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	<title>Centrifugue &#187; grindcore</title>
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	<description>Guides et chroniques de la périphérie</description>
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		<title>Quelques grammes de brutalité dans un monde de finesse (2/2) : le death metal</title>
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		<pubDate>Wed, 28 Dec 2011 14:03:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Gwen</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Après avoir donné un petit apercu du grindcore, passons donc à son frère, tout aussi énervé mais plus vicieux : le death metal. Né en Floride dans les années 80, il prolonge la vague thrash metal (Slayer, Metallica, etc.). Proche du grindcore par l'imaginaire développé et une musique combinant vitesse et impact, le death a apporté sa pierre au métal grâce à son approche "chirurgicale". Une petite exploration s'impose donc, ou, plus approprié, une plongée dans ses entrailles.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Après avoir donné un petit apercu du<a href="http://centrifugue.fr/index.php/2010/02/quelques-grammes-de-brutalite-dans-un-monde-de-finesse-12-le-grindcore/" target="_blank"> grindcore</a>, passons donc à son frère, tout aussi énervé mais plus vicieux : le death metal.</strong> Né en Floride dans les années 80, il prolonge la vague thrash metal (Slayer, Metallica, etc.). Proche du grindcore par l&#8217;imaginaire développé et une musique combinant vitesse et impact, le death a apporté sa pierre au métal grâce à son approche &laquo;&nbsp;chirurgicale&nbsp;&raquo;. Une petite exploration s&#8217;impose donc, ou, plus approprié, une plongée dans ses entrailles.</p>
<p><strong>Peu d&#8217;intéret à décliner ici un historique détaillé du genre si ce n&#8217;est pour abuser du copier-coller.</strong> Comme mentionné auparavant dans le papier sur le grindcore, le death metal s&#8217;est divisé depuis plus de 20 ans en sous genres, eux-mêmes s&#8217;entrecroisant. De quoi y perdre son latin même pour un spécialiste. Une simple consultation de l&#8217;<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Death_metal" target="_blank">article</a> disponible sur Wikipedia, de bonne qualité, suffira déja à débroussailler la zone. Mais si l&#8217;on souhaite pousser plus loin sa compréhension du genre, <em>Choosing Death &#8211; The History of Deathmetal and Grindcore</em> de Robert Mudrian est à l&#8217;heure actuelle l&#8217;ouvrage le plus complet consacré à la question. Une traduction française est d&#8217;ailleurs disponible au éditions <a href="http://www.camionblanc.com/?p=detail_livre&amp;ID=72" target="_blank">Camion blanc</a>.</p>
<p><strong>Si l&#8217;on souhaite donner une image la plus fidèle et concise pour le grand public, le rapprochement avec Slayer, comme l&#8217;explique Mudrian, apparaît le plus judicieux.</strong> Le jeu est rapide, très technique. L&#8217;univers est morbide, réccupérant l&#8217;imagerie satanique déja existante dans le métal (Black Sabbath par exemple), tout en y apportant une dose d&#8217;ironie et d&#8217;humour noir et/ou une certaine mélancolie.</p>
<p><object width="480" height="385" classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/9vWHObeuyZA?fs=1&amp;hl=fr_FR" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed width="480" height="385" type="application/x-shockwave-flash" src="http://www.youtube.com/v/9vWHObeuyZA?fs=1&amp;hl=fr_FR" allowFullScreen="true" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" /></object></p>
<p><em>Slayer &#8211; Black Magic 1983 (Avec une pochette qui peut concourir avec celle de <a href="http://2.bp.blogspot.com/_cRu7JHjuWJs/SLNN7pqG7XI/AAAAAAAACTg/B5rKT6ut8tI/s320/metal%2520magic.jpg" target="_blank">Metal Magic</a>, le premier album de Pantera, en terme de laideur graphique)</em></p>
