Repack : les aventuriers des films perdus

décembre 10th, 201112:35 @

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Repack : les aventuriers des films perdus

Petits bijoux de l’animation, oeuvres baroques du récemment disparu Ken Russell, épisodes cultes de L’Oeil du Cyclone, films policiers et westerns italiens de la grande époque, documentaires oubliés ou nanars cinq étoiles,… Autant de créations artistiques qui ont, il y a quelques dizaines d’années de cela, marqué durablement le spectateur avide d’expériences en tous genres. Oui mais voila, bien souvent celles-ci ne sont plus que des souvenirs auxquels on repense la larme à l’oeil. VHS ensevelies dans les rayons d’un Cash Affaires, scènes manquantes pour cause de réédition sauvage, unique diffusion un soir à la télévision, absence du DVD en magasin, ces oeuvres sont marquées du sceau “Introuvable”. Une fatalité que certains passionnés ont cependant décidé de combattre en proposant, grâce à la magie des Internettes, ces trésors archéologiques enfouis. Partons donc à la rencontre de ces Indiana Jones des temps modernes. Tatalata tatataaa !

Evidemment, le métier est un peu physique…

Ils s’appellent Charles Lee Ray, Indiana Gilles ou Vir Daucalis. Trois aventuriers, parmi tant d’autres sur le web, que leur passion du cinéma a mené sur des sentiers sinueux et escarpés : celui du repack. Qu’est ce donc que ce néologisme me direz vous ? Et bien, pour faire simple, car tel est le but du journaliste total, il s’agit de reconditionner un film afin de le rendre de nouveau accessible au spectateur. Cas le plus commun : la numérisation d’une antique VHS des années 80 qui n’a pas eu le droit depuis à une version DVD. Mais cela peut être aussi une version originale inédite ou l’apport d’une version française qui n’était plus proposée.

Un véritable travail d’éditeur, guidé par des goûts propres, qui, grâce à Internet et aux techniques de numérisation, prend de plus en plus d’importance sur la Toile française. Preuve en est la création, en mai 2009, du blog La Caverne des Introuvables (Edit : malheureusement fermé depuis :( ), auxquels participent nos trois repackeurs, et qui est devenu un point de rencontre pour toutes ces initiatives individuelles. Après deux ans de travail de ses membres, ce sont plusieurs centaines de films, documentaires et dessins animés, impossibles à trouver de manière légale, qui sont désormais archivés.

Passion et DIY

L’exemple parfait de la culture du Do it yourself (DIY) dont j’avais pu déjà vous entretenir à propos de Dischord Records. L’absence d’une offre légale est ainsi comblée par le travail de fourmi de tous ces repackers. Et permettent ainsi l’accès à des oeuvres oubliées. Et, au vu de leurs efforts, on peut se rendre compte que la passion est un puissant moteur. Avec les logiciels disponibles sur le net, tout un chacun peut s’il le souhaite s’y mettre. Cependant, numériser un film à partir d’une VHS, caler des sous titres ou la version française voire ajouter des scènes manquantes demande un sacré investissement, même pour un fan de films bis.

C’est par exemple le cas d’Indiana Gilles qui se consacre particulièrement à la restauration des versions françaises, en mixant qualité d’image du film en DVD et bande son issue de sa version VHS : “Si le cinéma est ma grande passion, j’ai toujours été curieux à propos des doublages français qui, selon moi, ne méritent pas toute la haine des « puristes » de la version originale (VO). Je considère version française (VF) et VO comme distinctes et complémentaires. Certaines VF sont d’ailleurs totalement cultes, telles que celles d’Amicalement Votre ou encore de Starsky et Hutch, deux séries qui ont d’ailleurs connu plus de succès en France que dans leur pays d’origine, ce qui n’est sûrement pas un hasard.” Si ce soin apporté au doublage n’est malheureusement plus la norme de nos jours 1, il convient ainsi de préserver les VF de qualité, car, comme l’explique toujours Indiana Gilles, elles font également partie de nos souvenirs d’enfance voire, oserai-je, du patrimoine.


