Pure Hell : une découverte 30 ans après

avril 18th, 20113:57 @

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Pure Hell : une découverte 30 ans après

« Le premier groupe de punk noir au monde », telle était l’accroche trouvée par le manager de Pure Hell, Curtis Knight, lors de leur tournée européenne en 1978. Une présentation intrigante mais qui reste trop réductrice. Si leur existence avait le mérite de contrebalancer une scène musicale largement dominée par des groupe blancs, Pure Hell n’a jamais revendiqué ses origines afro-américaines comme un élement déterminant de leur musique. Rapide, intense, leur musique est un bon apperçu de la scène punk naissante aux Etats-Unis.

Formé en 1974, à Philadelphie, Pure Hell peut d’ailleurs se targuer d’être un des premiers groupes punk tout court. Plus intéressés par la scène underground sortie de la Factory, l’atelier d’Andy Warhol, que par la soul de Philadelphie, le groupe se rend à New York et reçoit l’appui de Johnny Thunders, le leader des New York Dolls 1. S’en suivront des concerts aux cotés de Patty Smith, Blondie, Television ou des Sex Pistols (dont l’un des derniers avant la mort de Sid Vicious).

Cependant Pure Hell ne connaitra jamais le même succès que ces illustres formations. Si le groupe a le temps de sortir un deux titres (dont une reprise sauvage de These boots are made for walking de Nancy Sinatra), la relation avec leur manager va se dégrader lors de leur tournée européenne. Le groupe n’accepte pas cette emprise grandissante et décide tout simplement de revenir aux Etats-Unis en laissant Curtis Knight à l’aéroport de Londres avec ses bagages… Mais surtout, plus grave pour le groupe, les enregistrements de leur album Noise Addiction. Des enregistrements que le manager refusera toujours de rendre.

Il faudra attendre 28 ans, et la mort de leur manager, pour que Mike Schneider, propriétaire du label Welfare Records, reccupère les bandes originales et décide de sortir l’album avec l’accord du groupe. Une initiative salutaire car l’écoute de Noise Addiction est un pur plaisir.

Bassiste et batteur posent des bases typiquement punk, avec un jeu pied au plancher qui ne s’embarrasse pas de fioritures. Un cadre que les solos du guitariste Preston Morris, flirtant avec le metal, s’empressent de dynamiter pour mieux mettre en valeur la voix de Kenny Gordon, qui respire le vice et la rebellion.

Ramones, MC5, Stooges, Mothers of Invention ou même Beach Boys, les influences se téléscopent pour le meilleur. Pure Hell nous rappellant une des bases du punk : No Rules.

Texte : Gwendal

Photo : Welfare Records

Bonus, un extrait de Noise Addiction lors d’un concert en 1978 et issu du DVD de Pure Hell

Liens

Deux sites sur Myspace ici et
L’album Noise Addiction est en vente sur le site de Welfare Records


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Notes:

  1. Pure Hell s’inspirera beaucoup des New York Dolls et leur look provocateur à base de vêtements féminins.