Leçon de choses : Connais-toi toi-même

novembre 9th, 20113:45 @

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Leçon de choses : Connais-toi toi-même

Cette quatrième Leçon de choses de notre respecté John Malback portera aujourd’hui sur le célèbre « Gnothi seauton » de Socrate 1. Mais laissons la parole au maitre. Et silence dans le fond de la classe !

Le bonsoir, ardent lecteur. Mes hommages, charmante lectrice.

Hum. Vous me voyez un peu soucieux ce soir, car j’avais prévu de vous parler de cette imprécation qui fait le titre de notre leçon aujourd’hui, « Connais-toi toi-même », mais j’ai peur que cela soit un peu risqué… C’est une chose que je ne fais d’ordinaire qu’avec des lecteurs expérimentés, rompus aux hors-piste de la littérature, habitués des figures de style dangereuses, celles ou le moindre faux-pas signifie la chute dans les abysses du langage… Là où se terrent des créatures antédiluviennes, trop anciennes pour avoir même un nom, trop sombres pour être appréhendées par l’esprit humain… Je pense donc qu’il serait plus sage pour vous, particulièrement si vous êtes émotif, enceinte ou sujet à des troubles cardiaques, de fermer cette fenêtre et d’aller consulter d’autres pages moins dangereuses du net, comme celle-ci par exemple

Toujours là ? Les cheveux hérissés sur la nuque, une boule dans le ventre, les fesses serrées, mais une lueur d’excitation dans les yeux, hein ? Bon, très bien. Alors accrochez-vous, car nous partons pour…

… le Temple d’Apollon, Delphes, Grèce, vers – 550 avant notre ère.

Fermez-les yeux, et laissez vous imprégner par l’atmosphère délicieusement antique qui règne ici. La cité apollinienne regorge de monde aujourd’hui, car c’est jour de marché. Promenons-nous le long des allées pavées, anonymes dans la foule bigarrée où se mêlent marchands, ménagères, bateleurs, pickpockets et autres camelots, dans un ballet incessant de harangues et de négociations, cernés par les divers temples et autels érigés à la gloire de dieux païens aujourd’hui décédés. Tandis que le soleil darde ses rayons mordorés et vient caresser langoureusement l’herbe rase des collines où Delphes se dresse, fière et invaincue, une odeur d’olive et de feta entêtante nous parvient, accompagnée par les airs de sirtaki d’un groupe traditionnel jouant sur une estrade voisine. Esquivons ces deux soldats spartiates aux muscles saillants qui jouent aux dés à même le sol, dépassons ces prêtresses d’Athéna pestant sur la rigueur budgétaire et la diminution des subventions du culte, reluquons ces lascives esclaves sexuelles aux bouches gourmandes, bousculons ce vieux singe barbu baragouinant d’abscons principes philosophiques à un groupe de jeune éphèbes efféminés, et dirigeons-nous vers le temple d’Apollon, suivant au long du chemin escarpé une file impatiente de pèlerins, venus rencontrer l’Oracle, la Pythie d’Apollon, Celle-Par-La-Bouche-De-Laquelle-Parlent-Les-Dieux.