Quand le doublage apporte un plus indéniable. Bon, c’est pas forcément le meilleur exemple pour parler de fidélité à la version originale car il fait voler en éclats par l’absurde toute tension dramatique, mais il fallait bien rendre hommage à Philippe Ogouz 2 dans cette partie.

Et je ne vous parle pas du travail de minutie pour synchroniser image et son. Ou plutôt laissons la parole à Charles Lee Ray : “Après l’importation de la piste audio et la vidéo d’un DVD étranger sur un logiciel de montage audio, deux possibilités se présentent : soit le frame rate (nombre d’images par seconde) des deux sources est le même, et il suffit alors de caler l’audio avec l’image au début d’un film sur le claquement d’une porte ou la détonation d’une arme à feu par exemple. Soit les frame rates sont différents (par exemple la vidéo est en NTSC à 23,976 images par seconde et l’audio est en PAL à 25 images par seconde) et la c’est impossible à caler.

Mais pas pour un repacker digne de ce nom ! A l’aide d’un autre logiciel, celui-ci va changer la durée de la bande audio, tout en gardant la même tonalité et permettre ainsi de la recaler sur l’image. Cependant les ennuis ne s’arrêtent pas la : “Il y a bien entendu pas mal de soucis liés à la vitesse de défilement de bande sur les magnétoscopes analogiques qui peuvent varier et donc fausser la synchronisation. Mais aussi des différences dans le montage entre les versions des films, suivant le pays où ils ont été exploités. Il n’y alors pas d’autre solution que de tailler dans la bande son et jouer avec les filtres pour étirer ou réduire la durée l’audio sur ces passages récalcitrants.” Et pour certains films, cela tient de la restauration en profondeur, comme le repack de La proie de l’autostop par Charles Lee Ray : “Ce fut l’un des plus longs à caler car le montage français à été énormément censuré et même carrément modifié pour en faire un autre film avec une fin bien différente. De mémoire il manque presque 20 minutes sur la VF.Si c’est pas du travail de passionné, ca…

Légalité contre éthique

Je vois cependant se lever la main fébrile de notre cher lecteur de Carpentras. Oui Jean-Pierre, va y, n’ait pas peur : “Ben voila, z’ont l’air vachement sympa vos repackers, mais mettre à disposition des films, ca serait pas du vol, du plagiat ? »

Merci pour votre question pour le moins pertinente mon cher Jean-Pierre, car vous touchez l’autre aspect du DIY, à savoir l’éthique.

Si l’on retrouve moults points communs avec les groupes de hackers dans le mode d’organisation et la vision d’une culture qui doit être accessible au plus grand nombre, les repackers dignes de ce nom ne se considèrent pas du tout comme des pirates. Car il ne s’agit pas de mettre à disposition le dernier blockbuster sorti en salles, arriver à déjouer les sécurités présentes sur un DVD et encore moins d’en tirer profit.

Chaque film proposé sur la Caverne des introuvables est ainsi effacé dès qu’un éditeur se décide à le commercialiser. Et les contributeurs ont toujours tenu à se démarquer de ceux, moins bien intentionnés, qui ont cherché à monétiser ce travail 3.

C’est ce qu’explique bien Indiana Gilles : “Pour moi c’est clair : je suis contre toute forme de piratage. Que ce soit au niveau de la musique, des jeux, du cinéma… La Caverne retire d’ailleurs un film s’il est commercialisé. En revanche, si personne ne propose le film légalement et de manière honnête ou complète, ce n’est pour moi pas pareil. Je sais très bien que tout ça n’est pas vraiment légal mais c’est toléré car il n’y a dans cette démarche aucune intention de nuire ni même de gagner de l’argent dans ces partages. Proposer ces œuvres c’est justement, pour moi, faire preuve d’un grand respect car on ne veut pas qu’elles tombent dans l’oubli. Je dirais même plus, en proposant ces films je n’ai qu’un espoir : c’est qu’un éditeur se rende compte qu’ils ont du potentiel et qu’ils peuvent être commercialisés. En gros, je considère que la Caverne maintient certains films et doublages en vie et qu’elle leur fait même de la pub. Aux éditeurs de prendre la balle au bond. S’il y avait un quelconque esprit de piratage là-dedans, je n’y participerais pas.

