighter 2 3 ou Shadow Warriors 4. Progressant peu à peu dans les niveaux, j’essuyais de sevères défaites mais, à force de persévérance et de joysticks explosés, mes efforts étaient enfin récompensés par une animation de fin pixellisée et la possibilité d’inscrire son nom en lettres d’or dans le hall des héros.


JE L’AI FAIT !

Bien n’était pas suffisant pour déjouer les perversités vidéoludiques. Il fallait faire mieux. Mieux que la machine. Mieux que vous la partie précédente, celle où vous aviez fini piteusement empalé contre un mur.


Rick Dangerous, le jeu capable de filer une crise cardiaque à un gosse. OUAAAAAH !

Et c’était la même chose pour mon autre grande passion : le dessin. Mieux faire, cela passait par copier les grands maitres, à savoir Fred, Gotlib et Franquin. Et pousser toujours plus loin cette idée de grand dessin, née au collège d’un amour pour le détail et les symboles les plus variés.

A gauche, grand dessin 2001, réalisé à la peinture et à l’encre, et à droite sa restauration en vectoriel, réalisé début 2012.

Cette épopée du grand dessin, je vous en avais déja causé une autre fois mais c’est à partir de là qu’ont été plantées les grains de l’autorestauration. Travaillant encore sur papier, il me fallait collecter les dessins disséminés sur des feuilles de cours et ensuite les recopier au propre, voire rajouter de la couleur. Et ensuite, avec le passage sur ordinateur, il fallut scanner ces brouillons pour les incorporer, retravaillés sur Photoshop, aux nouveaux grands dessins.

Mais le passage au dessin vectoriel fut le moment décisif. Comparé aux tracés mathématiques d’Illustrator, mes traits tremblotants sur toshop faisaient désormais pitié. Il fallait donc tout reprendre, améliorer tout ca. Et, après coup, le résultat en valait la peine. Enfin pour moi. Et c’est déjà pas mal.

Un dernier pour la route avec la version brouillon, celle des débuts d’Illustrator et une restauration toute récente

Pour un temps seulement, hélas. Car, au fil des heures passées sur mon écran, ma maitrise des arcanes d’Illustrator s’améliorait (un peu). Et mon regard de devenir de plus en plus critique sur mes premières tentatives en vectoriel. D’où une nouvelle vague, la plus récente, d’autorestauration.

Jusqu’ici j’arrive à contenir cette pulsion tant bien que mal, en la détournant vers moult autres projets essentiels. Et il y a de quoi faire. Mais de voir la fréquence des cycles d’autorestauration s’accélérer, je ne peux que frémir au fond de moi à l’idée qu’un jour, je me surprenne à restaurer au même moment l’oeuvre que je dessine…

Texte, dessins : Gwen – Photo tirée des Internettes

Pendant que vous y êtes, lisez aussi :

Notes:

  1. Idée fameuse piquée à mon estimé confrère Moyenman
  2. La flemme probablement
  3. Sept disquettes le jeu, ca déconnait pas !
  4. Celui la, pour le finir, fallait s’accrocher