<p><img class="alignleft" title="death2" src="http://centrifugue.fr/wp-content/uploads/2010/02/death2.jpg" alt="" width="343" height="343" /><strong>Pas de grande révolution donc. Mais une volonté, au point de vue musical et thématique, de pousser plus loin ce qu&#8217;ont fait leurs ainés</strong>. Cela se caractérise en premier lieu par les pochettes d&#8217;albums (qui n&#8217;en a jamais choisi un en fonction de ce critère ?) volontairement provocantes. Films d&#8217;horreurs, symbolique démoniaque ou imagerie plus clinique, ces images ne sont pas vraiment du goût des ligues de vertu. Cela tombe bien, c&#8217;est précisement le but ! Une manière comme une autre de choquer le bon bourgeois qui ira jusqu&#8217;à créer des sous-genres à l&#8217;imagerie extrême, comme le gore-grind, dévolu aux effusions de sang et de tripes.</p>
<p><strong>Citer Slayer comme référence est certes pertinent pour dépeindre cet univers mais le véritable « guide » du death metal, d&#8217;un point de vue musical, n&#8217;est autre que&#8230; <a href="http://www.deathtribute.msanthrope.com/" target="_blank">Death</a>.</strong> Création du chanteur et guitariste Chuck Schuldiner, Death n&#8217;est pas à l&#8217;origine du terme death metal (on le doit au groupe américain <a href="http://www.metal-rules.com/where/Possessed.htm" target="_blank">Possessed</a> avec sa démo <em>Death Metal</em>) mais son impact artistique est indéniable.</p>
<p><strong>Musicien de génie, ayant appris la guitare en autodidacte et sachant s&#8217;entourer de pointures</strong> (comme Steve DiGiorgio à la basse ou Gene Hoglan à la batterie pour les plus connus), Schuldiner peut se classer au niveau des grands maîtres de la musique classique. Mort à 34 ans d&#8217;un cancer du tronc cérébral (et surtout à cause du système de santé américain), il aura en l&#8217;espace de 7 albums (dont des chefs d&#8217;oeuvre comme <em>Symbolic</em>, <em>Human</em> ou <em>Sound of Perseverance</em>), posé les bases du genre.</p>
<p><object width="480" height="385" classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/-KTK0MbOobQ&amp;hl=fr_FR&amp;fs=1&amp;" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed width="480" height="385" type="application/x-shockwave-flash" src="http://www.youtube.com/v/-KTK0MbOobQ&amp;hl=fr_FR&amp;fs=1&amp;" allowFullScreen="true" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" /></object></p>
<p>Si la Floride a offert de nombreux groupes au death metal (l&#8217;incontournable <a href="http://www.morbidangel.com/" target="_blank">Morbid Angel</a>, qui aura aussi une très grande influence, <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Deicide" target="_blank">Deicide</a>, <a href="http://www.obituary.cc/" target="_blank">Obituary</a>, etc.),<strong> l&#8217;Angleterre n&#8217;as pas été en reste</strong>. Et le Death sauce menthe verte n&#8217;est autre que <a href="http://www.myspace.com/carcass" target="_blank">Carcass.</a></p>
<p><object width="560" height="340" classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/mZiX0Thteio&amp;hl=fr_FR&amp;fs=1&amp;" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed width="560" height="340" type="application/x-shockwave-flash" src="http://www.youtube.com/v/mZiX0Thteio&amp;hl=fr_FR&amp;fs=1&amp;" allowFullScreen="true" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" /></object><br />
<strong> Preuve d&#8217;ailleurs que grind et death sont liés, le groupe a débuté par le premier, avant de devenir le fer de lance du death dit mélodique</strong>, modèle pour les groupes nordiques. Ces accointances grind-death se retrouvent également chez <a href="http://www.boltthrower.com/" target="_blank">Bolt Thrower</a>. Un groupe certes moins incontournable qu&#8217;un Carcass mais qui est passé d&#8217;un grind sauvage et brouillon à du death aussi lourd et massif qu&#8217;un panzer chargeant des cavaliers polonais.</p>
