L’odyssée numérique d’un assoiffé d’images : la restauration d’art

mai 12th, 20117:39 @

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L’odyssée numérique d’un assoiffé d’images : la restauration d’art

Nous avions perdu la trace du Roux errant voici quelques temps. Aux dernières nouvelles il en était à recenser les sources sonores présentes sur les internettes. Mais voila qu’une missive, remise ce matin par cavalier du Pony Express, nous en apprend un peu plus sur son périple. Les oreilles martyrisées par les genres musicaux les plus improbables, celui-ci a décidé de ruiner cette fois ses rétines dans une quête tout aussi épique : restaurer des oeuvres d’art. Une noble entreprise que je vous laisse découvrir en publiant l’intégralité de ce courrier.

« Comme le lecteur attentif l’aura habilement remarqué, la production de nouveaux articles est un peu en stand by depuis quelques semaines. Certes, je pense à vous 1 en vous pondant un Mème pas mal par ci par là. Ou en republiant des articles, ô combien intéressants mais perdus dans les strates de ce blog 2. Utilisant au besoin l’actualité musicale pour ressortir mon guide sur les Beastie Boys 3.

Cerveau de l’auteur. Allégorie.

Reste qu’en ce moment j’ai le cerveau qui ressemble à un tableau cubiste passé dans un broyeur à papier. Dur alors de se lancer dans un article structuré même si les idées ne manquent pas. Au contraire. 4

Face à ma feuille blanche, je pense pourtant à ce jeune lecteur de Carpentras, attendant avec ferveur un nouveau papier sur Centrifugue – Mâtin, quel blog ! – et ne voyant rien venir. Et je culpabilise.

Aussi, après mûre réflexion, me voici parvenu à sortir de ce dilemne. Il me suffisait de vous causer de ce que mon cerveau me permet encore de faire. Guidé par je ne sais quel automatisme ou réflexe reptilien de survie mentale. A savoir dessiner. Ou plutôt recopier.

Je vais vous la faire brève mais j’ai une fascination pour l’image. Fascination que l’on retrouve dans les grands dessins ou ma collection d’images démentielles. Et j’adore tomber, en parcourant le net 5, sur des images qui me retiennent l’oeil instinctivement.

Passé la fascination, je ne pouvais cependant m’empêcher de pester contre les scans pourris, les couleurs délavées et autre pixellisation outrancière de ces si jolies images. Il fallait que ca cesse ! Tous ces artistes qui m’avaient procuré tant de joies méritaient mieux que ca !

Or, comme aurait pu dire l’autre avec son Magnum, “It’s a dirty job but someone’s got do to it”. Ce que l’on peut traduire par “Quel type serait assez débile pour passer des heures devant son écran à s’en occuper ?

Et s’il n’en reste qu’un, je serai celui la”, comme disait un autre avec de la barbe. Ce que l’on peut traduire par “Mais si ! C’est trop génial de se niquer les yeux à tout retracer sur Illustrator. Vous comprenez rien !

Tel Alain Chabat dans la pub Royal Rabbin, me voici donc parti, l’air ravi, dans cette quête que n’aurait pas renié Don Quichotte. Et devant la vacuité de cette tâche, mon entrain ne cédait pas un pouce.

Pensez donc, j’ai d’abord rendu justice à ces merveilleuses civilisations aztèque ou maya ! Victimes du temps et la religion (Avec sa méthode éprouvée de « Brulez tout, ca sert à rien« ). Sans compter leurs dessinateurs drogués au peyotl et même pas foutus de tracer une ligne droite ou colorier sans déborder. Investi d’une mission sacrée, je redonnais enfin du lustre à leurs déités. Mictlantecuhtli, Xolotl, Quetzalcoatl, Itzpapalot, Xochiquetzal et toute la smala peuvent à nouveau se regarder en face.

Et il vit que cela était bon”, comme disait un Autre 6. Ce que l’on peut traduire par “Bon, c’est pas tout ca mais le folklore sud américain j’ai eu ma dose”.

Oiseau chinois (refait d’après un détail d’une oeuvre dans un musée de Shanghai -Je sais, c’est super précis-)

Mon regard se tourna alors vers l’Ouest 7 Et je vis que niveau conservation du patrimoine, ce n’était pas beaucoup plus brillant. Encore une mission pour votre serviteur ! Démons, dragons et autres yokais passèrent entre mes mains expertes. L’oeil vif, les couleurs franches, ils pouvaient de nouveau se balader dans l’imaginaire des gens. Sans crainte de se faire refouler parce qu’ils portent des baskets.

Renforcé dans mes convictions après des succès si éclatants, je n’hésitais pas ensuite à offrir mes conseils de relooking à ceux qui en avaient le plus besoin : les punks. Flyers imprimés avec des cartouches d’encre subclaquantes, pochettes d’albums cadrées de travers et autres badges aux couleurs baveuses… Vraiment pas sérieux.

Logo du groupe Heimat Los (Article en cliquant sur l’image)

Un travail de longue haleine, parfois ingrat, bercé d’obscénité et de fureur. Et, brusquement, ce fut la remise en question. J’avais du mal à l’accepter mais ma foi s’émoussait. Je cherchais longuement. Et, récemment, je compris enfin ce qui n’allait pas. Ce que je ne pouvais supporter plus longtemps. Une sinistre vérité : la bière chez les punks était toujours éventée et mauvaise qualité.

Il était donc temps pour moi désormais de prodiguer mes conseils à ceux qui ont du goût. Ceux qui le méritent. Ceux qui apprécieront à leur juste valeur mes efforts. J’ai nommé mes congénères dessinateurs.

Alors, bien entendu, je reconnais le talent d’un Jack Kirby ou d’un graveur allemand des années 30. Y a du style, de l’idée. Je dis pas le contraire. Mais à leur place j’aurais honte de parcourir les internettes attifés comme ils le sont. Des noirs qui tirent vers le gris minable, un papier qui jaunit. Une impression en série qui décale d’un millimètre les couleurs. Je veux bien être coulant mais y a des limites.

Je sens que je vais avoir du boulot avec eux. La célébrité a du leur monter à la tête et ils vont prendre mes remarques pour des attaques personnelles. Mais j’en ai maté des plus récalcitrants que ca ! Faudra juste que je me méfie de celui dans le fond, là. Le chauve avec de la barbe 8, avec sa Joconde et ses inventions bizarres. Encore un original à tous les coups… »

Texte, dessins : Gwendal

Pendant que vous y êtes, lisez aussi :

Notes:

  1. Et surtout aux statistiques de mon blog
  2. C’est à dire au delà de la page 2
  3. Egalement consultable sur Owni – C’est la gloire ! –
  4. A suivre donc – je sais pas encore quand – des articles indispensables sur Yves Boisset et Jean-Pierre Marielle
  5. Grâce à ma maitrise des flux RSS, ce sont elles qui viennent à moi désormais. Mouahaha
  6. Lui aussi avec une barbe – Coïncidence ? Je ne pense pas…-
  7. Enfin, l’Est pour vous. C’est à ce genre de détail qu’on reconnait un aventurier
  8. Coïncidence à nouveau ? Je ne pense pas !