Après nous être acquittés du ticket d’entrée (5€/adulte, TR 3,50€ enfants/chômeurs), nous pouvons pénétrer dans l’enceinte sacrée du temple dédié au Dieu Solaire. Devant nous, à genoux sur les dalles froides et patinées par le temps, une humble femme, pauvrement vêtue, à la beauté fragile malgré les assauts de la misère, au ventre rebondi par une grossesse avancée, est venue quémander conseil : son mari est mort à la guerre contre les Perses, elle a perdu son job de serveuse récemment, et elle attend un enfant sous peu. Qu’est-ce que les Moires, mythiques tisseuses du Destin, lui réservent ? Face à elle, tapie dans la pénombre telle une murène aux abois, une très vieille femme (à vue de nez, elle doit avoir minimum 150 ans), borgne, aux dents manquantes et à la peau burinée par les épreuves de la vie antique, est assise sur un trépied, enrobée de troubles nuages d’encens, vapeurs méphitiques et cannabinoïdes s’élevant du sol. A ses cotés, trois prêtres d’Apollon, des butors gras et libidineux, interprètes de l’Oracle, attendent son verdict. La vieille femme fait rouler son œil unique (et rendu vitreux par de multiples cataractes) dans son orbite, en maugréant des paroles inaudibles. Elle tousse, ronchonne, bougonne, grogne, grommelle, et se balance avec un équilibre très relatif sur sa chaise, ricanant bêtement comme un sale jeune qui vient de fumer un gros pétard. Puis elle s’endort quelques secondes, avant de se réveiller en sursaut en crachant de grosses glaires noires dans un râle cacochyme. Elle hurle ensuite une bordée d’insultes salaces au public, dans une langue inconnue des hommes, et se rendort. Les prêtres se tournent alors vers la mendiante, et lui délivrent le message des Dieux, comme quoi elle doit verser toute sa maigre fortune au Temple et leur sucer la bite, sinon sa maison s’écroulera, elle se fera sodomiser par un minotaure et donnera naissance à un enfant sans yeux couvert d’écailles avant de mourir d’une crise de lèpre aiguë. La jeune femme repart, en pleurs, mais reconnaissante envers les hommes de Foi qui lui ont indiqué le chemin de l’absolution.

C’est notre tour. A nous de nous approcher, le cœur battant, de cette noble vieillarde. Mais tandis que les prêtres font discrètement avaler un produit mystérieux à la Pythie (probablement pour ralentir sa descente de trip) et estiment du coin de l’œil notre pouvoir d’achat, profitez-en plutôt pour regarder au-dessus de vous, le fronton de ce Temple de toute beauté ; ici, en lettres capitales, gravé dans la pierre par des mains expertes et selon les propres mots du sage présocratique Chilon de Sparte, on peut lire : « CONNAIS-TOI TOI-MEME ».

Quelle puissance, quelle force dans la déclamation, n’est-ce pas ? On ne peut, simples mortels tremblant devant la Vérité nue, devant les profondeurs insondables de la Raison, que tomber à genoux et pleurer chaudement. Sur des esprits faibles comme les vôtres, cette sentence a souvent des répercussions dramatiques.

Ainsi, Jean-Michel Prudent, l’un des lecteurs réguliers de Centrifugue 2 qui a fait ce petit saut dans le temps avec nous, a été comme frappé par la foudre quelques lignes plus haut. Après de longues minutes de catalepsie, c’est d’un doigt tremblant qu’il clique sur la petite croix rouge en haut à droite de sa fenêtre Internet Explorer, et qu’il s’effondre sur sa chaise, la tête dans les mains et le corps agité de spasmes.

Jean-Michel Prudent vient de réaliser qu’il ne se connaît pas lui-même.

Dans la vie, Jean-Michel Prudent, 32 ans, célibataire à la calvitie naissante, est Process Quality Specialist pour la branche française d’une compagnie de hedge funds américaine de rang mondial. Son travail consiste à analyser des tableaux comptables Excel remplis de colonnes, de codes, de chiffres, valider les données rentrant dans les critères du Service Level Agreement en les highlightant en vert, dans le cas contraire remplir le formulaire adéquat à forwarder aux teams en local, et highlighter en rouge avant premier puis deuxième reminder, puis complaint voire escalation le cas échéant. Un boulot passionnant.

Grâce à une audacieuse mise en abîme, nous pouvons suivre – du moins les lecteurs qui ne se sont pas évanouis – les moindres pensées de notre héros. Troublé par sa lecture du jour, Jean-Michel se pose la question toute la soirée : est-ce que je me connais vraiment ? Qui suis-je ? Comment savoir si je sais qui je suis ? Je pense que je sais qui je suis, mais si je ne le suis pas vraiment, suis-je ce que je pense être ? Ou pas ? Si je ne me connais pas, qui me connaît ?

Il passe une nuit épouvantable.

Au petit matin, émergeant de draps trempés de sueur, Jean-Michel se lève, ouvre sa fenêtre pour ventiler l’odeur lourde et acide de la nuit passée, lance un café, et se prépare mentalement à aller au boulot.