<p><object width="480" height="385" classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/2Bc-ZC1EF18?fs=1&amp;hl=fr_FR" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed width="480" height="385" type="application/x-shockwave-flash" src="http://www.youtube.com/v/2Bc-ZC1EF18?fs=1&amp;hl=fr_FR" allowFullScreen="true" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" /></object></p>
<p>Stoppons cependant ici l&#8217;exposé historique avant que ce texte ne fasse un kilomètre de long (je vous renvoie à nouveau vers <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Death_metal" target="_blank">l&#8217;article sur Wikipedia</a> pour la suite) et <strong>revenons plutôt à ce qui constitue le death-metal : une musique de passionnés, à l&#8217;instar du jazz.</strong> Encore hésitant à ses débuts, le jeu « death-metal » va voir son niveau d&#8217;exigence s&#8217;élever de plus en plus et, désormais, à moins de vouloir jouer « old school », faire du death demande des talents de musiciens que nombre de groupes, dans d&#8217;autres styles musicaux, sont loin d&#8217;avoir. Exemple d&#8217;un tel niveau, le batteur belge du groupe <a href="http://www.soilwork.org/" target="_blank">Soilwork</a>, Dirk Verbeuren, étudiant puis enseignant au Musical International Academy de Nancy, l&#8217;un des centres les plus prestigieux en Europe.</p>
<p><object width="425" height="344" classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/QcXVnyiQjBE&amp;hl=fr&amp;fs=1&amp;" /><embed width="425" height="344" type="application/x-shockwave-flash" src="http://www.youtube.com/v/QcXVnyiQjBE&amp;hl=fr&amp;fs=1&amp;" /></object></p>
<p><strong>Cette passion de la musique se manifeste également par l&#8217;expérimentation. </strong>Précurseurs, à la fin des années 80, de la fusion entre jazz et death, mentionnons à ce titre <a href="http://www.atheistmusic.com/" target="_blank">Atheist</a> et <a href="http://www.cynicalsphere.com/" target="_blank">Cynic</a> (formé par Paul Masvidal et Sean Reinert, anciens de Death). Comme nous en avions parlé dans le précédent article, le death va dans les années 90 se marier à d&#8217;autres styles, apportant une touche de folie à ce genre qui peut sembler froid aux néophytes.</p>
<p>Musique tsigane avec <a href="http://www.myspace.com/estradasphere" target="_blank">Estradasphere</a>, délires de crooner avec <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Mike_Patton" target="_blank">Mike Patton</a>, classique avec <a href="http://www.myspace.com/spawnofpossession" target="_blank">Spawn of Possession</a>, folk avec <a href="http://www.finntroll.net/" target="_blank">Finntroll</a> ou <a href="http://www.trollfest.com/" target="_blank">Trollfest</a> (même si l&#8217;on peut chipoter entre death et black metal), world music avec les Français de <a href="http://www.gojira-music.com/" target="_blank">Gojira</a> (qui ont d&#8217;ailleurs joué avec le groupe sibérien <a href="http://www.yat-kha.com/" target="_blank">Yat-Kha</a>) et même rap avec <a href="http://www.necroproduct.com/" target="_blank">Necro</a>, vous avez l&#8217;embarras du choix et donc plus d&#8217;excuses pour ne pas succomber au toucher fatal du death metal !</p>
<p><object width="425" height="344" classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/yGywo81G6lk&amp;hl=fr&amp;fs=1&amp;" /><embed width="425" height="344" type="application/x-shockwave-flash" src="http://www.youtube.com/v/yGywo81G6lk&amp;hl=fr&amp;fs=1&amp;" /></object></p>
<p><em>Finntroll &#8211; Trollhammeren </em>(&laquo;&nbsp;Chauffe Marcel ! Chauffe !&nbsp;&raquo;)</p>
<p><strong>Dessin, texte : Gwendal (et un grand merci à Youen pour son aide)</strong></p>
<p><strong>Pour aller plus loin :</strong></p>
<ul>