Rajoutons également que ce partage est aussi une manière de contourner des prix excessifs pratiqués sur des VHS épuisées (souvent plus de 40 euros voire, hallucinant compte tenu de la qualité de ce « film », 70 euros pour Fais gaffe à Lagaffe dont je vous avais causé dans mon article sur Franquin ou 50 euros pour Moi, fleur bleue avec Jean Yanne).

Les contours de la communauté partageuse sur Internet restent cependant flous, car elle regroupe plusieurs familles. Pour Vir Daucalis, on peut distinguer trois courants principaux : le “repackeur / sous titreurs” de vieux films, que l’on retrouve principalement autour de la Caverne des introuvables, les sous-titreurs de films récents et non édités ou diffusés en France, le plus souvent des films d’horreur, que l’on retrouve sur les gros forums de téléchargement et enfin les “repackeurs / sous titreurs” de films et dessins animés japonais, peu édités également, ou alors en VHS, en France. Ces derniers se consacrant presqu’exclusivement à ce genre. Et c’est sans compter sur le débat “sous titres incrustés ou non dans la vidéo” qui brouille encore les frontières.

Du point de vue légal, nous rentrons également dans une zone grise, entre culture gratuite et instantanée du net et industrie du cinéma. Le fait de proposer des films, gratuitement ou non, porte atteinte au droit d’auteur, car une oeuvre ne tombe dans le domaine public que 70 ans après la mort de son auteur. Mais, dans la pratique, si ce droit n’est pas utilisé, qui peut du coup s’en trouver lesé ?

Cela ne semble pas le cas en tout cas des éditeurs, comme le dit Vir Daucalis : “Je ne pense pas que cela dérange beaucoup les éditeurs puisque, ce que nous proposons, ils ne le proposent pas (en tout cas, pas dans la Caverne) quand le DVD n’a pas été édité. Parfois, il n’y a aucun éditeur, le film n’ayant jamais été édité, même pas en cassette (c’est le cas du sous-titrage). Il y a juste un cas de figure que je trouve délicat, c’est quand le DVD est édité en France mais dans une version un peu différente.

Face au droit d’auteur, toujours nécessaire pour préserver le travail et la place de l’artiste, le repack renverse la situation en affirmant une sorte de “droit du spectateur”. Le droit de découvrir ou revoir une oeuvre, en dépit de sa non rentabilité, et cela de la manière qu’on le souhaite 4. Et rien que pour cela, le travail de nos trois repackers et leurs collègues est salutaire.

Et les films dans tout ca ?

S’il convenait de vous présenter ce joyeux univers du repack, ce papier n’aurait pas été complet sans s’attarder sur quelques pièces d’une grande rareté et magnifiquement ciselées. Alors lançons nous dans une visite express du musée.

Half Human

Un très bon exemple de film introuvable avec ce Half Human, mis à disposition dans son montage original japonais. Réalisé par Ishiro Honda (le papa de Godzilla), ce film de la Toho a en effet dû être retiré suite à une plainte des Aïnous, dépeints comme des barbares. Une curiosité que je n’ai pas encore testée mais saluons déjà le boulot de Titou qui, en plus de l’avoir déniché, s’est également occupé des sous-titres.

