Ragga-jungle et raggacore : le reggae sous amphétamines

avril 4th, 20111:40 @

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Ragga-jungle et raggacore : le reggae sous amphétamines

Punk, hip-hop, funk ou pop, la musique techno est par nature ouverte aux mélanges de styles et le reggae et ses sous genres (dancehall, dub ou raggamuffin) n’ont pas non plus échappé aux oreilles des DJ. Débutant avec la jungle au début des années 90, ce mariage continue depuis à suivre son chemin, pour le plus grand bonheur de ceux qui apprécient le reggae mais qui rechignent à s’avachir dans leurs sofas. Petit tour d’horizon.

Avant de faire les présentations, il convient de souligner les débats existants quant à la définition de la jungle. Liée dès l’origine à la drum’n bass, les termes sont d’ailleurs parfois utilisés indifférement, ce qui ne facilite pas la compréhension. Les amateurs de précision peuvent à ce titre se tourner vers les articles publiés sur Wikipedia (en français et en anglais) à propos de la jungle et de la drum’n bass qui sont relativement complets.

Pour simplifier (et faire avancer quand même cet article !) on peut considérer la drum’n bass plus proche du jazz, avec une approche instrumentale et expérimentale. La jungle (ou pour etre plus clair ragga-jungle) quant à elle s’étant développée grâce à l’implication de la communauté jamaïcaine en Angleterre, ce qui se traduit par la présence d’un toaster et l’utilisation intensive de riddims, d’où une présence plus accrue des voix.

Le ragga-jungle, propulsé par Congo Natty (alias Rebel MC) ou les Ragga Twins, a connu son heure de gloire entre 1990 et 1995. Son intérêt dans les clubs a par la suite diminué et ce style est devenu un marché de niche, perdurant grâce à de nombreux petits labels très actifs. C’est au début des années 2000 et grâce à la démocratisation de l’accès au net que les échanges entre ces communautés se sont multipliés, permettant au ragga-jungle de reprendre du poil de la bête. De nombreux DJs ont alors pu se réapproprier ce genre musical.


Symbole de ce renouveau, le label Trilogy Sound, créé par Tester et Sinista en 1998. Fonctionnant sur le même principe qu’un sound system, leur musique est ce qui se fait de mieux actuellement en terme de ragga-jungle, grâce à un choix de riddims impeccable. Des breaks dynamiques mais sans agressivité et qui confèrent aux morceaux des qualités mélodiques indéniables. Autre DJ dans cette mouvance « roots », Paulie Walnuts est lui aussi une valeur sûre et constitue une très bonne entrée en matière.

L’assimilation de la jungle par la mouvance breakcore est l’autre élément de cette renaissance. La musique se situe en revanche sur un plan beaucoup plus rude, proche du ragga et du dancehall, avec des breaks en perpétuelle instabilité. Nous avions parlé précedemment de Bong-Ra et d’Aaron Spectre, mais l’on peut également citer parmi les principaux artistes Istari Lasterfahrer, Soundmurderer, Shitmat, Rotator ou FFF (aucun rapport avec notre très recommandable Fédération française de funk). Citons enfin le label Life4land, dont DJ Parasite, n’hésite pas non plus à s’en inspirer.

Le ragga-jungle, c’est par ou ?
Ragga-jungle.com et Raggajungle.biz constituent les deux sites de référence. Fédérant une grande partie de cette communauté, vous pourrez y trouver un maximum d’informations sur les artistes, l’histoire et l’actualité du mouvement. A noter également que nombre de DJs n’hésitent pas à mettre à disposition leurs mixes afin de pouvoir juger leur travail.

En parlant de musique, sept mixes (ragga-jungle et raggacore) de Madeinmade sont téléchargeables ici et cinq autres sur le site du label Indajunglerecording. Les sites Dnb-Sets et Core News, bien qu’ils ne soient pas purement centrés sur la jungle, proposent également de nombreux mixes.

Quant aux amoureux des galettes noires, ils ne seront pas en reste en allant farfouiller sur Free Burning Records, spécialisé en jungle, Switchrec, Sound Bytes Records, DSWAT.net, Death$sucker Records ou le site très fourni de Mirage 2000 Records. Des pochettes soignées, des prix abordables, que demander de plus ?

Encore un peu de son ? Avec plaisir :

Texte et dessin (d’après la pochette de l’album Dreads at the controls) : Gwendal


Pour aller plus loin :
Un peu de lecture (en anglais) pour les assoiffés :

  • Un article sur l’histoire de la jungle par Sarah Bentley et publié dans K mag. La journaliste propose également 10 morceaux oldschool et 10 autres newschool incontournables. Edit : l’article ne semble plus disponible à la lecture, mais si vous souhaitez vous le procurer, il est paru dans le numéro 109 de K-Mag
  • Un article de Breakcoreworld à propos du phénomène raggacore. L’article dresse également la liste des principaux artistes de cette mouvance.
  • A suivre également le blog de Parasite, membre de Life4land et fondateur de DSWAT.net, pour l’actualité de la scène anglaise.
  • Edit : et vous pouvez retrouver également une sélection de morceaux sur la chaine Youtube de Centrifugue

En bonus, même DJ Yoda se met à la jungle (remix de Collie Buddz – Come Around) :

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