Mème pas mal : DJ Luna C

mars 3rd, 201111:40 @

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Mème pas mal : DJ Luna C

Le hardcore avec des grosses guitares c’est enthousiasmant. Et j’ai déja eu l’occasion de m’en faire l’apôtre à plusieurs reprises. Mais le hardcore avec des grosses machines ca peut l’être tout autant. Si l’on dépasse l’image peu amène que cette musique se coltine. Petit trip donc dans l’electro et gros plan sur l’un des adeptes anglais du “happy hardcore” : DJ Luna-C. Allez souriez. Et dansez.

Compliqué de parler de musique électronique hardcore sans faire lever le sourcil au lecteur. Outre le fait que je devrai subir les quolibets de mes camarades amateurs de metal pendant plusieurs semaines, son image n’est pas géniale de prime abord. Pour résumer, je me retrouve coincé entre ceci :

Et cela :

Loin de moi l’idée de dénigrer ces styles (je ne connais pas assez et il y a surement des choses qui me plairont là dedans) mais, que cela soit la première et son overdose à l’hélium et l’autre qui me rappelle les pubs des années 90 pour les compilations Thunderdome, c’est un peu too much à mon goût. Heureusement, lors de ma découverte du breakcore, je suis tombé par hasard sur un DJ qui proposait un bon équilibre entre noirceur, puissance, douceur et harmonie, le tout avec une grosse dose d’humour : j’ai nommé Luna C.

Sesame Street, le premier morceau qui fera connaitre Luna C.

A peu près inconnu en nos terres fromagères, Christopher Howell, alias DJ Luna C 1, est pourtant l’un des DJ emblématiques de la scène electro hardcore. N’ayant même pas encore atteint la vingtaine, ce champion de skate se fait connaitre du grand public en Angleterre en 1992, avec le groupe Smart E’s et sa reprise du générique de Sesame Street 2. Le titre se retrouve en deuxième place du classement des singles au Royaume-Uni et contribue à la médiatisation de la dance music 3. Revers de la médaille : ce côté “blague” du morceau de Smart E’s sera repris ensuite à l’excès dans les années 90, et pas forcément pour le meilleur.

Une autre variation du concept de « pianocore« .

Mais 1992 est également l’année de la création du label Kniteforce Records par Luna C, ce qui va lui permettre de produire des centaines de morceaux et remixes. Et ceci dans un registre très varié (drum and bass, breakbeat, happy ou old school hardcore). Des sous labels se créeront au fur et à mesure autour de Kniteforce pour suivre les évolutions de la scène electro mais, en 1997, l’aventure s’arrête sous le poids de factures accumulées par Luna C.

Un clip qui montre bien la variété de l’univers de Luna C

Kniteforce Records renaitra de ses cendres en 2001 sur Internet, sous le nom de KFA (Knite Records Again). L’homme est habile et le succès du site (et des ventes qui suivront) lui permet ainsi de regagner en popularité avec, en 2003, une série de tournées aux Etats-Unis, au Canada, en Europe ou en Australie. C’est également l’époque où Luna C commence à produire ses “Supasets” (Huit mixes à ce jour) qui, de mon avis, sont les meilleurs portes d’entrée vers le monde de l’electro énervée, de par la variété des styles proposés.

Sesame Street remis au goût du jour dans ce clip délirant

Terminons par un dernier aspect de Luna C : son humour. Tout comme Bad Brains autrefois, j’ai le défaut de le mettre à toutes les sauces en ce moment mais c’est un aspect des plus rafraichissant. A l’instar de DJ Yoda, on sent au travers de la musique ou des clips de LunaC un plaisir juvénile communicatif.

Pour aller plus loin
Bien entendu, le site officiel de Luna C, Knite Force Revolution, avec un blog, des infos sur les tournées et les labels affiliés. Vous pouvez enfin retrouver Luna C sur Soundcloud et acheter ses morceaux sur Juno Download.

Je ne résiste pas à vous faire écouter cet extrait du mix Hardcore 4 Warp Headz qui résume à merveille (et à mon goût) l’essence du hardcore electro (désolé d’avance, ca coupe un peu brusquement) :

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

Pour les amateurs de hardcore electro, je vous conseille également d’aller faire un tour sur le site de DJ Brisk, un des compatriotes de Luna C et autre grande figure avec Slipmatt de cette scène. Next Generation, son podcast en association avec DJ Fracus, propose une sélection de qualité ainsi qu’un humour typiquement british.

Terminons par un site, dont j’avais déja eu l’occasion de vous parler à propos d’Ed Cox : Braindamage Radio. Le site est plus ou moins en friche depuis un an (même s’il redonne depuis peu des signes de vie) mais il propose toujours une sélection de mixes electro des plus variés.

Sur ce, je vais tenter de me replonger dans la vie trépidante de Timothy Leary. Mais en attendant vous pouvez faire un tour du côté du psychédélisme cathodique français.

En vous remerciant

Texte, dessin (refait d’après une photo d’Andrew J Attah) : Gwendal

Pendant que vous y êtes, lisez aussi :

Notes:

  1. Mais aussi à l’occasion Cru-L-T, 2 Croozin’, The Timespan, Krazy Fresh 2, The Trip et j’en passe
  2. Equivalent anglophone de notre Ile aux enfants, avec Casimir
  3. Terme très large qui regroupe aussi bien l’Eurodance qui inonda les boites et les radios en France que la trance, la drum and bass ou le happy hardcore