<li>Un <a href="http://www.wikihow.com/Appreciate-Death-Metal" target="_blank">petit guide</a> (en anglais) pour apprécier le death metal</li>
<li>Un <a href="http://newsgroups.derkeiler.com/Archive/Rec/rec.music.gdead/2006-02/msg00428.html" target="_blank">article</a> de Jim Fusilli (en anglais) paru dans le Wall Street Journal à propos du death-metal et de sa technique de chant si particulière.</li>
<li>Un autre <a href="http://metal.nightfall.fr/index.php?idgrp=2741&amp;idchoix=7041&amp;rubchoix=7" target="_blank">article</a> (en français) consacré au death-metal sur le site Nightfall</li>
<li>Un <a href="http://agns.libsyn.com/index.php?post_id=479844" target="_blank">podcast</a> dédié au label Earache, spécialisé en death et grind, est disponible sur All Go No Slow</li>
<li>Envie d&#8217;une radio consacrée au death ? C&#8217;est par <a href="http://death.fm/" target="_blank">ici</a></li>
<li>N&#8217;hésitez pas également à consulter également les autres liens du papier sur le <a href="http://centrifugue.fr/index.php/2010/02/quelques-grammes-de-brutalite-dans-un-monde-de-finesse-12-le-grindcore/" target="_blank">grindcore</a>.</li>
</ul>
<p><strong>En bonus</strong><br />
La double pédale est une des marques de fabrique du death, mais le batteur Louie Bellson n&#8217;a pas attendu les années 80 pour s&#8217;en servir, et avec quelle maestria :</p>
<p><object width="480" height="385" classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/nBQWaCLlK9Y&amp;hl=fr_FR&amp;fs=1&amp;" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed width="480" height="385" type="application/x-shockwave-flash" src="http://www.youtube.com/v/nBQWaCLlK9Y&amp;hl=fr_FR&amp;fs=1&amp;" allowFullScreen="true" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" /></object></p>
<p>Nous ne pouvions pas terminer notre petit tour du death metal sans ajouter une touche féminine avec <a href="http://www.archenemy.net/" target="_blank">Arch Enemy</a>, créé par Michael Amott, ancien guitariste de Carcass, et sa charmante chanteuse, Angela Gossow.<br />
<object width="425" height="344" classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/wMGpcjzb67Q&amp;hl=fr_FR&amp;fs=1&amp;" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed width="425" height="344" type="application/x-shockwave-flash" src="http://www.youtube.com/v/wMGpcjzb67Q&amp;hl=fr_FR&amp;fs=1&amp;" allowFullScreen="true" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" /></object></p>
]]></content:encoded>
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		<title>Quelques grammes de brutalité dans un monde de finesse (1/2) : le grindcore</title>
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		<pubDate>Wed, 02 Nov 2011 14:57:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Gwen</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Plus vite, plus fort : ce leitmotiv avait requinqué au début des années 80 le punk avec l'émergence de la vague hardcore (Bad Brains, Minor Threat ou Black Flag) et le metal avec le thrash (Slayer, Megadeth ou Metallica). Mais, à l'abri des regards, des petits frères encore plus enragés n'allaient pas tarder à leur emboiter le pas : le grindcore et le death metal. Blastbeats, growls, riffs sursaturés et autres hurlements de possédés allaient ainsi s'abattre sur le public pour le plus grand bonheur de nos cervicales, parées au headbanging. Pour débuter les hostilités, et affinités obligent, commençons par un petit tour au pays du grindcore.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Plus vite, plus fort :</strong> ce leitmotiv avait requinqué au début des années 80 le punk avec l&#8217;émergence de la vague hardcore (Bad Brains, Minor Threat ou Black Flag) et le metal avec le thrash (Slayer, Megadeth ou Metallica). Mais, à l&#8217;abri des regards, des petits frères encore plus enragés n&#8217;allaient pas tarder à leur emboiter le pas : le grindcore et le death metal. <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Blast_beat" target="_blank">Blastbeats</a>, <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Grunt" target="_blank">growls</a>, riffs sursaturés et autres hurlements de possédés allaient ainsi s&#8217;abattre sur le public pour le plus grand bonheur de nos cervicales, parées au <a href="http://centrifugue.fr/2010/bwitologie-le-boeuf-musque/" target="_blank">headbanging</a>. Pour débuter les hostilités, et affinités obligent, commençons par un petit tour au pays du grindcore.</p>
