Mème pas mal : la witch house

février 21st, 20134:12 @

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Mème pas mal : la witch house

Chers lecteurs de Centrifugue, vous ne l’attendiez plus mais voici enfin un nouvel article de votre serviteur, consacré aujourd’hui à la witch house. J’en causais il n’y a pas longtemps mais il devient difficile pour moi de trouver matière digne à nouvel article en ce moment. Un objet culturel suffisamment bizarre pour m’interpeller, et qui n’a pas déjà été traité en long, en large et en travers sur les internets. Mais, justement, la musique witch house me redonne en ce moment l’envie de taper des phrases interminables. Alors profitons-en, et décollons sur notre balai direction le prochain paragraphe !

La witch house, mais qu’est-ce ?”, êtes vous en droit de me demander séance tenante. En recoupant les infos, puis en paraphrasant, comme tout bon technicien de l’information, je pourrais vous dire que le terme est apparu en 2009, dans une interview de Travis Egedy (alias Pictureplane) dans le magazine Pitchfork. Et qu’il se réfère à une musique lente, sombre, éthérée et qui ravira vos invités lors de votre prochain sabbat. A partir de là, il n’y a plus qu’à broder votre étiquette et convaincre vos lecteurs que ce courant est parti pour être la nouvelle tendance après le dubstep (qui s’écoute désormais même dans les supermarchés).

Le journaliste total qui sommeille en moi se dit cependant qu’avec ces seules infos on passe totalement à côté de l’intérêt de la witch house. Car ce qui la rend si intrigante, pour mon humble personne, est son côté chaotique, insaisissable.

Déjà, tenter de décrire la musique a de quoi paumer le lecteur, et vous faire passer pour un journaliste musical pédant (pléonasme). Shoegazing, indus (avec notamment Nine Inch Nails), EBM (Electro body music), IDM (Intelligent dance music), metal, chop and screwed (technique hip-hop, devenue un courant, consistant à ralentir un beat et le hacher), chillwave (musique electro d’ambiance), synth-pop ou drone à la Sunn O))) : mélangez bien et ca donne (normalement) de la witch house.

Le petit côté instable du breakcore, c’est pas pour me déplaire.

Une telle variété de styles pour qualifier un seul style : ca c’est du paradoxe. Ou de l’absurde. Car le terme de “witch house”, employé, comme dit plus haut, par Travis Egedy, est avant tout une blague de son auteur. Se faisant un peu mousser, il assurait que l’année 2010 serait celle de leur musique, qu’il qualifiait donc de witch house, soit de la house music inspirée par l’univers occulte.

Telle une boule de neige, le mot a été repris par un bon paquet de sites musicaux influents, des groupes un peu partout dans le monde se sont retrouvés dans cette appellation, ou se sont fait coller une étiquette par les-dits sites et des internautes, puis les vidéos, playlists et sites dédiés à ce courant ont pullulé comme des champignons après une averse.

La witch house est donc née du chaos, ou d’un rituel magique que n’aurait pas renié Aleister Crowley, c’est selon. Et cela justifiait donc d’en causer en ces lieux. Mais terminons ici le bavardage, et passons à la musique, c’est quand même cela l’essentiel.

Les synthés qui me font penser aux morceaux de John Carpenter, je prends aussi.

Musique, maestro !

Commençons tout d’abord par l’émission de Thematics Radio diffusée en septembre 2012, et qui m’a fait découvrir ce genre. Quasiment deux heures de mix, avec une sélection impeccable comme d’habitude : c’est le meilleur moyen de s’y plonger. N’hésitez pas à vous rendre également sur Soundcloud, on y trouve un paquet de groupes et de mixes comme celui-ci ou celui-là . Ceux qui disposent d’un compte Spotify peuvent également lancer ma playlist, que je continue d’étoffer.

Enfin, sur Youtube, vous pouvez lancer cette playlist qui comporte une soixantaine de morceaux. J’ai créé également une playlist sur ma chaîne, elle est encore peu fournie pour l’instant mais, comme pour Spotify, je continue de rajouter des morceaux au fur et à mesure de mes découvertes. A propos de Youtube, cela vaut d’ailleurs le coup de regarder les vidéos, car pas mal de groupes de witch house font un réel effort pour combiner images et sons (preuve à nouveau d’une envie de passer outre les frontières artistiques).

Pour aller plus loin

A regarder, un reportage de Tracks, diffusé en mai 2012, et consacré à Salem, un des groupes qui a fait connaitre la witchouse :

Un court article sur Expatriarch qui explique bien le bordel à tenter de cerner ce genre.

Un autre de Tuyet Nguyen sur AV Club qui revient sur la blague de Travis Egedy devenue réalité.

Et enfin, pour ceux qui veulent être incollables sur ce genre (bon courage à eux), direction Witch House.com qui essaie d’y mettre un peu d’ordre (bon courage à eux aussi)

Sur ce, voila de quoi vous amuser d’ici à ma nouvelle épiphanie. En vous remerciant, bonsoir.

Texte, illustration : Gwen

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