Sur le chemin du bus 24 qu’il prend tous les jours à 07h25, avachi sur son siège inconfortable, Jean-Michel adopte la posture morose et déconfite du prolétaire moderne qui part prostituer sa jeunesse et sa bonne volonté pour le compte du Grand Capital. Soudain, le bus s’arrête à un feu rouge, et là, c’est le drame : de l’autre coté de la rue, sur un panneau publicitaire de 4x3m, une blonde resplendissante au sourire éclatant fait la promotion d’une ligne de vêtements sportifs ayant pour slogan « Become what you are ». Jean-Michel, anglophone passable, sent son estomac se nouer immédiatement. On peut donc devenir soi-même ? Donc, aussi être ce que l’on n’est pas ? Sans le savoir ? Les conséquences ne seront jamais les mêmes, pense un Jean-Michel livide tandis que le bus redémarre.

Hanté par ses pensées, Jean-Michel cherche refuge dans l’abrutissement de son travail. Il applique les processus de suivi client à la lettre, mécaniquement, jonglant avec les tableurs et les rapports comme un pizzaiolo sous extasy. Sa panique métaphysique du matin est presque oubliée vers midi, et le soir, elle rôde seulement, rampante dans les oubliettes du cerveau de Jean-Michel, telle un tigre du Bengale attendant le bon moment pour se jeter sur la frêle antilope inattentive.

Car, enfer et damnation, le lendemain, Jean-Michel est bien forcé de repasser devant le panneau, et à nouveau le voila frappé de stupeur paranoïaque. Cette blonde pulpeuse qui l’enjoint à devenir lui-même semble l’accuser, un air de mépris dans son sourire trop blanc pour être honnête. Son bonheur et sa blondeur factices font l’effet de gifles glacées sur les joues glabres de Jean-Michel.

Pendant une fraction de seconde, Jean-Michel vit une expérience de dédoublement sensoriel ; il a le sentiment d’être un observateur dans la peau d’un autre, comme dans ce film avec John Malkovich, et remue ses doigts en les regardant comme pour s’assurer qu’il est bien en contrôle de son propre corps. Il ressent l’action de ses nerfs et de ses muscles comme s’il les découvrait pour la première fois. Au moins, il maîtrise son corps. Oui, mais cela ne dit pas qui il est. Qui il est vraiment.

A la sortie du bus une charmante étudiante lui colle dans les mains un prospectus quelconque sur lequel est écrit « Be Yourself ! ». Jean-Michel le jette dans un cri, envoie un uppercut foudroyant à l’étudiante et s’enfuit en courant parmi les badauds . Il croit pouvoir respirer une fois les portes vitrées de son plateau open-desk franchies. Las ! En ouvrant sa boîte mail, il est sauvagement agressé par une newsletter des RH lui conseillant une formation online pour « faire le point sur lui-même » et « se réaliser pleinement » (dans l’entreprise, s’entend).

Journée horrible, Jean-Michel passe plusieurs heures caché aux toilettes en sanglotant, assailli de questions internes sur la conscience de soi, la perception de la réalité de l’Etre et la place du Moi dans le cosmos. Il se répète son prénom dans la tête jusqu’à ce que ce dernier perde toute signification et ne renvoie qu’à un groupe de lettres assemblées chaotiquement, pas à un être humain conscient. Il visualise sa position de micro-organisme pensant en sursis dans l’infiniment grand de la création et de l’éternité. La terreur qu’il éprouve devant le vide sidéral sur lequel débouchent ses réflexions le plonge dans les affres de l’ouranophobie.

Le soir, nous retrouvons Jean-Michel Prudent en slip, hagard, les mains posées sur le rebord de l’évier de sa salle de bain, les ombres de son visage fiévreux dansant au rythme de l’ampoule qui se balance légèrement au-dessus de lui, fixant son reflet dans le miroir d’un œil injecté de sang et empli de lassitude.