<p><img class="alignleft" title="discharge" src="http://centrifugue.fr/wp-content/uploads/2010/02/grind2.jpg" alt="" width="251" height="248" />Né au milieu des années 80 au sein de la mouvance punk, alors que la vague punk-hardcore était à son top, <strong>le grindcore s&#8217;inspire plus particulièrement d&#8217;un sous-genre du punk : le <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Crust_punk" target="_blank">crust</a>.</strong> Initié par des groupes anglais comme <a href="http://www.myspace.com/dischargeukhc" target="_blank">Discharge</a> <a class="simple-footnote" title="Interview et live de Discharge en 1983 par Toronto TV, le son n&#8217;est pas au top mais le deuxième morceau, The Nightmare continues, vaut le détour" id="return-note-454-1" href="#note-454-1"><sup>1</sup></a> ou <a href="http://www.southern.com/southern/label/CRC/" target="_blank">Crass</a>  <a class="simple-footnote" title="Un documentaire (en anglais) sur Crass est visible sur le site Minimovies" id="return-note-454-2" href="#note-454-2"><sup>2</sup></a> à la fin des années 70, le crust a ajouté à la vitesse et à l&#8217;agressivité du punk-hardcore des élements metal, en particulier des riffs de guitares très lourds. Outre-Atlantique, des groupes comme <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Siege_(band)" target="_blank">Siege</a>, <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Repulsion" target="_blank">Repulsion</a> ou <a href="http://www.dirtyrottenimbeciles.com/" target="_blank">DRI</a> ont également initié ce mélange hardcore-thrash.</p>
<p><strong>L&#8217;influence du crust se manifeste également dans les paroles des chansons, plus politisées et lorgnant vers la mouvance anarchiste</strong>. Menace nucléaire, pollution, sexisme, homophobie, droits de animaux, oppression sociale et policière sont autant de thèmes récurrents. Une vision sombre et réaliste, très loin de l&#8217;ironie des Sex Pistols, mais qui ne fait que refléter le rejet du reaganisme-thatcherisme triomphant de l&#8217;époque.</p>
<p><strong>Le grind va se développer de manière très underground mais un groupe aura un impact indéniable dans sa reconnaissance : <a href="http://www.napalmdeath.org/" target="_blank">Napalm Death</a></strong>. S&#8217;il n&#8217;est pas, historiquement, le premier à jouer du grindcore, c&#8217;est lui qui va donner au genre une visiblité, par leur participation aux Peel&#8217;s sessions en 1985 à la BBC par exemple (et l&#8217;on ne remerciera jamais assez feu <a href="http://www.blogotheque.net/John-Peel-Un-hommage" target="_blank">John Peel</a> pour cela).</p>
<p><object width="425" height="344" classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/lwwfJ0rvRzI&amp;hl=fr&amp;fs=1&amp;" /><embed width="425" height="344" type="application/x-shockwave-flash" src="http://www.youtube.com/v/lwwfJ0rvRzI&amp;hl=fr&amp;fs=1&amp;" /></object></p>
