Le tout petit guide du jazz

mars 16th, 20111:00 @

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Le tout petit guide du jazz

Ne soyons pas sectaire, toutes les musiques ont (heureusement) droit de cité sur ce blog. Et, même si l’auteur de ces lignes regarde le jazz avec autant d’admiration que d’ignorance, voici quelques liens utiles pour ceux qui voudraient découvrir les joies du ragtime, du hard bop ou du free jazz.

Note de l’auteur : cet article se veut avant tout un guide pratique et n’a donc pas vocation à condenser plus de 100 ans d’histoire musicale en quelques milliers de signes. Merci d’avance aux spécialistes pour leur indulgence.

Le sites généralistes

Commençons tout d’abord par les sites les plus abordables, c’est-à-dire les sites en français. Parmi les principaux magazines ayant une édition sur la Toile, Jazz Magazine est un incontournable. Sélection de disques, galerie photos et forums : il y a de quoi faire. Malheureusement, si le site dispose d’une rubrique archives, celle-ci est désespérement vide. Il faudra donc se rabattre sur la version papier pour des articles plus développés. Le site compense ce manque par une section blog dans laquelle les journalistes tiennent des compte rendus des principaux festivals.

Créée en 1935, Jazzhot est la revue la plus ancienne dans le monde consacrée au genre. Si le site est un peu vieillot et ne permet pas non plus de consulter les articles, il mérite l’attention pour ses rubriques Documentation, permettant une recherche chronologique ou thématique dans les archives (énormes) du magazine, et CD’s, qui liste les principales sorties (en espérant que la page, datant de mai, soit mise à jour bientôt).

Un site très utile donc pour des recherches mais mieux vaut se tourner vers Citizen Jazz ou Jazzbreak pour suivre l’actualité. Ces deux sites sont d’ailleurs mieux pensés pour le net, avec une consultation aisée des articles, interview et chroniques. Par ailleurs Jazzbreak possède une section guide web très utile qui recense des liens vers des festivals, des labels ou des radios. Citizenjazz propose quant à lui un podcast (deux formats audio et deux vidéos) mais il est dommage de ne pas pouvoir consulter les archives.

Citons enfin pour deux webradios francophones : Jazzradio et TSFjazz. Des sites très bien conçus et qui comportent aussi des sections news ou podcasts.

Continuons sur les sites généralistes en anglais pour compléter le tableau. Jazzstandards constitue la plate-forme parfaite pour pousser vos recherches avec une liste exhaustive de standards du jazz, des biographies et un historique du genre. Autres sites généralistes, All About Jazz, A Passion For Jazz, Jazz Corner et Jazz Review. N’oublions pas les nombreux blogs, avec parmi ceux-ci Destination Out.

Les sites spécialisés

Tout comme le « metal », le jazz rassemble une quantité impressionnante de courants et ces sites, s’ils sont parfaits pour s’initier, risquent de laisser sur leur faim les spécialistes. S’il sera évidemment ardu de combler le fanatique de jazz de novembre 1935 à janvier 1936, il est malgré tout possible de donner des pistes des principaux courants.

Précurseur du jazz à la fin du XIXe siècle, le ragtime bénéficie d’un site en français qui devrait ravir les amateurs. Les anglophones pourront consulter les articles disponibles sur le site de la Library of Congress ou sur le site Doctor Jazz, qui s’intéresse également au blues.

Le Dixieland, apparu au début des années 1900, reprend quant à lui les standards du jazz New Orleans, mais arrangé par des musiciens blancs. Cette page, si vous passez outre son look retro, vous permettra d’en savoir plus. Ou vous pouvez vous rendre sur la webradio Dixieland Gumbo. Soulignons enfin la page de l’association nordiste Dixieland Combo Jazz qui promeut ce style dans la région.

Benny Goodman, Cab Calloway, Count Basie ou Duke Ellington (et il en manque tant) des symboles du swing, dont l’énergie n’a pas pris une ride. Peu de matière intéressante à retirer sur le net pour ceux qui souhaitent pousser leurs recherches mais il est possible de combler sa soif auditive avec Swing Jazz radio, disponible sur Last.fm (il est nécessaire cependant d’avoir un compte sur le site) ou la radio suisse Radiocrazy qui propose une webradio jazz/swing (mais également du classique, de l’opéra, des chants sacrés ou du modern jazz).

Peu de ressources également sur les premiers « punks » du jazz, ces musiciens affranchis des big bands, et leur style révolutionnaire : le bebop. Mais on peut conseiller la plateforme Sky.fm qui propose une radio dédiée.

