Le dessin du jour : This is Madness !

janvier 28th, 20128:16 @

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Le dessin du jour : This is Madness !

Mes chers lecteurs, bonjour ! Et laissez-moi tout d’abord vous rassurer : je suis toujours vivant, en dépit d’une régularité des posts un peu aléatoire ces derniers temps. Mais, comme expliqué précédemment, des Raisons Supérieures m’ont amené vers d’autres dimensions. A savoir la réalisation de deux mindmaps, l’une sur le discordianisme et l’autre sur la préhistoire de l’informatique teintée de substances psychotropes et vapeurs d’encens. Mais surtout, compagnons, j’ai eu la semaine dernière l’Illumination : un grand dessin est né ! Hosana ! Noël ! Pâques ! Trinité ! Mais laissez moi vous conter cela dans le prochain paragraphe, après cet intermède musical.

Reprenons : En novembre dernier, je vous avais fait part, dans une démarche proche de l’auto psychanalyse, des affres et tourments qui m’assaillaient. Un grand dessin je me devais de faire. Pour moi. Pour vous. Pour personne. Parce que je le voulais. Et puis c’est tout. Mais pas moyen de trouver la manière de me le sortir du crâne.

Je sombrais alors dans une boulimie de restauration en tous genres : Jack Kirby, couvertures de livres, cases de comics, etc. Cela n’avait plus de fin.

Et, finalement, j’ai trouvé la clé en revenant aux sources de ma créativité psychotique : Une semaine de réunion pour un projet de journal. Des heures et des heures à écouter les arguments inflammés et les idées des uns et des autres. Le cadre parfait pour déployer ma technique ancestrale du crobard.

Armé d’un stylo bic et d’une feuille de papier, l’oeil braqué sur elle, je pouvais disparaitre des débats tel un ninja avec sa bombinette à fumée. Tant que je couvrais mes parchemins de formes impies, mes confrères ne pouvaient me forcer à émettre un mot sur le chemin de fer, la ligne éditoriale ou toute autre question sur laquelle j’étais bien incapable d’avoir un avis. Car le doute m’habite.

De retour en mon logis, fourbu mais fier de sentir que mes talents de mystificateur étaient intacts, je pouvais désormais procéder à de nouvelles cérémonies cabalistiques. Car, tel l’alchimiste, je devais encore purifier ces formes. Par des rituels aussi étranges que le scannage et le retraçage en vectoriel, les courbes, chargées d’énergie mais encore enfievrées et irrégulières, atteignaient peu à peu leur maximum d’intensité.

Plongé dans un état de transe, les brouillons disparaissaient, remplacés par des dessins plus mirifiques les uns que les autres. Je sentais la puissance créative m’inonder. J’atteignais le septième sens.

Mais tout cela était trop facile.

Ou était donc l’effort, l’intensité ? Mon énergie se dispersait. Et il fallait la concentrer dans une oeuvre cyclopéenne. Créer un artefact qui submergerait le spectateur, où il perdrait tous ses repères, et gagnerait quelques points de folie au passage.

Bref, un grand dessin !

Ivre de cet éclair créatif, j’allais cherchais les parchemins maudits que j’avais enterré il y a près de six mois.

En les contemplant pour la première fois j’avais décelé le pouvoir destructeur qu’ils enfermaient. Et, raisonnable, j’avais préféré renoncer. Mais pas cette fois.

Tout ce qu’il me fallait c’était de la méthode, de la rigueur maniaque, froide et résolue, pour pouvoir canaliser l’indicible émanant de ces formes. Garder ce contrôle total en dépit de toute les avanies qui allaient émailler ce projet du démon. Maitriser son trait case après case…

Après case…

Après case…

Après case…

Après case…

Enfin vous voyez le genre.

J’en perdais le sommeil, ma joie de vie si caractéristique s’éteignait. Toute distraction était proscrite. Une erreur d’attention en c’en était perdu de moi. Un coup à terminer en HP.

Mais après une semaine d’efforts, le dessin est apparu à moi dans son ensemble. Telle une cathédrale dédiée aux forces obscures, la Metaface poussait son cri d’horreur au monde.

Fier de mon travail chaotique, je pouvais désormais quitter ma réclusion. Et vous livrer ici même, encore sous le choc, le récit de cette aventure occulte.

Sur ce, fidèles lecteurs, je vous souhaite un bon week-end. Et comme disait l’oncle Friedrich, si vous plongez longtemps votre regard dans la Metaface, la Metaface vous regardera aussi.

Dessins, texte : Gwen

 

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