Playlist : le noyau dur de la vieille école

janvier 25th, 20136:26 @

0


Playlist : le noyau dur de la vieille école

Chers lecteurs, bonjour ! Après une overdose de déités aztèques, je suis actuellement en convalescence. Tel un marmot ivre, je ris bêtement en assemblant des carrés multicolores. Je ne sais pas encore combien de temps il me faudra pour récupérer les quelques neurones nécessaires à l’écriture de phrases sans fin mais, heureusement, sur Centrifugue on a la solution pour vous distraire régulièrement : faire bosser les autres ! Ainsi, usant de tactiques perfides et veules, j’ai finalement convaincu mon géniteur de vous apprendre le bon goût musical français. Du temps où on écrivait des vrais textes qui voulaient vraiment dire des trucs. Par des mecs de la rue qui vivaient pour leur musique. Des Henry Rollins à rouflaquettes et pantalon en velours côtelé. Bref, des durs, des tatoués. Mais terminons ici les présentations, et faisons place à la musique. Alors, un pour l’argent, deux pour le spectacle et trois pour le caillou !

Soleils Noirs – Jean-Max Brua. Un oublié de la chanson française engagée. Si vous pouvez mettre la main sur son 45 tours maxi avec L’Etranger, foncez ! A noter pour l’anecdote, et pour casser l’image vieillotte qu’il pourrait avoir, que des musiciens de Magma (Kobaïa !) ont bossé avec lui sur l’album Le Chagrin (1971).

 

L’écharpe – Maurice Fanon. Du lourd avec un autre grand chanteur engagé et un peu disparu de la mémoire collective. Refusant le star system et boycotté par les médias dans les années 60-70, il se fera connaitre surtout comme compositeur (pour Mélina Mercouri, Joe Dassin et surtout Juliette Gréco). Ce morceau filerait le bourdon à un type sous ecstasy, mais c’est l’arme fatale pour enlacer votre dulcinée au coin du feu.

 

Les Loups – Serge Reggiani. Chanson engagée toujours, avec Serge Reggiani, qui s’est fait connaitre pour ses reprises de Boris Vian (Sa version du Déserteur est un bijou) . Egalement acteur, on le retrouve notamment dans le film de Claude Sautet, Vincent, François, Paul et les autres.

 

Les gens de la moyenne – Colette Magny. C’était le temps où les chansons politisées étaient boycottées dans les médias… Ah, on me dit que c’est toujours le cas. Au temps pour moi. Pour plus d’infos sur la talentueuse Colette, vous pouvez aller faire un tour par ici, vu que j’en avais déjà causé.

 


Cannes la Braguette – Léo Ferré. Musique enjouée mais texte au vitriol : la classe made in Léo Ferré. Je n’aurai pas la prétention de vous faire un résumé de sa vie, alors le mieux c’est de zieuter ce documentaire :

 

A Paris – Francis Lemarque. Y avait quand même des trucs biens à passer à la télé parfois, même chez Guy Lux. Comme pour les images de Doisneau, cette chanson de Francis Lemarque a un côté désuet et innocent qui ira à merveille pour folâtrer. Mais n’oublions pas que ledit Lemarque se prendra la censure dans les gencives avec sa chanson Quand un soldat, interprétée également par Yves Montand.


Regarde bien, petit – Jacques Brel. Comme pour Ferré, pas grand chose à dire sur le grand Jacques. Ce morceau est une merveille. Et j’ai envie de me choper le même manteau pour me poser sur une dune en regardant l’horizon. Car là j’aurai la classe.

 


Una Paloma Blanca – Paco Ibanes. On part de l’autre côté des Pyrénées avec Paco Ibanes. Encore en activité mais plus trop connu par les moins de 20 ans, ce fils de Républicain espagnol vous chope aux tripes avec seulement une guitare et une chaise (importante la chaise). Et parce que je suis pas chien, un autre de ces célèbres morceaux, A Galopar, avec le poète Rafael Alberti :

 

Le petit bonheur – Félix Leclerc. Une chanson simple et sans prétention, un peu comme A paris, mais tout aussi jolie. Et la voix de Félix Leclerc, c’est quelque chose qu’on oublie pas. Surtout quand on a écouté ca étant ptiot :

 


L’étranger – Graeme Allwright. Toujours vaillant, ce chanteur engagé d’origine néo-zélandaise a fait connaitre au grand public français, entre autres, les oeuvres de Leonard Cohen (The Stranger que vous pouvez écouter ici) et Bob Dylan.  Et ce morceau n’a pas pris une ride avec sa mélodie entêtante.

Je voudrais pas crever – Pierre Brasseur. Un des plus beaux textes de Vian (et dieu sait qu’il y pourtant a le choix) avec la voix inimitable de Pierre Brasseur (père de Claude, et médecin fou dans Les Yeux sans visage de Georges Franju). Pas grand chose à dire de plus, à part vous demander de prendre deux minutes de votre vie pour vous poser et écouter ca.


Tout l’amour que j’ai pour toi – Dario Moreno. Et on termine avec un des chanteurs les plus barrés de l’époque : Dario Moreno. Cela vaut vraiment le coup de redécouvrir son oeuvre, notamment les quelques extraits de films qu’on peut retrouver sur Youtube. Et dire qu’il aurait dû jouer Sancho Panza sur scène à Paris avec Jacques Brel s’il n’avait pas eu l’idée incongrue de clamser après la première à Bruxelles… Une faute de goût qu’on lui pardonnera cependant après écoute de ce morceau.

C’est tout pour aujourd’hui, sublimes lecteurs, et je vous dis à très bientôt sur Centrifugue (ou ma galerie Flickr, y a plus de chances de trouver du contenu actualisé par là en ce moment) ! En vous remerciant, bonsoir.

Dessin, texte : Gwen (avec l’expertise musicale de mon père)

Pendant que vous y êtes, lisez aussi :