Le dessin du jour : serious business

décembre 7th, 20112:07 @

1


Le dessin du jour : serious business

Long time no see comme disait l’autre. Pas loin de deux semaines en effet depuis le dernier article sur le Cléopâtre de Tezuka et Yamamoto, si j’oublie la republication de celui 1 consacré au photographe Glen E. Friedman. Et ca c’est mal. Alors que dire pour justifier cette absence qui a, sans aucun doute, dû faire couler de chaudes larmes à mes lecteurs désemparés ? Hmm, pas grand chose en fait. Pas la motivation pour écrire ces derniers temps tout simplement 2

Alors, quand on a le spleen, le blues, quoi de mieux que revenir à son premier amour : le dessin. Ca vide bien la tête de faire mumuse sur Illustrator et voir la barre des 1700 dessins sur Flickr s’approcher à grands pas me procure un plaisir masturbatoire certain.

Mais le Devoir n’a pas tardé à venir toquer à la porte de mon appart. Il a enjambé avec difficulté les cadavres de litron de coca, s’est tapé une bonne quinte de toux en s’approchant de mon bureau enfumé, m’a tapoté l’épaule et m’a dit : «T’es gentil à dessiner comme un autiste toute la journée, mais tu voudrais pas faire quelque chose de constructif avec ?»

J’ai tenté de le contrer à coups d’excuses élaborées comme «Je dois finir de redessiner ma 132e case de comics avant, désolé», «J’ai une mission à terminer sur GTA IV», «Attends, j’ai un article de catch à lire» et autre «Boah, pfouuu».

Et ca n’a malheureusement pas marché.

Penaud, je n’avais plus qu’à m’éxécuter. «Faire quelque chose de constructif avec mes dessins»… Cela voudrait-il dire les faire connaitre à d’autres personnes que mes amis et mes parents ? Mais il faudrait pour cela un ego surdimensionné ! Et comment je vais bien pouvoir faire ca ? Je ne sais plus que dessiner en ce moment !

«Oh, arrête tes questionnements sans fin et tes jérémiades, répondit séchement le Devoir alors qu’il s’installait, sans gène aucune, dans mon pouf XXL et commençait à se rouler une clope. T’es journaliste, tu sais écrire et faire de la mise en page. T’arrives à causer du travail des autres alors pourquoi pas changer et expliquer le tien ?»

«Oui mais…», tentai-je de lui répondre, avant de me prendre en pleine tête une bouteille de coca (heureusement vide) qu’il venait de saisir à ses pieds.

«Ok, ok, j’vais l’faire. Pffff…», lui disais-je, frottant mon front encore endolori.

Et voici donc qu’après plusieurs journées passées à mettre en forme le bordel graphique qui constitue mon « oeuvre », sous la menace d’un nouveau lancer de bouteille (pleine cette fois), je pouvais admirer le fruit de mon labeur : un joli PDF (de 50 mo, oui, j’dois réduire ca…) présentant mon boulot et le pourquoi du comment je passe plus de temps à dessiner qu’à remplir mon devoir de citoyen productif. Bref, un book, comme on appelle ca chez les initiés.

Mise en page classieuse 3, sélection avisée de ma production et textes explicatifs, et même – rareté des raretés – une photo de moi, souriant : le rendu est, ma foi, pas dégueu.

Ne me reste plus donc qu’à aller faire imprimer tout ca, expédier des exemplaires à des gentils galeristes et attendre de participer à des vernissages où le champagne coulera à flots.

Et ensuite, à moi la vie d’artiste !

Au RSA.

Texte, dessins : Gwen

 

 

 

 

Pendant que vous y êtes, lisez aussi :

Notes:

  1. Excellent, cela va sans dire
  2. Mais ca va revenir, ne vous inquiétez pas
  3. Bien aidé par mon estimé et talentueux camarade Splif