Influencé par le bebop et le son du saxophoniste Lester Young, le cool jazz a adopté une attitude plus apaisée dans son jeu, sans renier les qualité de l’improvisation. La encore pas grand chose à se mettre sous la dent mais le site jazz.com propose une histoire de ce style en 100 morceaux.

En réaction au cool jazz, devenu trop « acceptable », le hard bop va revendiquer son histoire afro-américaine. Le slogan « Black is beautiful » devenant un de ses leitmotivs. Un site référence pour les amateurs : The Hard Bope Homepage. Biographies des principaux musiciens et leurs discographies sélectives, conseils bibliographiques, etc : un site très utile et qui, dans sa partie podcast, propose six émissions de 80 mn à télécharger. Bonheur. Enfin si vous ne jurez que par les albums en dur, The Bobshop est pour vous.

Autre courants à se développer dans l’après guerre, le jazz modal et le free jazz. Popularisé pour le premier par Miles Davis ou John Coltrane, le jazz modal bénéficie d’une page sur Allmusic, avec un classement des meilleurs albums et chansons ainsi que ses principaux artistes. Parfait pour débuter, tout comme cet article sur Destination out .

Le free jazz, mettant à bas les conventions du genre, dispose d’un blog mis à jour régulièrement. On peut également mentionner pour lecture un article de Jason Gross qui pointe les liens entre le free jazz et la scène proto-punk (MC5, Stooges) et un article de Robert Levin sur la révolution du free jazz. Plus académique mais non moins intéressant, un article comparatif entre le free jazz et la musique classique du XXe siècle. Vous pouvez enfin télécharger (ou écouter directement) sur le site Archive.org un mix de Jonah Dempcy consacré au free jazz.

Passons aux styles plus hybrides (même si le jazz l’est déja par nature) en commençant par le jazz manouche. Héritage de Django Reinhardt oblige, ce style est assez bien documenté sur le net francophone avec Djangostation qui propose chroniques, agenda des concerts et une partie boutique. Swing manouche ne paie pas de mine mais ses nombreuses sections vous seront très utiles, particulièrement pour ceux qui voudraient gratouiller sur leur six cordes. Et si vous préférez le jazz brésilien ou afro-cubain, Rendez vous sur le blog Chipboaz.

Mélangeant jazz, funk et hip-hop, l’acid jazz s’est développé en Angleterre dans les années 80 et 90, grâce à des musiciens comme Roy Ayers ou Donald Byrd. The Acid Jazz Server vous sera certainement le plus utile : labels, radios, boutiques ou magazines, le site propose de plus une sélection de liens pertinents. Un blog à conseiller : Acid Jazz (n’hésitez pas à consulter les liens proposés par le blog sur la colonne de droite).  Et pour simplement en écouter, rendez vous sur la plate-forme 202.fm qui propose une webradio 100 % acid jazz.

Concluons ce panorama des styles par le site Beyondjazz.net qui offre une quantité impressionnante de podcasts dédiés aux expérimentations les plus récentes. Funk, house, hip-hop, broken beats ou dubstep se mêlent au jazz pour le meilleur.

Digestifs

Soif de performances vidéo ? Deux sites à conseiller : Jazztube.com tout d’abord qui, s’il reprend les fonds déja disponibles sur Youtube, offre une interface dédiée et plus qu’utile et Jazzimprov.tv qui propose des lives inédits ainsi que des leçons de musique.

Terminons par quelques sites inclassables, à commencer par Harlem.org dont le concept est des plus original. A partir d’une photo d’Art Kane prise en 1958 à Harlem et rassemblant la crème du jazz, vous pourrez découvrir les artistes les plus influents. Impossible de ne pas citer l’un des labels de jazz les plus célèbres, Blue Note. Outre son travail de production, un soin tout particulier était apporté aux pochettes d’albums. Pour vous donner un aperçu, faites un tour sur cette page. Et pour finir en beauté, le projet de la bibliothèque Donald C. Davidson en Californie vaut le coup d’oeil (et surtout d’oreille) avec près de 8 000 cylindres phonographiques, ces ancetres du disque, dont une vingtaine consacrés au jazz.

Et bien swinguez maintenant !

Texte : Gwendal

Photos : Tag dédié à John Coltrane par Andres Musta, orchestre de Sony Clay à son arrivée à Sydney en 1928 par Sam Hood (photo issue de Flickr, rubrique The Commons) et Michael Rosen Trio par Valentina Cinelli

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