<p><strong>Si la paternité du terme est sujette à caution (<a href="http://www.extremenoiseterror.co.uk/" target="_blank">Extreme Noise Terror</a> peut être cité également), le batteur Mick Harris a de plus popularisé le terme de « grindcore »</strong> ainsi que l&#8217;utilisation du blast beat <a class="simple-footnote" title="Et Mick Harris peut également se targuer d&#8217;être à l&#8217;origine de la dubstep" id="return-note-454-3" href="#note-454-3"><sup>3</sup></a> qui va devenir une des bases du genre. <em>Scum</em> (1987), leur premier album, est à ce titre un incontournable : 30 minutes et 30 chansons (dont <em>You Suffer</em>, chanson la plus courte, 1,3 s, dans le livre Guinness des records !) pour une avalanche sonique jusqu&#8217;ici inédite. Avec plus de 25 ans de carrière derrière eux, des concerts à la pelle et une discographie impressionnante (un album tous les ans voire plus), le groupe est largement reconnu et respecté dans les scènes metal et punk.</p>
<p><object width="425" height="344" classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/lT3lZNZMUFU&amp;hl=fr&amp;fs=1&amp;" /><embed width="425" height="344" type="application/x-shockwave-flash" src="http://www.youtube.com/v/lT3lZNZMUFU&amp;hl=fr&amp;fs=1&amp;" /></object></p>
<p><strong>C&#8217;est au début des années 90 que le grind va devenir « commercialement » reconnu</strong>, grâce au travail en amont d&#8217;un label comme <a href="http://www.earache.com/" target="_blank">Earache</a> (fondé en 1986) ou plus tard de <a href="http://www.relapse.com/" target="_blank">Relapse</a> (fondé en 1990). Parmi les groupes de grindcore qui émergent à cette période, citons parmi les plus intéressants <a href="http://www.myspace.com/brutalfuckingtruth" target="_blank">Brutal Truth</a> ou <a href="http://www.studio-grey.com/da/" target="_blank">Discordance Axis</a> aux États-Unis, <a href="http://www.nasum.com/" target="_blank">Nasum</a> en Suède et, même si la reconnaissance est encore loin d&#8217;être la même, <a href="http://www.siteinhumate.com/" target="_blank">Inhumate</a> ou <a href="http://www.blockheads-grindcore.fr/" target="_blank">Blockheads</a> en France.</p>
<p><strong>Proximité avec le metal oblige, le grindcore va multiplier les sous genres aux noms évocateurs (deathgrind, cybergrind, goregrind ou noisegrind)</strong>. Mais le grind (tout comme le death metal) a su aussi dépasser son cercle de fans et les blast beats et autres chants hurlés ont déteint sur bien des groupes. La très grande technicité du grindcore a alimenté les compositions complexes des groupes de mathcore, comme <a href="http://www.dillingerescapeplan.com/" target="_blank">Dillinger Escape Plan</a>, ou les projets démentiels de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Mike_Patton" target="_blank">Mike Patton</a> (Fantomas, Peeping Tom ou Mr Bungle) qui empruntent au death et au grind .</p>
<p><object width="425" height="344" classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/XbWGbvgAYyU&amp;hl=fr&amp;fs=1&amp;" /><embed width="425" height="344" type="application/x-shockwave-flash" src="http://www.youtube.com/v/XbWGbvgAYyU&amp;hl=fr&amp;fs=1&amp;" /></object></p>
<p><strong>Plus étonnant, les explosions grind s&#8217;adaptent également très bien au jazz-funk et à ses expérimentations</strong>, comme l&#8217;a prouvé <a href="http://www.tzadik.com/" target="_blank">John Zorn</a> avec son groupe Naked City ou, plus récemment, des groupes comme <a href="http://www.myspace.com/blastmuzungu" target="_blank">Blast Muzungu</a>, <a href="http://www.saunalahti.fi/thoht/" target="_blank">Cause for Effect</a> ou <a href="http://www.dynamiteclub.com/" target="_blank">Dynamite Club</a>. Et s&#8217;il reste parmi vous des irréductibles qui ont encore en sainte horreur les guitares saturées, bénissez les Suisses de <a href="http://www.noiseaddict.com/" target="_blank">Nostromo</a> (groupe malheureusement disparu) qui, avec l&#8217;album <em>Hysteron &#8211; Proteron</em>, vous refont leurs chansons en acoustique. Plus d&#8217;excuses donc pour headbanger !</p>
