Le petit guide du dubstep

juin 27th, 20122:23 @

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Le petit guide du dubstep

Les guitares ayant été mises à l’honneur récemment (oui, ca fait un mois, mais le temps est quelquechose de très relatif par ici – Edit : surtout quand je republie mes vieux articles :) ), soyons juste et tournons nous cette fois vers les sonorités électroniques avec le dubstep. Plombé par des basses proche des expérimentations du drone,  le genre réinvente l’aspect introspectif du dub en y ajoutant un côté futuriste, à la Blade Runner. Un mélange intrigant qui, à ce titre, méritait un petit guide. C’est parti !


Rien de tel pour se mettre dans l’ambiance avec l’un des morceaux phares de Skream

Historique et définition
Né à l’aube du troisième millénaire (ca fait plus chic que l’an 2000) à Londres, et en particulier sa banlieue sud métissée, le dubstep est un courant récent. Si les pionniers débutent leurs expérimentations à la fin des années 90, le dubstep va décoller à partir de 2001 avec le label Ammunitions Promotions, qui produit les premiers disques dubstep et organise des soirées spéciales au club Forward>>.

Créé de manière underground, le dubstep se veut un genre propre à l’expérimentation. Et s’il s’inspire de scènes electro préexistantes (drum’n bass, techno, dub), chaque DJ cherche à casser les cloisons qui se sont érigées dans la scène anglaise. A ce titre, il est ardu d’en donner une définition précise mais, heureusement, il reste quelques constantes. A savoir une dimension avant tout instrumentale et des basses qui s’attaquent autant à vos oreilles qu’à votre corps tout entier. En découle une impression d’espace, similaire à l’écoute de la dub. Mais la sérénité cède la place ici au désenchantement ou au doute. Celui du citadin contemplant la jungle urbaine contemporaine.


Rappel des origines dub avec ce morceau de Digital Mystikz

Archives/ressources
Pour ceux qui souhaitent en savoir un peu plus que cette introduction (et comme on n’est jamais aussi bien servi que par les autres), je vous renvoie logiquement à la page Wikipedia et surtout à l’article bien troussé de Benoit Deuxant, publié sur La Médiathèque.

Les anglophones auront de quoi s’informer un peu plus via les articles de Martin Clark dans le magazine Pitchfork  et de Gervase de Wilde sur le site du Telegraph . Mais je ne saurais trop vous conseiller de lire celui de Sharon O’Connell sur Time Out London  qui fait vraiment le tour de la question. Et si vous avez encore 7 minutes 40 à perdre, un reportage de la BBC est visible à cette adresse.


Autre qualité indéniable du dubstep, arriver à faire aimer de la pop à votre serviteur : la notion d’espace du dubstep rend justice à la très jolie voix de la chanteuse, alors que l’original me rappelle les belles heures de Message à caractère informatif.

Quelques sites en anglais à mentionner : le webzine Get Darker et le blog Weareie.com qui, bien qu’il n’y ait pas eu de mise à jour depuis avril, contient de nombreux mixes et infos. Et enfin Blackdown, blog dubstep-grime tenu par le journaliste Martin Clark, spécialiste de cette nouvelle scène.

Radios, mixes et streaming
Ecouter du dubstep est vraiment très facile. Entre Dubstepdownloads, la section dubstep de Newmixes et Core News,  vous avez de quoi faire (dans le lot je vous conseille une des émissions de Caspa et une de Mista Jam).

C’est d’ailleurs l’un de ses aspects remarquables. Le genre a utilisé à plein les possibilités d’internet. Le pressage d’albums ne peut suivre le nombre de morceaux qui sont créés puis échangés, de facon dématérialisé, via les forums. Ce qui permet à des DJ d’acquérir en quelques heures tout le matériel sonore pour se lancer. Et échanger à leur tour des créations, comme sur le site Barefiles.com.

Si vous n’avez cependant pas le temps de trouver votre DJ préféré, podcasts et radios sont toujours la pour vous en proposer une sélection. Le plus simple pour cela est d’aller sur Rinse FM, radio pirate londonienne qui fut la première à offrir l’antenne au dubstep. Mais comme nous pouvons toujours compter sur la BBC, l‘émission de Mary Anne Hobbs est également de très bonne qualité. DJ et journaliste (c’est elle qui signe le documentaire de la BBC cité plus haut), ce fut elle qui lança, en 2006, le dubstep auprès du grand public avec l’émission spéciale Dubstep Warz (écoutable ici), qui regroupait les artistes les plus représentatifs de la scène dubstep.

Allez, je vous laisse avec quelques autres morceaux et bonne écoute !

Je le reconnais, c’est un peu gnangnan mais, comme pour le titre de La Roux, la profondeur du dubstep apporte un supplément de sincérité qui emporte mon suffrage.

L’ami Cardopusher (dont j’avais oublié de parler ici) nous démonte que le breakcore sait aussi se marier avec le dubstep.

Un morceau plus clinique de Kode 9 et Spaceape pour terminer, découvert grâce à un post de Maxence sur Fluctuat.net

Edit : retrouvez d’autres morceaux sur la chaine Youtube de Centrifugue.

Texte, dessin : Gwendal

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