Mème pas mal : Henri Laborit

mai 16th, 20115:30 @

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Mème pas mal : Henri Laborit

Nouveau Mème pas mal consacré aujourd’hui au professeur Henri Laborit, pionnier dans le domaine des neurosciences. Un peu redondant diront les fidèles de Centrifugue car j’en avais déja parlé dans le guide sur Timothy Leary. Mais je ne résiste pas à faire un petit papier spécialement adressé à ce chic type qui, en alliant pédagogie et profondeur, nous en apprend plus sur l’intérieur de notre crâne. Et nos comportements soi-disant si rationnels. En route pour l’IRM.

Plutôt que de vous faire une bio en recollant des phrases, je laisse faire les présentations en reprenant ce texte tiré du très bon film d’Alain Resnais Mon Oncle d’Amérique 1 :

Professeur Henri Laborit. Né le 21 novembre 1914 à Hanoï, Indochine. Père : médecin des troupes coloniales. Lycée Carnot à Paris. Ecole principale du service de la Marine et faculté de médecine de Bordeaux. Docteur en médecine, interne des hopitaux, chirurgien des hôpitaux, maitre de recherche du service de santé des Armées.

Introduit en thérapeutique l’hibernation artificielle, la chlorpromazine, le premier tranquilisant, ainsi que d’autres drogues à action psychotrope. Travaux sur la réaction de l’organisme aux agressions qui ont apporté des solutions nouvelles à l’anesthésie et à la réanimation.

Dirige à Paris les laboratoires d’eutonologie 2. Auteur de nombreux ouvrages sur la biologie du comportement. Marié, cinq enfants. Prix Albert Lasker de l’American Health Association. Sport : équitation, voile. Légion d’honneur, Croix de guerre 39-45, palmes académiques.

Et Laborit d’ajouter :On peut ajouter aussi qu’il est d’origine vendéenne. La Vendée est ce pays auquel on a imposé la liberté, l’égalité et la fraternité (fraternité surtout) en y faisant 500.000 morts. Il est cependant abonné au gaz et à l’electricité de France, ce qui montre ses sentiments nationalistes. Et d’autre part il est parfaitement adapté à une socioculture dont il a largement profité.

Quant à moi je peux juste préciser qu’il s’est éteint en 1995. Et je lui laisse la parole, via cet entretien accordé à la télévision canadienne :

Pour aller plus loin :

Vous pouvez bien sûr regarder le film d’Alain Resnais mais je vous conseille également de lire ce texte de Benjamin sur Article XI ainsi que cette page de Lionel Mesnard qui lui est consacrée, avec notamment un texte du biologiste Joel de Rosnay. Enfin, même s’il n’y passe qu’en coup de vent, vous pouvez également le voir voir dans deux épisodes (un est dispo ici) de L’Oeil du Cyclone consacrés à l’émission Tribune libre.

Pour les plus intéressés enfin, ruez vous sur L’éloge de la fuite d’Henri Laborit. Un petit livre abordable mais dont la profondeur permet des multiples relectures. Vous pouvez également vous procurer son autre célèbre ouvrage, La nouvelle grille. Malheureusement, ne l’ayant pas encore lu (mais ca ne saurait tarder), je vous oriente vers ce papier de Jean Zin et cette critique de René Passet sur Persée.fr

Sur ce, je vous quitte avec une citation du maître, en espérant qu’elle vous fasse réfléchir autant que moi :)

« L’imaginaire s’apparente ainsi à une contrée d’exil où l’on trouve refuge lorsqu’il est impossible de trouver le bonheur parce que l’action gratifiante en réponse aux pulsions ne peut être satisfaite dans le conformisme socio-culturel. C’est lui qui crée le désir d’un monde qui n’est pas de ce monde. Y pénétrer, c’est ’choisir la meilleure part, celle qui ne sera point enlevée’. Celle où les compétitions hiérarchiques pour l’obtention de la dominance disparaissent, c’est le jardin intérieur que l’on modèle à sa convenance et dans lequel on peut inviter des amis sans leur demander, à l’entrée, de parchemin, de titres ou de passeport. C’est l’Eden, le paradis perdu, où les lys des champs ne filent, ni ne tissent. On peut alors rendre à César ce qui est à César et à l’imaginaire ce qui n’appartient qu’à lui. On regarde, de là, les autres vieillir prématurément, la bouche déformée par le rictus de l’effort compétitif, épuisés par la course au bonheur imposé qu’ils n’atteindront jamais. »

Texte, dessin : Gwendal

 

 

Pendant que vous y êtes, lisez aussi :

Notes:

  1. A ce propos, vous pouvez retrouver les interventions d’Henri Laborit sur Youtube. Mais je vous conseille vraiment de regarder le film avant.
  2. Etude du maintien ou de la restauration du tonus normal face à n’importe quelle agression