<p><a href="http://musique.blogs.lavoixdunord.fr/media/00/02/720339913.mp3"><img src="http://static.blogs.lavoixdunord.fr/backend/blogs/images/extras/podcast.jpg" alt="podcast" border="0" /></a><object width="200" height="20" classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="src" value="http://static.blogs.lavoixdunord.fr/backend/blogs/images/extras/dewplayer.swf?son=http://musique.blogs.lavoixdunord.fr/media/00/02/720339913.mp3" /><embed width="200" height="20" type="application/x-shockwave-flash" src="http://static.blogs.lavoixdunord.fr/backend/blogs/images/extras/dewplayer.swf?son=http://musique.blogs.lavoixdunord.fr/media/00/02/720339913.mp3" /></object></p>
<p>Morceau bonus tiré de l&#8217;album <em>Ecce Lex</em> de Nostromo sorti chez Overcome Records (je n&#8217;ai malheureusement pas le nom de la chanson<strong> Edit : </strong>c&#8217;est donc <em>Epitomize</em> &#8211; merci à Zac ! &#8211; dont la version originale, sur l&#8217;album <em>Eyesore</em>, est écoutable <a href="http://www.youtube.com/watch?v=g9X76Tr5y8I" target="_blank">ici</a>)</p>
<p><strong>Dessin, texte : Gwendal</strong></p>
<p><strong>Pour aller plus loin :</strong></p>
<p><a href="http://www.geocities.ws/repulsion_band/agrindhistory.html" target="_blank">Un autre petit historique du grindcore</a> (en anglais)</p>
<p>Un livre incontournable (dont nous reparlerons dans notre prochain article consacré au death metal), <a href="http://www.amazon.com/Choosing-Death-Improbable-History-Grindcore/dp/193259504X" target="_blank"><em>Choosing Death : The Improbable History of Death Metal and Grindcore</em></a> de Albert Mudrian et préfacé par John Peel (encore lui !). A lire également, un <a href="http://www.villagevoice.com/2005-01-25/music/heavy-metal-s-graveyard-shift/" target="_blank">article</a> du journal The Village Voice consacré au livre.</p>
<p>Il existe sinon de nombreux webzines, la plupart consacrés aussi bien au grindcore qu&#8217;au death metal. En français, les sites généralistes sur le metal comme <a href="http://www.metalorgie.com/" target="_blank">Métalorgie</a> ou <a href="http://www.zonemetal.com/" target="_blank">Zone métal</a> (avec une partie liens très fournie) offrent de très bonnes bases pour découvrir le genre mais n&#8217;hésitez pas à vous rendre sur <a href="http://www.terrorizer.com/" target="_blank">Terrorizer</a>, <a href="http://www.grindgore.net/" target="_blank">Grindgore</a> ou <a href="http://grindingtheapparatus.net/" target="_blank">Grinding the Apparatus</a> pour affiner vos choix.</p>
<p>Quant à vos achats, en dehors de l&#8217;incontournable Earache, mentionnons le label français <a href="http://www.bonesbrigaderecords.com/" target="_blank">Bones Brigade</a> qui a édité de très bons groupes français comme <a href="http://www.myspace.com/insideconflict" target="_blank">Inside Conflict</a> ou <a href="http://www.myspace.com/sylvesterstaline" target="_blank">Sylvester Staline</a>, les Belges <a href="http://www.myspace.com/lengtche" target="_blank">Leng Tch&#8217;e</a> ou les Suisses de <a href="http://www.myspace.com/mumakil" target="_blank">Mumakil</a> (avec des anciens membres de Nostromo).</p>
<div class="simple-footnotes"><p class="notes">Notes:</p><ol><li id="note-454-1"><a href="http://www.youtube.com/watch?v=i-uXnen6484" target="_blank">Interview et live</a> de Discharge en 1983 par Toronto TV, le son n&#8217;est pas au top mais le deuxième morceau, <em>The Nightmare continues</em>, vaut le détour <a href="#return-note-454-1">&#8617;</a></li><li id="note-454-2">Un documentaire (en anglais) sur Crass est visible sur le site <a href="http://www.minimovies.org/documentaires/view/crass" target="_blank">Minimovies</a> <a href="#return-note-454-2">&#8617;</a></li><li id="note-454-3"> Et Mick Harris peut également se targuer d&#8217;<a href="http://centrifugue.fr/index.php/2010/08/le-petit-guide-du-dubstep/" target="_blank">être à l&#8217;origine de la dubstep</a> <a href="#return-note-454-3">&#8617;</a></li></ol></div>]]></content:encoded>
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