Vamos a matar companeros

Le haut du panier en terme de western spaghetti. Réalisé par Sergio Corbucci (Django, Le Grand Silence, Navajo Joe) et avec les deux stars italiennes Franco Nero et Tomas Milian. Violence, humour, aventures picaresques, Jack Palance en super bad guy et un sous-texte politique pas déplaisant. La version disponible, proposée par Indiana Gilles, comporte plus de 13mn de scènes additionnelles, coupées dans le montage proposé en DVD.

Bandits à Milan

Un grand merci à Vir Daucalis pour avoir exhumé ce film de 1968 (et passé sans doute quelques longues nuits à réaliser les sous titres) qui peut se targuer d’avoir lancé, aidé trois ans plus tard par le succès international de L’inspecteur Harry, le genre très populaire dans les années 70 du poliziotteschi, alors que l’Italie était en proie à la violence mafieuse et politique. Basé sur un fait divers, le film de Carlos Lizzani se veut très réaliste et ne fait pas dans la dentelle. A noter la présence en vedette de Gian Maria Volonte (Ramon, dans Pour une poignée de dollars de Sergio Leone).

Lupin III, le chateau de Cagliostro / Vidocq contre Cagliostro

Le premier film réalisé pour le cinéma par le grand Hayao Miyazaki (Mon voisin Totoro, Ponyo sur la falaise) et mettant en scène les aventures d’un lointain héritier d’Arsène Lupin. Fun, dynamique, avec des personnages haut en couleur, c’est toujours un plaisir de le voir plus de 30 ans après. Ce film est déjà disponible en DVD mais le tour de force d’Indiana Gilles a été de mixer deux des trois doublages disponibles (celle issue de la VHS des années 80 et la nouvelle sur le DVD édité dans les années 2000) pour obtenir une version intégrale avec les doublages originaux, jugés les plus soignés. Et parmi le casting vocal, soulignons la présence du grand Philippe Ogouz (qui a prêté sa voix à Capitaine Flam ou Ken le Survivant, excusez du peu).

Il était une fois en Amérique

Normalement tout le monde a vu ce chef d’oeuvre mais, grâce encore à Indiana Gilles, aidé de Charles Lee Ray, il est enfin possible de revoir le doublage français original, et supervisé par Leone lui-même, qui n’est pas disponible sur le DVD.

L’oeil du Cyclone

Ayant déja longuement parlé cette émission complétement barrée, je n’y reviendrai donc pas. Mais voila le cas typique d’une oeuvre diffusée une fois à la télévision et qui, depuis, n’était plus visible. Sauf pour les heureux propriétaires de magnétoscopes qui avaient eu le réflexe de les enregistrer. Vous pouvez également retrouver les épisodes de l’Oeil du Cyclone sur la chaine Viméo qui lui est dédiée.

Marquis


Marquis de henri Xhonneux et Roland Topor 1989 par mekas28
Peut-être pas la meilleure oeuvre du grand Roland Topor 5 mais assurément un trésor car, pour des raisons qui m’échappent, le DVD a été supprimé à la vente. A la fois cru, grinçant et onirique, un très bel hommage au Marquis de Sade.

L’aube des damnés

Réalisé en 1963, un an après l’indépendance, par le Centre national du cinéma algérien, ce documentaire d’Ahmed Rachedi, avec au scénario le grand insoumis René Vautier, retrace la lutte des peuples contre l’oppression. Une pièce d’histoire à voir.

L’empreinte de la justice

Sorti en salles en 1976, ce documentaire fleuve de Marcel Ophüls (Le chagrin et la pitié) se penche sur le procès de Nuremberg et son impact sur la société allemande. Assez dérangeant pour certains car Ophüls n’hésite pas à tracer des parallèles entre les méthodes employées par les nazis et celles des Français en Algérie ou des Américains au Vietnam. Un bon réflexe de Judex qui a pu l’enregistrer lors de son unique passage à la télévision, aucun DVD n’étant disponible en France à l’heure actuelle.