Il a des souvenirs. Flous. Des faces sans visages. Des phrases sans paroles. Des émotions diffuses. Des traces de son passé, de ce qui l’a conduit à être lui. Est-ce cela, qui on est ? Comment devient-on soi-même ?

Naissance dans un milieu social médian, dans une ville sans histoire. Elève moyen à l’école. Pas intéressé. Scolarité banale. Des copains, partis ailleurs, jamais revus depuis. Famille absente, parents jamais là. Pas de copine. Etudes moyennes, sans histoire. Boulot de con. Chef con. Collègues cons. Puceau à 32 ans. Pas de passion. Pas d’idées. Aucun achèvement. Aucune fierté. Aucun talent. Aucune gloire. Aucun rêve. Rien.

– « Qui suis-je ? »

Jean-Michel pose la question à son reflet plusieurs fois, à haute voix, tout seul dans sa salle de bain blafarde, attendant une réponse, signe que ça commence à déconner méchant dans sa tête.

Tandis que son reflet reste silencieux, une larme perle aux yeux de Jean-Michel. Dans son cortex, une petite porte s’ouvre en grinçant, où sortant de l’ombre dans l’entrebâillement, vous pouvez voir se profiler la jambe variqueuse de Madame Dépression.

Il s’asperge le visage d’eau glacée, retourne mécaniquement dans son salon, s’affale dans le sofa, allume la télé, tombe sur la pub ou on « dépasse ses limites », zappe, tombe sur « … alors, soyez vous-même ! », zappe, « …grâce à Biogourt, je peux vraiment être moi, simplement ! », zappe, « … et optimisez votre potentiel avec FormaCadre… », éteint la télé, et va se coucher.

Cinq heures plus tard, il ne dort toujours pas. Optimiser son potentiel ? Quel potentiel putain ? Toute sa vie il a été un moins que rien, un zéro, un type qui ne compte pas, qu’on ne voit pas, qu’on ne remarque pas. Un numéro, juste un numéro, à l’école, dans la rue, au boulot, au Leclerc, dans les sondages, dans la vie, un client, un usager, un identifiant, un bout de pourcentage de statistique au mieux, mais toute sa vie on lui a rabâché que le mérite était individuel, et toute sa vie on a cherché à le noyer dans la masse, à couper ce qui dépasse pour en faire un être plat et sans saveur. Elève X dans l’école A, employé Y du département B, formaté depuis l’enfance, pour être un gamin normal, qui deviendra un ado normal, un adulte normal, puis un vieux normal, enfin un cadavre normal, oublié sitôt mort comme s’il n’avait jamais existé, et d’ailleurs, quelle différence ? Il était un PnJ 3 dans le grand JdR de l’existence.

Toute sa vie il avait mangé ce qu’on lui disait de manger, acheté ce qu’il devait acheter, travaillé comme il devait travailler, regardé les programmes qu’on lui donnait, écouté la musique qu’on lui imposait, voté pour qui il fallait, souvent par SMS surtaxé, consommé parce qu’on lui demandait de le faire, et qu’il le faisait parce que c’est comme ca qu’on existait, qu’on se développait, qu’on vivait, c’était le système, pas le seul, pas le meilleur, mais de l’avis de toute le monde, le moins pire, pour devenir quelqu’un.

Mais qui ? Et pourquoi ?

