Skindred : le métal dans le sang et les dreads au vent

avril 28th, 20114:06 @

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Skindred : le métal dans le sang et les dreads au vent

Skindred, ou l’union improbable entre reggae et métal. Un mariage qui a pourtant l’intérêt de provoquer des étincelles de créativité. A l’instar de Soulfly ou System of a Down, le groupe gallois est une bouffée d’air frais dans le genre très codifié du métal.

Skindred est né en 1998 des cendres de Dubwar, formation rock-reggae du chanteur Benji Webbe. Une dissolution forcée suite à une mauvaise entente avec leur label, Earache. Benji Webbe recrute alors de nouveau musiciens, Mikey Dee à la guitare, Daniel Pugsley à la basse et « Dirty » Arya Goggin à la batterie.

Vous rêviez de voir ce que pouvait donner en clip Smells Like Teen Spirit mélangé aux chorégraphies endiablées du dancehall ? Voici votre voeu exaucé avec Nobody, tiré de l’album Babylon.

En 2002 sort leur premier album, Babylon, qui ne se fera vraiment connaître qu’en 2004, à l’occasion d’une ressortie sur le label Lava Records. Le groupe se classe alors premier des ventes aux États-Unis dans la catégorie reggae et leur single Nobody culmine à la 14e place du classement Mainstream Rock Tracks. Le groupe a depuis sorti un nouvel album, Roots Rock Riot en 2007, sur le label Bielier Bros Records. Edit : Auxquels on peut désormais ajouter Shark Bites and Dogs Fights en 2009 et Union Black cette année

Punk, thrash, dancehall, ska et reggae, les influences peuvent paraître contradictoires mais Skindred ne fait que réaffirmer les liens qui existent depuis leurs débuts entre ces genres musicaux. Le parallèle avec Bad Brains est tentant. Cependant, musicalement, les différences sont trop grandes.

Première opposition, et de taille, les voix des chanteurs. Si l’énergie déployée par HR est on ne peut plus communicative, difficile cependant de lui reconnaître des qualités objectives de chant, si l’on excepte les morceaux purement reggae de Bad brains. Benji n’a rien à lui envier en termes de puissance, mais à l’écoute des morceaux de Skindred, il est impossible de ne pas remarquer sa facilité à varier son chant. Voix rauque, flow typiquement ragga ou timbre clair propice aux ballades, les modulations au sein d’un même morceau se font avec aisance et efficacité.

La fossé se creuse également au point de vue musical car si Bad Brains a apporté les variations du jazz dans le punk-hardcore et revendiquait la rébellion du reggae et du punk, il n’a jamais joué à proprement parler une fusion de ces deux genres. La démarche musicale de Skindred est en ce sens plus aboutie : les compositions alternent des plans typiques des différents styles pour donner un tout cohérent. Petit plus et non des moindres, l’apport du métal dans les morceaux, apportant un surcroît de puissance indéniable.

Benji volant littéralement la vedette en tant que frontman, ce n’est qu’après plusieurs écoutes que l’on se rend compte de cet énorme travail. D’une précision pourtant redoutable, bassiste, guitariste et batteur se mettent tout entier au service du chanteur. Pas de guitar hero ou de concours de double pédale.

Un « sacrifice » payant car à l’écoute de Skindred il est impossible de ne pas se déhancher comme un damné. Et, après les excès des fêtes, cela vaut bien toutes les séances de Wii Fit du monde.
Dessin, texte : Gwendal
Photo : Skindred


Liens :
Site Myspace
Site classique (dates de concert, merchandising)

Parce que ma bonté me perdra (et par pur plaisir personnel également), un deuxième bonus avec Ratrace, tiré de l’album Roots Rock Riot

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