Les deux crocodiles

Terminons par du plus léger avec ce film, disponible seulement en VHS, de Joel Seria (Les Galettes de Pont Aven), dont je causerai un peu plus dans un article futur sur le grand Jean-Pierre Marielle. Joel Seria et Jean-Pierre Marielle c’est déjà un combo qui fait saliver tout cinéphile de bon goût, mais quand on découvre qu’il y a aussi Jean Carmet et que l’action se passe du côté de Quimper 6, ca serait un crime de ne pas le voir.

Le chouchou de l’asile / Comment se faire virer de l’hosto

Le travail d’archéologue du cinéma permet de ramener à la surface des trésors, mais aussi certains “trucs”, créés par des forces impies, qui n’auraient jamais dû quitter les abysses. Et Le chouchou de l’asile est de ceux la. Scénario confondant, acteurs jouant comme des savates, gags misérables et touche de bon goût avec croix gammées et “Heil !” tonitruants toutes les 30s. A réserver aux spectateurs les plus déviants.

A vos VHS, prêt, partez !

Un peu de technique pour conclure. Si d’aventure vous possédez vous aussi des raretés du cinématographe qu’aucun éditeur n’a jusqu’ici dévoilé, et que vous êtes prêts à y consacrer plusieurs heures de restauration, voici quelques logiciels qui devraient vous aider :

Pinnacle. Un logiciel qui importe sur ordinateur la vidéo présente dans un DVD et la découpe
plan par plan. Pratique pour synchroniser image et son.

VirtualDubMod. Permet d’extraire le son d’un film, modifier la fréquence d’images ou recompresser la vidéo au format souhaité.

Goldwave. Editeur audio numérique, très pratique pour nettoyer la bande son fatiguée d’une VHS.

Subtitle Workshop. Comme son nom l’indique, un outil destiné à créer et éditer les sous titres destinés à votre vidéo.

Sur ce, j’adresse un grand merci à Charles Lee Ray, Indiana Gilles, Vir Daucalis et Acromega pour le temps qu’ils ont bien voulu me consacrer pour cet article. Quant à vous, chers lecteurs, je vous laisse explorer vous-même ce monde magnifique, où vous devriez découvrir à coup sûr le film que vous cherchiez depuis des années en vain. Ou même tomber sur des oeuvres dont vous n’aviez jamais entendu parler jusqu’ici.

Texte, dessin : Gwen

Sites :
Le blog d’Indiana Gilles
Le blog de Charles Lee Ray consacré aux affiches et photos de cinéma

A lire également, une interview d’Acromega, gardien de la Caverne des introuvables, sur le blog 716 que je vois la vie

Pendant que vous y êtes, lisez aussi :

Notes:

  1. Ca reste un avis personnel. Cela dit le décalage entre la sortie dans le film d’origine et celle en France est de plus en plus réduite d’où, mécaniquement, moins de temps pour fignoler. Rajoutons à cela moins de liberté pour les doubleurs, qui doivent de plus en plus coller au texte original, et la peur du piratage, les maisons de doublage travaillant sur des versions tronquées d’un film (Les doubleurs ne peuvent voir par exemple que les lèvres des acteurs)
  2. Interview super intéressante pour comprendre le contexte du doublage de Ken le survivant sur Hokuto.free
  3. Je ne les citerai pas pour ne pas leur faire de pub mais, pour résumer, les liens en direct download proposés par la Caverne étaient modifiés, via Linkbucks, afin qu’à chaque téléchargement une somme leur soit versée
  4. Version originale remontée et censée être la plus fidèle à la vision du réalisateur ou version française et son coté madeleine de Proust. Voir également à ce propos l’exemple des épisodes 4,5 et 6 de Star Wars, qui ne sont plus visibles dans leur version originale
  5. Au scénario et à la direction artistique. Henri Xhonneux, déja derrière la caméra pour Téléchat, s’occupant de la réalisation
  6. Et sa gare routière !