L’école, les médias, le travail, la société, l’Histoire montraient en exemple des individus d’exception, modèles à suivre pour l’homme lambda s’il veut s’élever au dessus du troupeau et rejoindre l’élite. Mais l’école, les médias, le travail, la société faisaient tout pour qu’il reste bien dans ce troupeau, cette masse informe soi-disant composée d’individus uniques, mais incapable de s’exprimer autrement qu’en groupe indistinct, et encore, quand on daignait lui demander son avis. On l’avait gavé de principes lénifiants, de règles inutiles et de théorèmes obscurs, qu’il avait depuis oubliés. Il aurait aimé faire de la musique, du dessin, du théâtre, de la danse, créer quoi. Mais il avait eu droit à une flûte en plastique, des cours de dessin technique, et du foot en salle, excellents vaccins contre les velléités artistiques. Il se serait bien sorti les doigts du cul, en prenant son destin par les cornes après s’être lavé les mains, mais tout était si compliqué, complexe, cher, élitiste… Lui était plutôt la cible marketing de l’entertainment populiste, démaguo, voyeur, amoral et profondément laid… On lui avait bien inculqué les règles de la vie en société, le respect des autres, mais il avait le sentiment diffus qu’elle n’existaient que pour lui, et que ceux-là mêmes qui les avaient établies et les faisaient respecter se dispensaient de les suivre. On lui donnait pour modèle ceux qui lui marchaient sur la gueule. A la fac son maître de recherche lui avait pourri son travail, avant de pomper son sujet pour publier une série d’articles, bien accueillis par ailleurs. Au travail, il recevait régulièrement des mails lui annonçant les bénéfices démentiels de la boîte, en partie grâce à lui et merci bien, ha ha ha keep on the good work, mais il savait qu’il ne verrait jamais un centime du pactole, destiné à des gens plus méritants, plus importants que lui. Plus jeune, il passait le ballon, mais ne marquait jamais le but. Il aidait pour la soirée, mais ne dansait pas. Il faisait des vannes que personne n’entendait, reprises illico par un bellâtre qui faisait marrer les jolies filles. Il ne serait jamais dans l’histoire, qui ne retient que les noms des personnages principaux. Lui participait à la marche du Monde comme figurant, et n’apparaîtrait pas au générique.

Etait-ce cela, son destin ? Etait-ce lui, ce pauvre type, ce loser ? Etait-ce son rôle ? Un bouche-trou, dont l’unique fonction sur Terre serait de servir de faire-valoir à des gens mieux placés que lui pour que ceux-ci puissent briller, devenir « quelqu’un », faisant fantasmer la masse laborieuse, grâce à laquelle ils avaient pu se hisser ? L’horrible réalité du Monde, la cynique vacuité de l’existence explosent d’un coup au visage cadavérique de Jean-Michel dans toute leur dégueulasserie maladive, révélant leur visage hideux, gorgé de haine et boursoufflé de mépris.

Jean-Michel était certes un être unique, aussi capable et doté par la nature que n’importe qui d’autre, cependant il ne saurait jamais qui il est vraiment car de sa naissance à sa mort, tout serait fait pour le cantonner dans son rôle de fourmi anonyme participant à un grand tout qui lui échapperait pour toujours. On avait volé ses rêves, pour pouvoir lui en vendre d’autres, hors de prix, inaccessibles.

Jean-Michel ne serait jamais Prix Nobel, ni prophète, ni visionnaire, ni star de la télé, ni footballeur professionnel, ni guitariste de rock, ni chef d’entreprise, ni homme politique, ni écrivain, ni alpha-male, ni héros, ni surhomme, ni jamais rien qu’un pauvre type passant par les cases travail-dodo-manger-caca toute sa vie jusqu’à épuisement, et là sans doute un autre paumé prendrait sa place, et lui ne serait, définitivement, plus rien. Jean-Michel réalise avec la clairvoyance de ceux qui ont tout perdu avant de jamais rien posséder qu’il n’a plus qu’une seule chose à faire.

Alors, il se pend dans sa cuisine, sans laisser de mot. On ne le retrouvera que dans huit mois, à cause des prospectus qui s’entasseront devant sa porte.

Et des rats.

Ainsi se termine la pathétique existence de Jean-Michel Prudent, un type qui ne se connaissait pas lui-même. Que ces belles paroles vous servent d’avertissement, intrépides explorateurs de la morale capillotractée et de la philosophie pourfendeuse de fondements de diptères, à bon entendeur, salut !

Et à bientôt sur Centrifugue (mâtin, quel blog !)

Dessins : Gwen

Texte : John Malback

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Notes:

  1. Une des rares phrases dont je me souvienne encore, avec « Ta zoa trekei », après plus de cinq ans de grec. La grammaire ne passera pas par moi!
  2. Mâtin, quel blog !
  3. Personnage non joueur, pour les gens sociables qui n’ont jamais pratiqué de leur vie le JDR, alias jeu de rôles